L’« intergénérationnel » est devenu un mot bien à la mode. Pourquoi donc ?
Collaboration spéciale
Auteure : Amanda Cousy, étudiante au Master Communication et Générations, parcours Seniors – Université de Bordeaux III
Parce qu’on reconnaît le besoin de s’ouvrir davantage aux générations qui nous ont précédés ou qui nous suivent. L’héritage de notre culture passe par les générations plus anciennes et l’avenir de celle-ci se tient entre les mains des générations nouvelles et à venir. Chaque génération apporte un point de vue différent à l’égard de la société. En plus, on découvre de plus en plus la richesse qu’apporte le « mélange » des générations, par exemple entre enfants et grands-parents, mais aussi entre adolescents et nouveaux retraités, ou bien entre jeunes adultes et aînés du troisième âge. L’intergénérationnel, c’est aussi apprendre à mieux se comprendre, à unir nos forces face aux enjeux qui nous touchent tous de près ou de loin et de mieux intégrer tous les âges à la communauté.
Le milieu de l’emploi n’échappe pas à l’intérêt porté à l’intergénérationnel. Les employés plus âgés et expérimentés sont appelés à transmettre leurs savoirs aux plus jeunes. Le transfert des compétences devient ainsi une force pour une organisation qui souhaite motiver ses employés et conserver l’expertise développée au fil du temps. Il importe donc de le valoriser !
Le « contrat de générations » des entreprises françaises
En France, plusieurs initiatives favorisant les liens intergénérationnels entre travailleurs apparaissent de plus en plus. Le nouveau Président de la République française, François Hollande, incite les entreprises à entreprendre cette voie en créant « le contrat de générations ». Le but est de favoriser l’emploi des jeunes et maintenir en poste les travailleurs seniors, une mesure qui aiderait à lutter contre le chômage de ces groupes de travailleurs. Ce « contrat de générations » consisterait à embaucher de manière permanente (CDI – contrat à durée indéterminée) un jeune de moins de 25 ans placé sous le tutorat d’un travailleur senior de plus de 55 ans. Cette mesure permettrait une plus grande stabilité afin que les plus anciens puissent rester en emploi et partir à la retraite dans de bonnes conditions. Pour les jeunes, cela leur donnerait la possibilité d’entrer sur le marché du travail avec un contrat à durée indéterminée, un statut d’emploi plutôt difficile à dénicher pour les jeunes Français. Dans le milieu de l’emploi, l’heure est donc à l’intergénérationnel. Mais on peut se demander comment les jeunes, premiers concernés, vivent cette tendance.
L’expérience intergénérationnelle dans le milieu du bénévolat
Pour cela, j’ai sondé Stéphanie, une Française qui travaille au Centre d’action bénévole de Montréal, en tant qu’agente de liaison aux Services alimentaires bénévoles, depuis un peu plus d’un an.
Son double regard comparatif sur la société française et la société canadienne nous permet de comprendre la place qu’occupe l’intergénérationnel dans le travail dans les deux pays. L’intergénérationnel est pour elle « une communion entre deux générations ». Elle a appris beaucoup sur les relations humaines. « Ce sont des personnes qui ont beaucoup à donner », ajoute-t-elle. Une des choses qu’elle préfère est le partage des connaissances. Selon elle, « c’est au niveau du bénévolat que l’intergénérationnel est le plus présent ». Les bénévoles lui apprennent beaucoup de part leurs connaissances, leurs savoir-faire et leur savoir-être également, quelque soit leur âge. Dans les relations de travail, que ce soit en France ou ici à Montréal, Stéphanie « n’a jamais ressenti de difficulté d’intégration dû à l’âge ». Pour elle, la différence se retrouve davantage sur le fait que les employeurs rencontrent ici des difficultés à recruter des personnes plus âgées.
À son arrivée au Centre d’action bénévole, une popote roulante l’a interpellé : le Santropol Roulant. Ce sont en majorité des jeunes qui servent les repas aux aînés. Parfois même, trois ou quatre générations se côtoient et travaillent ensemble… un exemple qui, on l’espère, inspirera d’autres organisations à emboîter le pas de l’intergénérationnel !




