Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Briser la glace sur la sexualité des aînés

Consacrer une journée de débats et de réflexions sur la sexualité des aînés est le pari que s’est donné le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS) le 26 avril dernier. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité des aînés », animée par la sexologue et auteure Jocelyne Robert, a constitué une première occasion de discuter ouvertement d’un sujet encore aujourd’hui considéré comme tabou, bien que la représentation de la sexualité n’ait jamais été aussi forte dans notre société.

Vieillissement et sexualité : heureux ménage ?

Les idées reçues lorsqu’on pense aux aînés comblant toujours leurs désirs et le besoin d’être désirable entraînent souvent un grand malaise. Nombreux d’entre nous rejettent l’idée que nos parents plus âgés puissent continuer à avoir des rapports sexuels ensemble ou même nos grands-parents, par exemple. Pourtant la sexualité fait partie inhérente des êtres humains et ne disparaît pas arrivé à un certain âge.

Dans sa présentation, Isabelle Wallach, chercheure affiliée au CREGÉS et professeur en sexologie à l’Université du Québec à Montréal met la table en réalisant un portrait sur la sexualité vécue par les aînés et les différents mythes et réalités entourant ce sujet. Il est vrai qu’avec le vieillissement, de nombreux changements physiques et défis surviennent. Toutefois, il serait faux de prétendre que la sexualité des personnes aînées est automatiquement non génitale ou que les aînés seraient nécessairement asexués, c’est-à-dire qu’ils ne ressentent pas d’attirance sexuelle pour les autres.

La conception de la sexualité serait-elle âgiste ?

Les images représentant la sexualité sont très souvent associées à la beauté et à la jeunesse.  De plus, la sexualité se rattache à sa propriété reproductive. Lorsque vient la ménopause chez les femmes, par exemple, les pratiques sexuelles devraient-elles diminuer ? Il s’agit bien sûr d’un choix individuel touchant aussi bien les hommes que les femmes.

Les différents conférenciers et autres participants du colloque ont souligné le fait que nous infantilisons encore trop les personnes aînées vivant encore à domicile, mais davantage encore en contexte institutionnel. Une personne devenue aînée est d’abord une personne adulte majeure et vaccinée et ses choix, besoins et désirs doivent être respectés.

Des stéréotypes persistants

Isabelle Wallach mentionne également que le risque que les personnes aînées puissent internaliser les stéréotypes associés à la sexualité chez les aînés, poussant ceux-ci à se refermer sur eux-mêmes et à ne plus vouloir en parler. Cependant, il faut noter que plus du quart (26%) des personnes âgées entre 75 et 85 ans ont une activité sexuelle.

Aujourd’hui, il faut également savoir que les personnes sont sexuellement actives plus longtemps, car les mœurs ont changé, on vit sa sexualité pas seulement au moment de fonder une famille. La sexualité et l’érotisme doivent s’inscrire dans la continuité de la vie, même si leur conception évolue dans le temps et selon l’envie de chacun. La liberté associée à la sexualité devrait être considéré comme un droit individuel et ce, durant tout l’âge adulte.

Tous à l’ouvrage !

Le CREGÉS a offert une vitrine à une grande variété d’intervenants reflétant la diversité sexuelle des personnes aînées : gais, lesbiennes, trans, l’intimité des proches aidants, le VIH, etc. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité… des aînés » avait pour objectifs de sensibiliser aux différentes réalités vécues par les aînés en matière de sexualité, d’ouvrir le dialogue entre les acteurs de divers milieux et de proposer des situations d’intervention et des moyens d’améliorer les pratiques.  Un mandat qui s’avère relevé avec succès ! Par contre, les milieux scientifique et de l’intervention-terrain devront continuer à s’allier afin de mieux faire connaître les réalités et multiples façons d’aborder la sexualité chez les aînés auprès des travailleurs et familles entourant les aînés. De nombreuses démarches et actions de sensibilisation restent à faire.

