Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Jacques Languirand, militant de l’environnement

Jacques LanguirandÀ l’aube de ses 82 ans, l’animateur, dramaturge, écrivain, comédien, touche-à tout et encyclopédie vivante, Jacques Languirand, s’engage pour une 11e année consécutive comme porte-parole pour le Jour de la Terre du 22 avril prochain, organisé depuis 1995. Cette année, le porte-parole a fait le choix de reprendre le thème de l’an dernier, soit le lien avec l’environnement et la santé, un thème auquel tout le monde est sensible, puisque la santé est un facteur fondamental à la vie. Selon lui, l’avenir de notre planète ne consiste par seulement en de grands concepts géographiques dont les impacts peuvent paraître abstraits aux yeux de certains, les impacts sont réels pour nous : « […] ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais aussi notre qualité de vie. Prenons seulement la question de l’air et de l’eau, deux éléments essentiels à notre survie. Ne pas se préoccuper de la qualité de l’air et de l’eau équivaut à mettre notre survie en danger.»*

M. Languirand, qui a traversé déjà plusieurs décennies, affirme qu’il y a eu du progrès concernant la sensibilisation à l’environnement, les actions concrètes permettant de diminuer la pollution et la connaissance des problèmes liés à la planète, mais beaucoup de travail reste à faire… D’après lui, le Jour de la Terre, c’est aussi tous les jours de l’année. Il ajoute également que cela dépend de nous si le désastre s’avère plus grand que le progrès. Tout repose principalement sur l’impact des activités humaines.

En plus de représenter une personnalité inspirante pour les participants de cette journée, Jacques Languirand, a également servi de modèle pour la nouvelle webtélé du Jour de la Terre avec sa propre webtélé Les Repères de Languirand qu’il a créée en 2008. À la fois animateur de l’émission Par 4 chemins sur les ondes de Radio-Canada depuis 41 ans, un exploit de longévité radiophonique, M. Languirand s’est lancé dans le web afin de partager quotidiennement ses découvertes littéraires par le biais de capsules vidéo. Nicole Dumais, initiatrice du site Repère.tv, indique qu’on y retrouve déjà près de 1000 vidéos sur le site ! Jacques Languirand est non seulement un communicateur d’expérience très actif mais aussi très productif !

Quelle fierté que d’avoir un porte-parole aussi fidèle à la cause de l’environnement, un enjeu qui touche toutes les générations sans exception. Jacques Languirand à l’insatiable curiosité nous transmet sa vision du monde présent et futur, teintée de son grand vécu, de son intelligence, de l’espoir qu’il possède envers la fraternité humaine et intergénérationnelle, ainsi que la volonté de chacun de pouvoir changer positivement les choses.

Le 22 avril, participerez-vous à ce mouvement ?

Découvrez le témoignage de Jacques Languirand sur la webtélé du Jour de la Terre

Entrevue d’Édith Cochrane en compagnie de Jacques Languirand et Nicole Dumais (cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo!)

Jacques Languirand, Nicole Dumais et Édith Cochrane

* Article de Pierre Vallée, 21 avril 2012, Le Devoir 

«Je me souviens» de Brenda Milner, portrait d’une pionnière de la neuropsychologie qui a toujours soif d’apprendre

Afin de marquer la Journée internationale des femmes, quoi de mieux que de souligner l’apport exceptionnel d’une scientifique spécialisée en neuropsychologie, discipline carrefour entre la neurologie et la psychologie, maintenant âgée de 94 ans. Certaines ou certains d’entre vous l’aurez sans doute reconnue sur la photo tout juste à gauche. Comme l’écrivait la journaliste Lisa-Marie Gervais dans Le Devoir, «Brenda Milner est à la neuropsychologie ce qu’était Pasteur à la bactériologie».

Née le 15 juillet 1918 dans la ville de Manchester en Angleterre, Brenda Milner grandit dans une famille passionnée par les arts et les langues. Quoi que naturellement intéressée par ces domaines, elle découvre les mathématiques, à peine âgée de dix ans. Inscrite à l’Université de Cambridge, elle étudie d’abord les mathématiques et se tourne ensuite vers la philosophie. Pensant que l’étude de la philosophie ne pouvait pas suffisamment lui ouvrir les portes d’une profession qu’elle souhaitait, elle choisit finalement la psychologie. Dans un article du magazine Premières Affaires dans lequel elle accorde une entrevue complète, elle réalise que cette discipline lui convenait complètement : «J’ai toujours eu ce talent d’observer les curiosités dans le comportement des autres, même jeune…».

