Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Briser la glace sur la sexualité des aînés

Consacrer une journée de débats et de réflexions sur la sexualité des aînés est le pari que s’est donné le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS) le 26 avril dernier. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité des aînés », animée par la sexologue et auteure Jocelyne Robert, a constitué une première occasion de discuter ouvertement d’un sujet encore aujourd’hui considéré comme tabou, bien que la représentation de la sexualité n’ait jamais été aussi forte dans notre société.

Vieillissement et sexualité : heureux ménage ?

Les idées reçues lorsqu’on pense aux aînés comblant toujours leurs désirs et le besoin d’être désirable entraînent souvent un grand malaise. Nombreux d’entre nous rejettent l’idée que nos parents plus âgés puissent continuer à avoir des rapports sexuels ensemble ou même nos grands-parents, par exemple. Pourtant la sexualité fait partie inhérente des êtres humains et ne disparaît pas arrivé à un certain âge.

Dans sa présentation, Isabelle Wallach, chercheure affiliée au CREGÉS et professeur en sexologie à l’Université du Québec à Montréal met la table en réalisant un portrait sur la sexualité vécue par les aînés et les différents mythes et réalités entourant ce sujet. Il est vrai qu’avec le vieillissement, de nombreux changements physiques et défis surviennent. Toutefois, il serait faux de prétendre que la sexualité des personnes aînées est automatiquement non génitale ou que les aînés seraient nécessairement asexués, c’est-à-dire qu’ils ne ressentent pas d’attirance sexuelle pour les autres.

La conception de la sexualité serait-elle âgiste ?

Les images représentant la sexualité sont très souvent associées à la beauté et à la jeunesse.  De plus, la sexualité se rattache à sa propriété reproductive. Lorsque vient la ménopause chez les femmes, par exemple, les pratiques sexuelles devraient-elles diminuer ? Il s’agit bien sûr d’un choix individuel touchant aussi bien les hommes que les femmes.

Les différents conférenciers et autres participants du colloque ont souligné le fait que nous infantilisons encore trop les personnes aînées vivant encore à domicile, mais davantage encore en contexte institutionnel. Une personne devenue aînée est d’abord une personne adulte majeure et vaccinée et ses choix, besoins et désirs doivent être respectés.

Des stéréotypes persistants

Isabelle Wallach mentionne également que le risque que les personnes aînées puissent internaliser les stéréotypes associés à la sexualité chez les aînés, poussant ceux-ci à se refermer sur eux-mêmes et à ne plus vouloir en parler. Cependant, il faut noter que plus du quart (26%) des personnes âgées entre 75 et 85 ans ont une activité sexuelle.

Aujourd’hui, il faut également savoir que les personnes sont sexuellement actives plus longtemps, car les mœurs ont changé, on vit sa sexualité pas seulement au moment de fonder une famille. La sexualité et l’érotisme doivent s’inscrire dans la continuité de la vie, même si leur conception évolue dans le temps et selon l’envie de chacun. La liberté associée à la sexualité devrait être considéré comme un droit individuel et ce, durant tout l’âge adulte.

Tous à l’ouvrage !

Le CREGÉS a offert une vitrine à une grande variété d’intervenants reflétant la diversité sexuelle des personnes aînées : gais, lesbiennes, trans, l’intimité des proches aidants, le VIH, etc. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité… des aînés » avait pour objectifs de sensibiliser aux différentes réalités vécues par les aînés en matière de sexualité, d’ouvrir le dialogue entre les acteurs de divers milieux et de proposer des situations d’intervention et des moyens d’améliorer les pratiques.  Un mandat qui s’avère relevé avec succès ! Par contre, les milieux scientifique et de l’intervention-terrain devront continuer à s’allier afin de mieux faire connaître les réalités et multiples façons d’aborder la sexualité chez les aînés auprès des travailleurs et familles entourant les aînés. De nombreuses démarches et actions de sensibilisation restent à faire.

Le suicide chez les aînés, à ne pas délaisser

La Semaine nationale de prévention du suicide a débuté ce dimanche 3 février et se déroulera jusqu’au samedi 9 février prochain. Dans la campagne de sensibilisation de cette année, un volet est dédié aux aînés accompagné du slogan : « Vous êtes important pour nous ». Le suicide chez les aînés n’est pas un sujet couramment abordé, puisqu’il touche davantage des catégories d’âges inférieures. Cependant, bien que les femmes et hommes âgés représentent les groupes d’âge qui possèdent les taux les moins élevés de décès liés au suicide, un biais de sous-représentation du suicide des aînés persiste au Québec. D’ailleurs, les taux officiels de décès par suicide sont inférieurs aux véritables taux chez les aînés contrairement à d’autres groupes d’âge. Ceci s’explique par exemple par le fait que lorsque qu’une personne aînée décède dans son lit, il y a moins d’enquête pour connaître les causes du décès (Mishara, 1997).