Le transfert des connaissances : rapprocher ce que nous savons et ce que nous faisons

Vous êtes peut-être déjà amateurs d’actualités à caractère scientifique, curieux de certaines découvertes de la science, ou du moins exposés à des formes de communication scientifique. On n’a qu’à penser à Yanick Villedieu, animateur de l’émission Les Années lumière sur les ondes de Radio-Canada, l’émission Découverte, le magazine Québec Science ou des personnalités scientifiques comme Fernand Séguin et Hubert Reeves. Ces médias ou personnalités ont tous pour intérêt de rendre la science accessible au plus grand nombre. À une époque où tout va très vite et où les progrès technologiques et scientifiques se multiplient, le besoin de rapprocher les scientifiques des différents acteurs de la société, y compris chaque individu, devient incontournable.

Qu’est-ce que le transfert des connaissances ?

 « Le transfert de connaissances, aussi appelé partage, échange, mobilisation ou valorisation des connaissances, est le processus par lequel un chercheur adapte et transmet le savoir découlant de ses recherches afin d’en faire bénéficier un ou des public(s) particulier(s) »*.
(*source : Université de Montréal)

Pour clore les activités marquant son 30e anniversaire d’existence, le Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie (CRIUGM) a tenu, le 22 mars dernier, un colloque consacré au thème du transfert des connaissances. Intitulé « Le transfert des connaissances : les réponses de la recherche aux défis d’une société vieillissante », le colloque a réuni une palette d’invités variée et de grande qualité, composée de chercheurs, de professeurs et d’experts, afin de démontrer l’importance de la mobilisation et du partage des savoirs scientifiques, non seulement auprès des spécialistes et des professionnels de la santé, mais surtout auprès des médias, des politiciens et de la population, soit Monsieur ou Madame Tout-le-monde qui a besoin d’être informé sur les avancées de la science et de ses impacts sur leur santé.

Comme l’a souligné Katherine McGilton, chercheuse et scientifique senior au Toronto Rehabilitation Institute, au tout début de sa présentation portant sur un modèle d’intervention basé sur de meilleures interactions entre le soignant et le patient, le transfert des connaissances est un   « sport de contact ». Il s’agit avant tout d’un travail d’équipe.

Un transfert à deux voies : la solution gagnante vers l’appropriation des connaissances

Comme beaucoup de conférenciers  l’ont affirmé tout au long du colloque, on ne peut plus, en tant que chercheur, travailler seul dans le milieu scientifique. Aujourd’hui, il faut savoir s’entourer, créer un réseau solide et surtout, sortir des murs des institutions afin de mieux faire connaître son travail. De plus, la transmission de connaissances ne se fait plus dans un seul sens comme avant… La diffusion et la transmission des connaissances se font vers le public ou le destinataire, mais celui-ci doit aussi répondre à cette transmission et valider ou non sa compréhension des nouvelles connaissances reçues.

Intéresser la politique

Dans sa présentation, Francine Ducharme, titulaire de la Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgées et à la famille, a mis l’accent sur le défi des scientifiques de s’intéresser davantage à la sphère politique et de réussir à susciter, à leur tour, l’intérêt des acteurs de la politique. Les liens que les chercheurs développent avec les décideurs peuvent s’avérer cruciaux pour informer ou influencer certaines politiques ou changer certaines pratiques ou décisions au sein des institutions et des organisations.  Elle conseille aux chercheurs de rédiger des résumés brefs, vulgarisés, accompagnés de recommandations et d’analyses coûts-bénéfices.

Humaniser la science et le/la chercheur/se

Que ce soit pour attirer l’attention des médias, des décideurs ou du grand public, il est presqu’essentiel de créer des rapprochements entre les résultats d’une recherche et ses impacts concrets sur la vie courante ou sur l’humain en général. Déjà, plusieurs chercheurs ont compris que raconter des histoires, l’expérience humaine de la recherche et de participants à celle-ci, intéresse davantage les médias et la population que les concepts abstraits qu’elle sous-tend. L’ensemble des conférenciers du colloque, chercheurs ou experts passionnés par leur domaine et motivés par le désir de transmettre leurs recherches, ont tous rappeler l’importance de casser ce mythe entourant la « froideur » et l’« inaccessibilité » des chercheurs, deux mots encore souvent associés au domaine de la science.

Pourquoi devrait-on communiquer ses travaux de recherche ?