C’est en 1939, à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale qu’elle quitte l’Angleterre avec son mai afin de venir s’installer à Montréal, sa maîtrise en psychologie en main. Au début, elle avait l’intention d’y rester qu’une année. Elle avoue n’avoir pas voulu se marier, mais qu’il fallait qu’elle le fasse afin de voyager avec son compagnon. Bien sûr, on connaît un peu la suite… elle n’est jamais retournée en Angleterre…

Débutant sa carrière canadienne à l’Université de Montréal en tant que professeure –chercheure en psychologie, elle entame un doctorat en psychophysiologie. Au sein des étudiants de sa cohorte, elle est choisit pour collaborer avec le Dr. Wilder Penfield, fondateur de l’Institut neurologique de Montréal, pour étudier l’épilepsie focale, un travail de recherche très novateur pour l’époque, où les images du cerveau n’existaient pas encore, qui a suscité l’attention de chercheurs à travers le monde. Au fil de ses travaux, elle approfondit ses connaissances sur la mémoire avec différents patients souffrant d’amnésie. La contribution de Mme Milner est considérable pour les neurochirurgiens. Elle a permis non seulement de comprendre qu’il existe différents types de mémoires (mémoire motrice, mémoire immédiate, etc.) et qu’elles agissent de façon indépendante l’une de l’autre, mais de créer également une meilleure carte du cerveau très utile chez les scientifiques. Passionnée de son métier et toujours active, Brenda Milner indique qu’il ne faut pas délaisser la recherche fondamentale. «…de plus en plus, les politiciens veulent qu’il y ait ce qu’on appelle la recherche qui se transforme en applications tout de suite. Si on cherche l’application trop vite, on ne fait pas nécessairement de la bonne recherche.»

Détentrice d’une vingtaine de doctorats honorifiques, lauréate d’une dizaine de reconnaissances nationales et internationales et membre de la Société royale du Canada et de celle de Londres, ainsi que de l’Academy of Arts and Sciences, Brenda Milner est une dame honorable, curieuse, et brillante. Elle a également été nommée grande officière de l’Ordre du Québec en 2009. Brenda Milner est à la fois une femme admirable qui en inspire certainement d’autres, mais aussi une femme parmi toutes ces femmes qui, à chaque jour, essaient de changer le monde à leur façon.

Écoutez la chanson-thème créée spécialement pour la Journée internationale des femmes et visionnez le vidéoclip One Woman : A Song for UN Women

Jean-Claude Duclos, un livre ouvert

Dans le milieu événementiel, communautaire ou du journalisme citoyen, le nom de Jean-Claude Duclos n’est plus à faire. Comme le journaliste Philippe Schnobb le qualifiait dans une entrevue qu’il lui avait accordée il y a déjà quelques années, Jean-Claude Duclos est un «pilier de la radio web au Québec». Malgré des habiletés de communicateur déjà acquises au cours de ses 38 ans d’enseignement, il se tourne vers l’animation radio seulement au moment de sa retraite en 1996 à Radio Ville-Marie. Outre son travail de journaliste, il occupe, entre 1999 et 2005, la position d’aviseur en tant que représentant des aînés du Québec pour la ministre de la Santé au Conseil consultatif national du troisième âgé pour Santé Canada.  En 2003, il intègre le Réseau d’information des aînés du Québec (RIAQ) qui comprend aussi la première radio web pour les 50 ans et plus, et prend définitivement la barre d’une émission d’une heure au Carrefour des aînés.

Un homme à l’affût de tout  

M. Duclos détient plusieurs cordes à son arc, qui lui vaut un parcours professionnel hors du commun. Ayant suivi le cours classique au Collège Sainte-Marie, il se consacre par la suite à l’étude de la paléontologie. Il fait des études doctorales à l’Université de la Louisiane. Dès l’âge de 16 ans, il poursuit une carrière d’enseignant. Touche-à-tout, curieux de nature, il a enseigné dans presque toutes les disciplines !