Il est d’autant plus important d’être sensible au suicide des aînés, car les tentatives de suicide mineures peuvent aboutir directement à la mort pour une personne âgée, alors que le même genre de tentative ne représente pas un danger de mort pour une personne plus jeune et plus forte physiquement. D’après le Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM, les personnes aînées les plus à risque de suicide sont les personnes aînées seules et veuves.

Plusieurs causes peuvent déclencher des idées suicidaires dont la dépression, mais il faut savoir que la maladie physique constitue rarement un facteur important, tout dépendant de la maladie bien sûr.

La TCAÎM et ses membres souhaitent souligner cette semaine de sensibilisation en invitant tout personne ou intervenant côtoyant une personne aînée d’être à l’affût de signes qui peuvent représenter un risque suicidaire. Si une personne parle ouvertement de sa volonté de s’enlever la vie, il est important de contacter un Centre de prévention du suicide au 1-866-APPELLE.

Voici une vidéo réalisée par l’Association québécoise de prévention du suicide en 2011. Le but consistait à donner la parole et susciter la mobilisation pour la prévention du suicide des aînés dans chacune des régions administratives du Québec.

Que pensent les Québécois du suicide des aînés?

Noël d’antan vs Noël contemporain: notre culture engendre-t-elle de la solitude chez les aînés ?

Les célébrations des Fêtes sont souvent synonymes d’abondance, de bons repas, de soirées festives en famille et entre amis, bref, de grands moments rassembleurs. Cette vision dorée et lisse de Noël n’est pas nécessairement partagée par tous. Pour plusieurs aînés, les Fêtes deviennent plutôt une période difficile où la solitude prend le dessus en raison de l’éloignement du noyau familial, de la perte d’êtres chers ou d’amis ou l’isolement de certains en maisons de retraite. Au cours de leur vie, de nombreux aînés ont fêté Noël en famille, autour d’un repas, sans oublier la traditionnelle messe de minuit. Il est parfois bien de se rappeler que l’aspect religieux des Fêtes demeure  important pour certaines personnes aînées.

Un reportage de Radio-Canada présentait en 2011 Mme Monique Labbé, une aînée résidante de la ville d’Edmonton, ayant perdu son mari il y a quelques années, qui conseillait aux aînés de faire un effort pour s’ouvrir aux autres et ce, malgré le fait que ce soit une tâche parfois pénible. Établir des relations avec des gens lorsqu’on est aîné est primordial, pas seulement pendant les Fêtes, mais tout au long de l’année. Le manque de connexions personnelles de plusieurs aînés à l’âge avancé et la dépression associée qu’ils peuvent vivre, représente toujours un sujet tabou dans notre société. Chaque année, certaines de ces personnes décident même de se priver volontairement de nourriture ou de sommeil, symptômes d’une détresse psychologique. Tenant en compte cette réalité, nous devrions davantage faire preuve de vigilance et d’empathie envers les aînés en ce temps de réjouissance.

À ce sujet, l’organisme Les petits frères organise, comme à chaque année, le 24 décembre, des visites bénévoles  accompagnées de cadeaux à ses Vieux Amis qui ne peuvent pas sortir de chez eux. Le lendemain, un événement spécial pour les aînés est également prévu à l’hôtel Sheraton. Dans un tout autre concept, le Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux (RPCU) a initié, cette année, une campagne Facebook intitulée Visitons nos aînés, adressée aux Québécois et Québécoises afin  de les encourager à rendre visite à leur proches aînés vivant en hébergement ou à leur domicile.

Les Noël ne sont peut-être plus comme autrefois, mais il importe de se rappeler nos valeurs de solidarité et de respect, et de redonner vie à nos souvenirs de jeunesse ainsi qu’aux personnes qui ont cultivé nos traditions, reflets de ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous vous souhaitons de tout cœur un excellent temps des Fêtes !

Dîner de Noël du conseil d’administration

 

S’engager pour sa santé

Source : agence de la santé publique du Canada

Cette année, le centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), axé sur le partage du savoir lié au vieillissement et à la santé des personnes âgées, célèbre son 30e anniversaire.  En 1982, trois docteurs soient, Dr. Pierre Bois, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, Dr. Yves Jetté, directeur  général de l’IUGM et Dr. André-Roch, chercheur spécialisé dans l’étude du cerveau, unissent leur volonté de créer un centre de recherche voué au domaine du vieillissement.

Pour ses 30 ans de recherche sur la mobilité et la participation sociale des aînés, une conférence de la chercheuse et ergothérapeute, Mme Johanne Filiatrault, a été présentée devant plusieurs dizaines d’aînés pour mieux comprendre comment nous pouvons rester actif au 3e âge. Plusieurs études démontrent en effet qu’il existe une corrélation positive entre le fait de participer socialement et notre santé en vieillissant.

Mais que signifie donc « participer socialement » ?