Dans leur présentation, Frédérique Laurier, adjointe à la direction générale, communications et affaires publiques à l’IUGM et William Raillant-Clark, attaché de presse international à l’Université de Montréal, ont nommé plusieurs raisons qui peuvent motiver les scientifiques à partager leurs savoirs, notons entre autres :

- Rendre compte aux citoyens des travaux qu’eux-mêmes financent (avec leurs impôts);
- Démystifier des problématiques liées à la santé;
- Améliorer l’enseignement de certaines disciplines;
- Rechercher de nouveaux partenaires;
- Attirer de nouvelles sources de financement ou de la philanthropie;
- Accroître leur crédibilité de chercheur, etc.

Lors d’une table ronde animée par Manon Lacourse, la députée fédérale du Nouveau Parti Démocratique, Lauren Liu, a indiqué que la capacité d’innovation du Canada repose sur le partage d’expériences et qu’il est important pour le pays de valoriser la contribution des chercheurs à l’avancement de la société. Le journaliste Harold Gagné a quant à lui suggéré aux scientifiques et aux experts de s’inspirer des reportages dans les médias afin de construire leurs nouvelles et travaux d’une manière à intéresser les médias et de tenter leur coup, malgré les craintes de ne pas capter l’attention instantanément ou de répondre aux questions spontanées des journalistes. Il est tout de même important de se sentir à l’aise avec cette démarche médiatique et d’identifier le moment opportun. Les relations avec la presse représentent aussi un travail délicat avec lequel de nombreux chercheurs ne sont pas nécessairement familiarisés.

D’abord, s’adapter à son interlocuteur

Le transfert des connaissances est une action complexe, qui comprend parfois différents publics qui ne perçoivent pas la recherche ou la science de la même manière. Ce qu’il faut se rappeler, c’est qu’il est essentiel d’adapter notre façon de communiquer  à la personne ou au groupe d’individus à laquelle ou auquel on s’adresse afin qu’elle ou qu’il comprenne l’utilité et l’impact d’une recherche ou d’une discipline scientifique sur la santé globale des populations, le fonctionnement-même de la société et sur ses propres activités quotidiennes.

Le suicide chez les aînés, à ne pas délaisser

La Semaine nationale de prévention du suicide a débuté ce dimanche 3 février et se déroulera jusqu’au samedi 9 février prochain. Dans la campagne de sensibilisation de cette année, un volet est dédié aux aînés accompagné du slogan : « Vous êtes important pour nous ». Le suicide chez les aînés n’est pas un sujet couramment abordé, puisqu’il touche davantage des catégories d’âges inférieures. Cependant, bien que les femmes et hommes âgés représentent les groupes d’âge qui possèdent les taux les moins élevés de décès liés au suicide, un biais de sous-représentation du suicide des aînés persiste au Québec. D’ailleurs, les taux officiels de décès par suicide sont inférieurs aux véritables taux chez les aînés contrairement à d’autres groupes d’âge. Ceci s’explique par exemple par le fait que lorsque qu’une personne aînée décède dans son lit, il y a moins d’enquête pour connaître les causes du décès (Mishara, 1997).

Il est d’autant plus important d’être sensible au suicide des aînés, car les tentatives de suicide mineures peuvent aboutir directement à la mort pour une personne âgée, alors que le même genre de tentative ne représente pas un danger de mort pour une personne plus jeune et plus forte physiquement. D’après le Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM, les personnes aînées les plus à risque de suicide sont les personnes aînées seules et veuves.

Plusieurs causes peuvent déclencher des idées suicidaires dont la dépression, mais il faut savoir que la maladie physique constitue rarement un facteur important, tout dépendant de la maladie bien sûr.

La TCAÎM et ses membres souhaitent souligner cette semaine de sensibilisation en invitant tout personne ou intervenant côtoyant une personne aînée d’être à l’affût de signes qui peuvent représenter un risque suicidaire. Si une personne parle ouvertement de sa volonté de s’enlever la vie, il est important de contacter un Centre de prévention du suicide au 1-866-APPELLE.

Voici une vidéo réalisée par l’Association québécoise de prévention du suicide en 2011. Le but consistait à donner la parole et susciter la mobilisation pour la prévention du suicide des aînés dans chacune des régions administratives du Québec.

Que pensent les Québécois du suicide des aînés?

Noël d’antan vs Noël contemporain: notre culture engendre-t-elle de la solitude chez les aînés ?