De 1972 à 1984, il joint la Force aérienne du Canada au sein de l’équipe de recherche et sauvetage de la base militaire de Montréal. Il y occupe le poste d’officier d’administration, au grade de capitaine. Passionné d’histoire, il décroche un contrat avec le Château Ramezay en réalisant des fouilles archéologiques. Conjointement avec la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal, il traverse l’Atlantique afin d’effectuer des fouilles gallo-romaines à Montauban, en France. Son intérêt pour la France l’incitera également à s’impliquer auprès de l’Association Québec-France.

Durant de nombreuses années et ce même encore aujourd’hui, il est professeur de musique. Fin connaisseur de nombreux instruments, il enseigne la plupart des instruments à cordes, de l’orgue à l’accordéon. Il a même participé à la direction d’un ensemble de 1000 flûtistes pour un concert à la Basilique Notre-Dame dans le cadre du 140e de la Commission scolaire de Montréal. Il a aussi enseigné l’harmonie.


«Je fais ce que j’aime» Jean-Claude Duclos


La piqûre pour l’information aux aînés

Sa passion d’informer les aînés sur toutes sortes de sujets n’est pas arrivée subitement.  Dans sa jeunesse, il s’est impliqué dans un Club de l’âge d’or, co-fondé par sa mère. Il a également été Président de l’Association des Retraités de l’Éducation du Québec (AREQ) pendant 6 ans pour le secteur Angrignon, membre du conseil d’administration de la FADOQ – Région Île de Montréal pendant plus de 10 ans et fut aussi leur webmestre. M. Duclos est aussi membre fondateur du Regroupement des aînés et aînées du Sud-Ouest de Montréal (ROPASOM). Il affirme aussi vouloir rejoindre les jeunes par l’entremise de ses nombreux engagements et reportages.  Lors de ses diverses rencontres, il a notamment côtoyé Jean Vanier, personnalité religieuse et fondateur de la Communauté de l’Arche, un groupe de communautés situées à travers le monde qui accueillent les personnes ayant un handicap intellectuel.

M. Duclos se considère d’abord comme un journaliste citoyen : il voit les choses et rapporte ce qu’il voit. Il traite l’information le plus honnêtement et sobrement possible, tout en y apportant son petit grain de sel. Mise à part son émission de radio, il anime 11 blogues WordPress différents sur le web, de quoi impressionner plusieurs blogueurs sur la Toile !

Avec une carrière bien accomplie et encore florissante, il reçoit en 2008 le Prix Hommage de la FADOQ Région de Montréal et la même année, il se voit décerner aussi le Prix Hommage Aînés provincial. Deux distinctions amplement méritées ! Le 13 janvier dernier, il a reçu la médaille du Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II, décernée par le Bureau de la Gouverneure générale du Canada pour sa grande contribution à la société. En plus cette année, M. Duclos fait partie des 15 personnalités inspirantes du Québec qui sont mises en vedette dans le livre Au coeur de l’image des aînés de l’organisme Vivre dans la dignité qui sera lancé le 12 février prochain.

Jean-Claude Duclos recevant sa médaille (janvier 2013)
Source : http://journalinternetdesaines.wordpress

Le journaliste, toujours actif, affectionne la photographie et le cinéma. D’ailleurs, il a déjà suivi un cours de réalisation vidéo par correspondance.

Selon lui, il est important de s’intéresser aux retraités et aux aînés et de les informer adéquatement. «Un aîné est un livre qui peut se fermer, il faut le garder ouvert», souligne M. Duclos.

À ne pas manquer : Les aînés inspirés, une série de vidéos signée TCAÎM

Vous pensez que la vie d’aîné est ennuyeuse ?

Soyez prêts à changer vos perceptions grâce à la série Les aînés inspirés ! Faites la rencontre d’idoles ayant marqué les générations 60-70 et de bénévoles d’associations montréalaises aux parcours étonnants.


12
personnalités participant à la vitalité du monde artistique et communautaire.

12 aînés qui nous partagent leur passion pour la vie, les obstacles auxquels ils sont confrontés et leur engagement à toute épreuve.

Ils se livrent à vous afin de raconter leur passé et leur présent… mais surtout leur présent ! Qu’ils soient professionnels, bénévoles, dévoués à leur famille ou à une cause (et parfois tout cela en même temps !)… Ils nous ont étonnés et ont suscité notre admiration. Nous espérons que comme nous, vous serez subjugués par tant de vitalité !


