Vers une plus grande reconnaissance de cette fonction d’aide incontournable dans notre société
On dénombre près d’un million de proches aidants au Québec. Ils fournissent plus de 80% des soins dont ont besoin les personnes avec des problèmes de santé prolongés et leur travail équivaut à une économie de 5 milliards de dollars pour le système de soins de santé canadiens. (AQDR, 2011)
Lorsqu’on est proche aidant et qu’on dispense des soins à sa mère, ou : à son père, à son mari, sa conjointe, son enfant ou un tout autre proche. Il est probable que l’on se retrouve dans la difficulté de concilier les tâches de proches aidants et celles de notre poste de travail. Pour plusieurs proches aidants, ceux-ci doivent même renoncer à leur travail à temps plein pour se consacrer à temps complet à leur proche malade, ce qui engendre des conséquences importantes.
« Les proches aidants, qu’on nomme parfois aidants naturels, sont des non professionnels, non rémunérés, généralement des membres de la famille, filles, épouses, belles-filles qui soutiennent un proche en perte d’autonomie, avec des incapacités ou en fin de vie. »*
Un nouvel outil de sensibilisation à la conciliation travail et responsabilités de proche aidant, développé par le Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal (R.A.A.N.M.), un organisme qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des aidantes et des aidants, a été dévoilé publiquement cette semaine à la Maison du développement durable.
En quoi consiste cet outil d’information et de sensibilisation ?
Cet outil se compose d’un dépliant et d’une capsule vidéo témoignage. Sur la page couverture du dépliant, on y retrouve 10 repères qui permettent d’identifier une personne proche aidante et qui permettront à la fois aux proches aidants ainsi qu’à leurs employeurs de mieux comprendre leur réalité.
À l’intérieur du dépliant, on y retrouve : des mesures de communication proactives suggérées à la personne proche aidante afin de partager sa réalité avec son entourage personnel et professionnel; des faits concernant le marché du travail; des mesures d’aménagement du temps de travail (ex. : horaires flexibles) et les types de congés possibles. Quelques ressources sont également inclues à l’intérieur du document.
La capsule vidéo du R.A.A.N.M., disponible sur YouTube et sur Facebook, présente Lucie Chainey, présidente de l’organisme et proche aidante depuis plus de 20 ans auprès de son conjoint atteint de sclérose en plaques. Comme elle le souligne dans la vidéo, une personne proche aidante a besoin de beaucoup de support et de l’ouverture de la part de son employeur. Elle explique qu’elle a dû quitter son emploi face à la pression du travail, même si elle n’avait pas envie de laisser tomber son boulot. Selon Isabelle Létourneau, post-doctorante à la Chaire de gestion de la santé et de la sécurité du travail de l’Université Laval, les employeurs devraient penser au programme d’aide aux employés afin d’adapter certaines conditions d’emploi des proches aidants à leur besoin respectif.
Un projet issu de la consultation et de la concertation
En 2012, le Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal a organisé trois rencontres régionales de consultation auprès des proches aidants en emploi, des représentants syndicaux et des employeurs de l’île de Montréal, desquels a découlé un document synthèse. Quatre ans auparavant, un comité spécial pour contrer l’appauvrissement des proches aidants avait été mis sur pied. De plus, le R.A.A.N.M. a été mandaté en 2010 afin de travailler sur le maintien des proches aidants en emploi. Contraints bien souvent de diminuer leurs heures de travail, les personnes proches aidantes voient leur revenu significativement diminuer. Suivant la création de l’outil de sensibilisation « conciliation, travail et responsabilités de proche aidant » et de sa tournée d’information, la finalité du projet, prévue cette année, consistera en la mise sur pied d’une concertation conciliation travail et responsabilités de proche aidants.
Communiqué de presse de la conférence de presse du R.A.A.N.M.
*Direction des communications du Ministère de la Santé et des Services sociaux. Chez soi, le premier choix. La politique de soutien à domicile, Québec, 2003, p.6