Les célébrations des Fêtes sont souvent synonymes d’abondance, de bons repas, de soirées festives en famille et entre amis, bref, de grands moments rassembleurs. Cette vision dorée et lisse de Noël n’est pas nécessairement partagée par tous. Pour plusieurs aînés, les Fêtes deviennent plutôt une période difficile où la solitude prend le dessus en raison de l’éloignement du noyau familial, de la perte d’êtres chers ou d’amis ou l’isolement de certains en maisons de retraite. Au cours de leur vie, de nombreux aînés ont fêté Noël en famille, autour d’un repas, sans oublier la traditionnelle messe de minuit. Il est parfois bien de se rappeler que l’aspect religieux des Fêtes demeure  important pour certaines personnes aînées.

Un reportage de Radio-Canada présentait en 2011 Mme Monique Labbé, une aînée résidante de la ville d’Edmonton, ayant perdu son mari il y a quelques années, qui conseillait aux aînés de faire un effort pour s’ouvrir aux autres et ce, malgré le fait que ce soit une tâche parfois pénible. Établir des relations avec des gens lorsqu’on est aîné est primordial, pas seulement pendant les Fêtes, mais tout au long de l’année. Le manque de connexions personnelles de plusieurs aînés à l’âge avancé et la dépression associée qu’ils peuvent vivre, représente toujours un sujet tabou dans notre société. Chaque année, certaines de ces personnes décident même de se priver volontairement de nourriture ou de sommeil, symptômes d’une détresse psychologique. Tenant en compte cette réalité, nous devrions davantage faire preuve de vigilance et d’empathie envers les aînés en ce temps de réjouissance.

À ce sujet, l’organisme Les petits frères organise, comme à chaque année, le 24 décembre, des visites bénévoles  accompagnées de cadeaux à ses Vieux Amis qui ne peuvent pas sortir de chez eux. Le lendemain, un événement spécial pour les aînés est également prévu à l’hôtel Sheraton. Dans un tout autre concept, le Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux (RPCU) a initié, cette année, une campagne Facebook intitulée Visitons nos aînés, adressée aux Québécois et Québécoises afin  de les encourager à rendre visite à leur proches aînés vivant en hébergement ou à leur domicile.

Les Noël ne sont peut-être plus comme autrefois, mais il importe de se rappeler nos valeurs de solidarité et de respect, et de redonner vie à nos souvenirs de jeunesse ainsi qu’aux personnes qui ont cultivé nos traditions, reflets de ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous vous souhaitons de tout cœur un excellent temps des Fêtes !

Dîner de Noël du conseil d’administration

 

S’engager pour sa santé

Source : agence de la santé publique du Canada

Cette année, le centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), axé sur le partage du savoir lié au vieillissement et à la santé des personnes âgées, célèbre son 30e anniversaire.  En 1982, trois docteurs soient, Dr. Pierre Bois, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, Dr. Yves Jetté, directeur  général de l’IUGM et Dr. André-Roch, chercheur spécialisé dans l’étude du cerveau, unissent leur volonté de créer un centre de recherche voué au domaine du vieillissement.

Pour ses 30 ans de recherche sur la mobilité et la participation sociale des aînés, une conférence de la chercheuse et ergothérapeute, Mme Johanne Filiatrault, a été présentée devant plusieurs dizaines d’aînés pour mieux comprendre comment nous pouvons rester actif au 3e âge. Plusieurs études démontrent en effet qu’il existe une corrélation positive entre le fait de participer socialement et notre santé en vieillissant.

Mais que signifie donc « participer socialement » ?

Quel que soit l’âge, le concept de participation sociale est relativement flou. Pour les aînés, Johanne Filitrault identifie 4 dimensions :

  • la participation associée aux activités de la vie quotidienne ou les rôles que la personne doit assumer (ex. : se déplacer, se nourrir, jardiner, s’occuper de ses petits-enfants, etc.);
  • la participation qui renvoie au maintien des interactions sociales;
  • la participation qui a trait à l’intégration de la personne à des réseaux sociaux;
  • la participation liée à une cause ou une organisation. En somme, Johanne Filiatrault résume en indiquant que la majorité des visions de la participation sociale des aînés concernent l’implication sociale et les interactions.