NE MANQUEZ PAS LE LANCEMENT DE LA PREMIÈRE CAPSULE VIDÉO À COMPTER DU 10 FÉVRIER 2012 SUR NOTRE BLOGUE ET NOS RÉSEAUX SOCIAUX !


Et suivez-nous à chaque semaine sur le blogue de la TCAÎM, Facebook et Twitter où nous y dévoilerons le portrait d’un aîné qui nous démontre que vieillir, c’est s’accomplir !


« La peur de vieillir abîme plus que l’âge »
Jeanne Moreau, en 2008, à l’âge de 80 ans.


Portrait: Troquer la retraite pour combattre l’âgisme

Zoom sur le Dr André Davignon, un homme impliqué dans la lutte contre l’âgisme

Il sort habilement le iPhone glissé dans sa poche de chemise. D’un coup d’index, il montre fièrement la photo de son épouse, avec qui il est marié depuis 10 ans. À son avis, les gens sont toujours surpris de le voir utiliser un appareil électronique. « Vous savez vous servir de ça, monsieur, à votre âge? » lui a-t-on déjà demandé. « J’ai 80 ans », affirme le principal intéressé. « Est-ce que ça veut dire que je suis incapable de me servir d’un tel appareil? »

Le Dr André Davignon ne chôme pas. Ce cardiologue-pédiatre de formation est depuis 2003  à la tête de l’Observatoire vieillissement et société (OVS), un organisme à but non lucratif, qu’il a co-fondé afin de favoriser le bien-vieillir des personnes âgées. Cette initiative, œuvrant à partir du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, arrive à point. 300 000 personnes sont âgées de 80 ans et plus au Canada, et ce chiffre double tous les trente ans. Le but principal de l’Observatoire est de combattre l’âgisme. L’âgisme, c’est un ensemble d’attitudes négatives et de préjudices envers les aînés et le vieillissement. Souvent irrationnel, l’âgisme peut engendrer la marginalisation et la perte de pouvoir chez les personnes âgées.

 

Stéréotypées, les personnes âgées?

Le Dr Davignon affirme avoir connu l’âgisme sans s’en apercevoir. « À un certain âge, on veut te mettre de côté. Ça commence de façon assez insidieuse. »  Selon lui, quand un jeune se trompe, c’est parce qu’il apprend. Lorsqu’un jeune patron fait une gaffe, c’est la courbe d’apprentissage qui suit son cours, « mais quand une personne senior se trompe, c’est parce qu’elle est complètement dépassée. On ne lui pardonne pas! », explique-t-il. En l’espace de cinq ou six ans, le projet du Dr Davignon est devenu un incontournable dans le domaine de la lutte contre l’âgisme. Malgré cela, il lui est déjà arrivé qu’une infirmière l’aborde doucement alors qu’il se promenait dans les corridors de l’Institut de Gériatrie de Montréal : Monsieur, vous êtes perdu? Vous cherchez votre lit? « Non, non. Je travaille ici! » a-t-il répondu.

À l’âge de 60 ans, après des années de service, le Dr Davignon a ressenti une pression de la part de ses supérieurs pour qu’il prenne sa retraite. On l’écartait de la grille horaire. « Mais j’ai refusé de partir. J’avais la tête dure! Je suis capable de travailler, je veux travailler! » se disait-il à l’époque. Après quelques batailles épiques, il quitte finalement son poste à l’âge de 68 ans, au même moment où le gouvernement du Québec décidait de mettre massivement à la retraite des employés du réseau de la santé.

Alors qu’il partait vers la retraite, le cœur léger en compagnie de sa femme, cette dernière s’éteint d’une crise cardiaque. « À 68 ans, je me suis retrouvé avec la perte de mes liens affectifs et professionnels. J’étais isolé socialement. Quand tu as pris ta retraite, et que tu n’as plus ta femme, t’appelles tes anciens confrères, ils ne te rappellent pas! »

 

L’Observatoire

La fondation de l’Observatoire lui a en quelque sorte sauvé la vie. En 2000, un de ses amis lui conseille d’aller à l’Institut de gériatrie de Montréal pour se trouver une occupation ou faire du bénévolat. « Arrivé là-bas, je me suis dit : je veux empêcher les gens que je vois dans le corridor de rentrer ici. » Il a eu un choc. Il se rendait compte qu’étant déprimé, mangeant moins, ne prenant plus ses médicaments, ne faisant pas d’exercice, il risquerait l’ACV… et de se retrouver dans le corridor comme tout le monde. D’abord nommé conseiller scientifique, il fonde donc en 2003 avec le Dr Yves Joanette, directeur de la recherche et Jean-Pierre Thouez, géographe, professeur à l’Université de Montréal, l’OVS, une première mondiale.