Quel que soit l’âge, le concept de participation sociale est relativement flou. Pour les aînés, Johanne Filitrault identifie 4 dimensions :

  • la participation associée aux activités de la vie quotidienne ou les rôles que la personne doit assumer (ex. : se déplacer, se nourrir, jardiner, s’occuper de ses petits-enfants, etc.);
  • la participation qui renvoie au maintien des interactions sociales;
  • la participation qui a trait à l’intégration de la personne à des réseaux sociaux;
  • la participation liée à une cause ou une organisation. En somme, Johanne Filiatrault résume en indiquant que la majorité des visions de la participation sociale des aînés concernent l’implication sociale et les interactions.

Un apport considérable pour le bien-être des aînés

Que ce soit par la pratique d’une activité récréative au sein d’un groupe, l’implication dans une communauté, l’aide informelle apportée à un proche ou ami ou le bénévolat, les formes de participation sociale des aînés sont très variées. Les bienfaits de cette participation sont d’abord individuels : la participation permet de contrer l’isolement de personnes âgées, d’accroître le sentiment d’être utile et d’accomplissement personnel et elle permet aussi de mieux traverser les transitions de la vie (deuil, passage du domicile à une résidence pour aînés, etc.).

Les résultats de recherches de Johanne Filiatrault démontrent que les aînés impliqués bénévolement ou socialement avaient une perception davantage positive de leur état de santé et souffraient moins de dépression. Le taux de déclin cognitif est significativement réduit pour les personnes qui maintiennent une activité intellectuelle régulière.

Les craintes liées aux déplacements quotidiens affectent la participation des aînés

Toutefois, la participation sociale de plusieurs personnes aînées peut être entravée par des obstacles personnels tels que la maladie, des problèmes de santé ou de mobilité (marcher, se mouvoir) ou par le déclin vécu par la personne lié au vieillissement. C’est pourquoi des programmes tels que PIED et Vivre en équilibre permettent aux aînés de prévenir les risques de chutes et leur redonner confiance en leurs capacités afin de participer pleinement à une activité de leur choix.

Les opportunités de participation sociale sont multiples, mais il est important de choisir bien sûr en fonction de nos intérêts personnels… le bénévolat peut être une façon classique de participer socialement, mais l’activité physique en est une autre, le mentorat, l’initiation à la lecture chez les plus jeunes, les loisirs offerts par la municipalité, contribuer à un projet de recherche, partager une passion, sont autant d’occasions pour rester actif dans la mesure de nos capacités et ainsi, maintenir une bonne santé le plus longtemps possible !

Et vous, que faites-vous pour garder la forme (qu’elle soit physique, psychologique ou cognitive) ?

Vieillir en santé, une préoccupation mondiale

Source : OMS

Le 7 avril prochain, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) célèbrera la journée mondiale de la santé ayant pour thème, « Vieillissement et santé – une bonne santé pour mieux vieillir ». La Journée mondiale de la Santé est soulignée chaque année, à la date anniversaire de la création de l’Organisation mondiale de la Santé, le 7 avril 1948.

Maintenir une bonne forme physique tout au long de sa vie est certainement un facteur qui favorise une meilleure santé en vieillissant. Une bonne santé permet nous épanouir et de réaliser pleinement les projets et activités dont on a envie. Être en santé, c’est aussi pouvoir se sentir actif dans sa communauté. Depuis quelques temps déjà, l’attention est portée sur la santé des populations plus âgées à travers le monde, car les enjeux liés au vieillissement se retrouvent au cœur des débats de nos sociétés. D’ici 2050, 2 milliards d’habitants, soit près d’une personne sur quatre aura atteint l’âge de 60 ans. D’ailleurs, l’accroissement du nombre de personnes âgées s’observe non seulement dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement.

Source : OMS

« Pour vivre longtemps en bonne santé, il faut prendre soin de sa santé dès aujourd’hui. »

Plusieurs défis s’imposent, notamment à l’égard des systèmes de sécurité sociale, la hausse des besoins en soins de santé, l’augmentation de l’âgisme dans les discours publics, etc. L’OMS souhaite prendre des mesures concrètes pour répondre à ces défis en s’assurant que la population âgée bénéficie d’un niveau de sécurité financière de base, en développant des environnements amis des aînés (MADA), en rendant les soins de santé disponibles et accessibles et en encourageant des comportements sociaux visant un mieux-être des adultes âgés.

De plus, les technologies de l’information telles que le web ont démontré qu’elles facilitent la communication entre les personnes âgées et leurs enfants et petits-enfants autant en Amérique du Nord, qu’en Chine et en Inde. Certaines autres technologies et innovations destinées aux professionnels de la santé ou aux aînés permettent de faire de la surveillance médicale, du sommeil, aident à prévenir les chutes ou à combler un besoin en cas d’incapacité. Pensons aussi aux récents développements de la téléphonie mobile adaptée aux personnes âgées. Bref, il faut le rappeler, la techno a ses bienfaits sur l’amélioration des conditions de vie (santé et bien-être) et l’indépendance des aînés !

Source : Site de l’OMS – Page officielle – Journée mondiale de la santé

Galerie de photos Actifs à tout âge

Vidéo OMS : Vieillissement et santé — une bonne santé pour mieux vieillir