Un apport considérable pour le bien-être des aînés

Que ce soit par la pratique d’une activité récréative au sein d’un groupe, l’implication dans une communauté, l’aide informelle apportée à un proche ou ami ou le bénévolat, les formes de participation sociale des aînés sont très variées. Les bienfaits de cette participation sont d’abord individuels : la participation permet de contrer l’isolement de personnes âgées, d’accroître le sentiment d’être utile et d’accomplissement personnel et elle permet aussi de mieux traverser les transitions de la vie (deuil, passage du domicile à une résidence pour aînés, etc.).

Les résultats de recherches de Johanne Filiatrault démontrent que les aînés impliqués bénévolement ou socialement avaient une perception davantage positive de leur état de santé et souffraient moins de dépression. Le taux de déclin cognitif est significativement réduit pour les personnes qui maintiennent une activité intellectuelle régulière.

Les craintes liées aux déplacements quotidiens affectent la participation des aînés

Toutefois, la participation sociale de plusieurs personnes aînées peut être entravée par des obstacles personnels tels que la maladie, des problèmes de santé ou de mobilité (marcher, se mouvoir) ou par le déclin vécu par la personne lié au vieillissement. C’est pourquoi des programmes tels que PIED et Vivre en équilibre permettent aux aînés de prévenir les risques de chutes et leur redonner confiance en leurs capacités afin de participer pleinement à une activité de leur choix.

Les opportunités de participation sociale sont multiples, mais il est important de choisir bien sûr en fonction de nos intérêts personnels… le bénévolat peut être une façon classique de participer socialement, mais l’activité physique en est une autre, le mentorat, l’initiation à la lecture chez les plus jeunes, les loisirs offerts par la municipalité, contribuer à un projet de recherche, partager une passion, sont autant d’occasions pour rester actif dans la mesure de nos capacités et ainsi, maintenir une bonne santé le plus longtemps possible !

Et vous, que faites-vous pour garder la forme (qu’elle soit physique, psychologique ou cognitive) ?

Vieillir en santé, une préoccupation mondiale

Source : OMS

Le 7 avril prochain, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) célèbrera la journée mondiale de la santé ayant pour thème, « Vieillissement et santé – une bonne santé pour mieux vieillir ». La Journée mondiale de la Santé est soulignée chaque année, à la date anniversaire de la création de l’Organisation mondiale de la Santé, le 7 avril 1948.

Maintenir une bonne forme physique tout au long de sa vie est certainement un facteur qui favorise une meilleure santé en vieillissant. Une bonne santé permet nous épanouir et de réaliser pleinement les projets et activités dont on a envie. Être en santé, c’est aussi pouvoir se sentir actif dans sa communauté. Depuis quelques temps déjà, l’attention est portée sur la santé des populations plus âgées à travers le monde, car les enjeux liés au vieillissement se retrouvent au cœur des débats de nos sociétés. D’ici 2050, 2 milliards d’habitants, soit près d’une personne sur quatre aura atteint l’âge de 60 ans. D’ailleurs, l’accroissement du nombre de personnes âgées s’observe non seulement dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement.

Source : OMS

« Pour vivre longtemps en bonne santé, il faut prendre soin de sa santé dès aujourd’hui. »

Plusieurs défis s’imposent, notamment à l’égard des systèmes de sécurité sociale, la hausse des besoins en soins de santé, l’augmentation de l’âgisme dans les discours publics, etc. L’OMS souhaite prendre des mesures concrètes pour répondre à ces défis en s’assurant que la population âgée bénéficie d’un niveau de sécurité financière de base, en développant des environnements amis des aînés (MADA), en rendant les soins de santé disponibles et accessibles et en encourageant des comportements sociaux visant un mieux-être des adultes âgés.

De plus, les technologies de l’information telles que le web ont démontré qu’elles facilitent la communication entre les personnes âgées et leurs enfants et petits-enfants autant en Amérique du Nord, qu’en Chine et en Inde. Certaines autres technologies et innovations destinées aux professionnels de la santé ou aux aînés permettent de faire de la surveillance médicale, du sommeil, aident à prévenir les chutes ou à combler un besoin en cas d’incapacité. Pensons aussi aux récents développements de la téléphonie mobile adaptée aux personnes âgées. Bref, il faut le rappeler, la techno a ses bienfaits sur l’amélioration des conditions de vie (santé et bien-être) et l’indépendance des aînés !