Le Dr Davignon au travail avec Émilie Dessureault, coordonnatrice de l’OVS

L’Observatoire se veut une boîte à penser. Ici, on ne s’intéresse pas aux cas particuliers. « On parle bien sûr d’âgisme, mais aussi d’euthanasie, de rejet social, de la nouvelle génération de personnes âgées. » L’observatoire fonctionne avec des vigies. Certaines concernent la santé, d’autres le logement, la finance, le droit, la politique ou encore la qualité de vie. L’information est par la suite diffusée via leur site web (http://www.ovs-oas.org/), leur journal Le Gérophare ou par le biais de conférences.

 

Faire la guerre à l’âgisme

Dr Davignon est formel. Ce qui entretient l’âgisme en premier lieu, ce sont les médias. À son avis, si un journaliste rencontre trois personnes qui vont très bien, il n’y aura pas matière à faire un article. « Quand je regarde les journaux, ça donne l’impression que tout le monde finit en CHLSD, tout le monde se fait ébouillanter, les gens gardent leur couche pendant 15 jours… Mais il y a moins de 3 % des gens qui se retrouvent en CHLSD!  90 % des gens vieillissent bien! » À son avis, on ne parle pas assez des aspects positifs du vieillissement.

« Les personnes âgées coûtent cher, ruinent les plans de pension, sont plus malades que les autres, c’est ce qu’on entend tout le temps », clame André Davignon. « Dès qu’on retrouve un petit vieux en automobile perdu dans le champ, tout le monde se questionne : doit-on permettre aux gens de conduire à 70 ans? Ça ne finit plus, on est toujours attaqué. »

Dans l’optique de faire disparaître les stéréotypes des contenus médiatiques, l’Observatoire identifie l’âgisme dans les médias. Le but est de créer des standards, puis de suggérer des lignes directrices aux médias. Éventuellement, l’idée serait d’intégrer au code d’éthique et de déontologie actuel du Conseil de presse un article dédié à l’abolition de l’âgisme dans les médias.

 

Les secrets de la longévité

Le Dr Davignon soutient qu’il est scientifiquement prouvé que certains facteurs influent la durée de vie d’une personne, et ce, partout dans le monde. Tout d’abord, il y a l’activité. Il faut être actif et bouger. Ensuite, l’adoption d’une saine alimentation est de mise. Ajoutez à cela un niveau de stress bas et un peu de contact social, vous avez le secret pour vivre vieux! Cette recette semble fonctionner pour le Dr Davignon : « Je suis actif… je n’arrive pu! On a trop d’idées! Mais surtout, on s’amuse beaucoup ici à l’Observatoire. »

 

 

Cheveux blancs et boîtes de nuit

Avec ses bijoux brillants et ses grosses lunettes fumées, cette grand-maman a de quoi faire tourner les têtes. Plusieurs la surnomment Mamy Rock. Ça vous dit quelque chose? Originaire d’Angleterre, Ruth Flowers a décidé de troquer son trop-plein de temps libre pour apprendre le métier de DJ…à 69 ans!

Tout a commencé lorsque son petit fils l’invite à sa fête d’anniversaire dans une discothèque londonienne. Au premier abord, le portier n’a même pas voulu la laisser entrer! Elle n’avait pas exactement le style et l’apparence des autres clients. Une fois à l’intérieur, la grand-maman a tout de suite aimé l’atmosphère électrisante qui régnait dans la pièce.

Cette ancienne chanteuse mezzo-soprano affirme que la fête était toutefois très différente des danses et des groupes de musiques de son temps : «Il y avait une réelle osmose entre la musique et la lumière, ça ma énergisée…Je me suis sentie beaucoup plus jeune! » explique-t-elle.