Source : Site de l’OMS – Page officielle – Journée mondiale de la santé

Galerie de photos Actifs à tout âge

Vidéo OMS : Vieillissement et santé — une bonne santé pour mieux vieillir

Les aînés rapportent gros

Une étude s’intéresse à la valeur du travail des aînés

Une récente étude suédoise intitulée Measuring the value of older people’s production : a diary study tente de mesurer la « production » réalisée par les aînés. Il s’agit d’une recherche pour le moins intéressante, lorsque très souvent, on ne fait que parler des coûts engendrés par les aînés et le vieillissement de la population en soins de santé ou autres.  Elle va aussi à l’encontre d’un mythe voulant que les personnes « produiraient » jusqu’à 65 ans et que passées l’âge de la retraite, elles ne feraient que consommer.

L’étude-pilote constitue un début d’analyse, elle n’arrive donc pas à nous donner des résultats chiffrés. Elle réussit toutefois à identifier plusieurs activités produites par les aînés.

En voici :

  • Services à domicile chez les autres : soins aux enfants ou jardinage;
  • Activités familiales;
  • Réparation et entretien d’une maison;
  • Participation aux activités organisées par des associations à but non lucratif;
  • Participation à des comités dans le secteur communautaire ou autres;
  • Visites auprès de personnes seules ou soins infirmiers à domicile, etc.

À cela, il faut ajouter les personnes aînées qui occupent toujours un emploi ou sont propriétaires de leur propre compagnie. Pour ceux et celles qui côtoient des aînés ou qui en sont eux-mêmes, vous savez que ces données reflètent bien la réalité, car un grand nombre d’aînés ont un horaire bien chargé!

Les aînés contribuent pour 3,1 milliards $ par année et même plus!

Des études antérieures ont tenté de mesurer la contribution des aînés, notamment en calculant le nombre d’heures bénévoles réalisées par des aînés. Les personnes âgées de plus de 65 ans, sont celles qui consacrent le plus grand nombre d’heures au bénévolat. En moyenne, un aîné bénévole réalisera 218 heures de bénévolat au cours d’une année, soit près du double de l’engagement des 15 à 24 ans. D’après le mémoire du Conseil des Aînés présenté lors de la consultation sur les conditions de vie des aînés (2007), le travail bénévole des sexagénaires (60-69 ans) et septuagénaires (70-79 ans) représente 3,1 milliards de dollars par année. Ce n’est pas rien! Parmi les activités pratiquées, mentionnons le mentorat ou le tutorat qui permettent à certains aînés de mettre à profit leur expérience auprès des plus jeunes, contribuant ainsi au développement de la société d’aujourd’hui et de demain.

Sur le plan financier, a-t-on oublié que les personnes de 65 ans et plus demeurent de précieux contribuables à l’économie en payant toujours des impôts au fédéral comme au provincial? Les aînés contribuent également de façon importante à l’impôt foncier comme à Montréal, où 44 % des personnes âgées de 65 ans et plus, soit 108 277 personnes, sont propriétaires de leur logement (source : Portrait sommaire des personnes âgées de Montréal, Statistique Canada, 2006). Il faut aussi se rappeler que les aînés ont contribué tout au long de leur vie à l’assurance-emploi et au Régime des rentes du Québec… permettant d’accumuler un capital collectif conséquent.

Les personnes aînées participent aussi à l’économie par leur consommation de biens et de services. Les deux tiers de leur budget total sont consacrés à combler des besoins essentiels tels que le logement, l’alimentation, le transport et les impôts. À cela s’ajoute, les dépenses associées aux loisirs et autres. Toutefois, « au même titre que leurs revenus, leur consommation demeure globalement inférieure à celle de l’ensemble de la population » (Rapport La réalité des aînés québécois du Conseil des Aînés, 3e édition, 2007). Ce n’est pas étonnant quand on connaît la situation de pauvreté de plusieurs aînés montréalais dont nous faisons état dans le billet précédent « L’âge d’or ne roule pas sur l’or ».


Que signifie
« être actif »?