Après sa soirée, Ruth Flowers a décidement un coup de cœur pour la techno et porte en elle l’idée de devenir DJ. Ce faisant, elle allie donc techno et succès de groupes musicaux tels que Abba, Queen et les Rolling Stones. Elle a d’ailleurs enflammé les boîtes de nuit parisiennes les plus branchées l’hiver dernier.


Et vous? Que ferez-vous à 69 ans?

Pour voir Mamy Rock à l’œuvre, c’est ici:

Ruth Flowers a son propre site web (d’où proviennent les photos de cet article) et vous pouvez la suivre sur Twitter

« Une femme à qui l’on doit tout », une étudiante à l’école Marguerite-de-Lajammerais

Aujourd’hui, une femme inspirante est venue à mon école. Oui, Mme Denise Crête a tout de suite su capter notre attention. Cette octogénaire s’est battue toute sa vie pour nos droits à nous, les femmes. Mme Crête, n’étant pas née dans une période facile de notre histoire, soit la crise économique de 1929, a dû très tôt faire de durs choix. En effet, elle était l’aînée de 9 enfants et était issue d’une famille ouvrière, ce qui ne l’a pas aidée à poursuivre ses études. Effectivement, elle avait 2 choix : poursuivre ses études ou aller sur le marché du travail pour aider financièrement sa famille. Elle a donc abandonné l’école après sa 10e année même si une religieuse généreuse lui avait offert trois années gratuites de cours de pédagogie. Le choix était simple!

Elle dénicha alors un poste de secrétaire chez un notaire. De nos jours, l’engagement social n’est pas rare, mais dans les années 40, Mme Crête était avant-gardiste ! En effet, dès ses 16 ans, elle commença à s’engager socialement. À 38 ans, elle décida de terminer son secondaire. Elle s’inscrivit à des cours pour adultes et fut nommée présidente de sa classe. Elle devait alors concilier études, travail, famille et comités sociaux!

À 50 ans, elle fit son baccalauréat en enseignement à l’UQAM, à la suite de quoi elle réalisa son rêve de toujours et devint enseignante au cégep André-Laurendeau où elle resta de nombreuses années. Elle s’impliqua d’ailleurs dans le syndicat du cégep. Elle affirme qu’elle était vraiment à sa place, car elle comprenait qu’il était difficile de recommencer ses études à l’âge adulte puisqu’elle l’avait elle-même vécu!

Dans les années 1980-90, elle fut nommée présidente de plusieurs associations comme le Relais-femmes. En plus de tout ça, elle trouva le temps de faire un voyage humanitaire pour aider les femmes dans 3 pays pauvres dont le Burkina Faso! Certains croiraient qu’elle a assez donné, mais non! Elle s’implique toujours malgré son âge mûr! En effet, elle fait maintenant partie de l’Association l’amitié n’a pas d’âge et se déplace d’école en école afin de parler de sa vie et de sensibiliser les jeunes à l’engagement social! Bref, cette femme m’a énormément impressionnée! Dès qu’elle a ouvert la bouche, j’ai su que j’avais affaire à une militante, une vraie! Je crois que nous devrions toutes prendre exemple sur Mme Crête et lui être reconnaissantes pour tout ce qu’elle a accompli!

Une femme à qui l’on doit tout, une femme que rien n’arrête, voilà qui est Denise Crête.

Laurence Girard-Lajeunesse, étudiante à l’école Marguerite-De-Lajammerais, Membre du Comité G-3((SOS Planète, Amnistie Internationale, Jeunes Leaders)

* Avec la permission de l’association l’amitié n’a pas d’âge de publier cet article paru dans le bulletin Les âges communicants printemps 2010.


Mme Denise Crête a également été honorée par la TCAÎM, lors de notre 10e anniversaire.

Un dimanche à 105 ans

L’office national du film du Canada présente…

Un dimanche à 105 ans

Cliquez ici pour visionner ce court-métrage de Daniel Léger, 2007

 

Synopsis : Documentaire hommage d’un arrière-petit-fils à son arrière-grand-mère. L’espace d’un dimanche, l’Acadienne centenaire se prête au jeu du cinéma. Filmée dans son quotidien, Aldéa aborde à sa façon des sujets universels. De la toilette du matin jusqu’au «petit coup» avalé d’un trait avant de se mettre au lit, chaque moment est ponctué d’une boutade inattendue ou d’une réflexion existentielle.