Nous espérons vous avoir convaincus que les aînés rapportent à l’ensemble dela société. Parailleurs, ce constat mérite qu’on se pose une dernière question. Devrait-on réellement mesurer économiquement la valeur des activités réalisées par les aînés, dont le bénévolat? Le bénévolat est un don de générosité ou un engagement personnel. Plutôt que de mesurer combien cela rapporte, ne devrait-on pas plutôt trouver une façon d’évaluer et mesurer les impacts sociaux des différentes contributions des aînés?

À force de vouloir donner une valeur monétaire à toute activité, on suppose qu’un individu est actif dans la société lorsqu’il génère des revenus. Pourtant, être actif ne se résume pas seulement par cette conception, on est actif par ce que l’on accomplit réellement chaque jour, que ce soit au travail, à la maison, au sein d’un organisme ou ailleurs! Bref, c’est à tout âge qu’on est actif, même lorsque l’on n’occupe pas un travail, que l’on soit enfant, étudiant, mère au foyer, retraité, etc.

Et vous, quelle est votre définition de la vie active? On attend vos commentaires, au bas de cet article!

Une nouvelle découverte scientifique bouleverse les fausses croyances sur les aînés

Une étude récente menée au centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) par le Dr. Oury Monchi et son étudiant Dr. Ruben Martins vient de démontrer que le niveau de performance du cerveau des personnes aînées est équivalent à celui des jeunes. Il réagit toutefois différemment. Contrairement à certaines croyances, la perte des facultés cognitives n’est pas nécessairement liée au vieillissement. « Le cerveau des personnes âgées n’est pas plus lent, mais plus avisé que celui des jeunes », mentionne l’article de l’IUGM. Avec l’âge, le cerveau a acquis de l’expérience et ne se met pas en action aussitôt comme celui des jeunes.

La recherche regroupait une vingtaine de participants âgés entre 18 et 35 ans et une dizaine de participants âgés entre 55 et 75 ans encore actifs professionnellement. Ils ont été appelés à faire des exercices ayant pour but de deviner le classement des mots par un critère de ressemblance. Les règles lexicales pouvaient être, par exemple, liées à une catégorie d’éléments ou à la signification, à la rime des mots ou aux premières lettres de ceux-ci.

Toutefois, Dr. Monchi observe : « Fait cocasse, le cerveau jeune est plus réactif que le cerveau âgé au renforcement négatif ». Ainsi, lorsqu’un jeune se trompait, plusieurs parties de son cerveau étaient sollicitées avant même qu’il recommence à nouveau. Par contre, lorsqu’un participant âgé se trompait, les mêmes régions du cerveau étaient activées lorsqu’il recommençait… « comme si le cerveau âgé était imperméable à la critique et plus confiant que le cerveau jeune », ajoute Dr. Monchi. Et de conclure : « avec l’âge, on décide de réajuster le tir seulement lorsque cela est absolument nécessaire ».

Cette découverte nous pousse à modifier notre perception et nos préjugés à l’égard des facultés cérébrales de nos aînés… Bien évidemment prenons garde et ne généralisons pas, il n’est pas impossible de trouver des aînés peu avisés ou des jeunes moins rapides ! Par contre, l’expérience et la raison, acquis avec l’âge, sont deux facteurs qui permettent au cerveau de mieux organiser ses ressources.

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Les résultats de cette recherche ont été publiés le 26 août dernier dans la revue scientifique britannique spécialisée en neuroscience Cerebral Cortex.

Quelques mots sur les chercheurs

Dr. Oury Monchi, docteur en modélisation neuronale, est responsable de l’axe Neuroscience et vieillissement au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) affilié à l’Université de Montréal.

Dr. Ruben Martins, résident en psychiatrie, est aussi étudiant au laboratoire du Dr. Monchi.

Quelques mots sur l’IUGM, membre affinitaire de la TCAIM

L’IUGM est un centre de soins spécialisés pour les personnes âgées offrant différents programmes de courte et de longue durée et dispose d’une centre ambulatoire comprenant l’une des cinq cliniques de gestion de la douleur chronique existantes à travers le monde. Affilié à l’Université de Montréal et reconnu par le Fonds de la recherche en santé du Québec, l’IUGM est également un centre d’enseignement et de recherche en santé et vieillissement de niveaux national et international. Il est le plus grand centre de recherche dans son genre dans toute la francophonie, Ses activités de diffusion de l’expertise, d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé ainsi que de promotion de la santé en font un haut lieu de référence.

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