Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Jacques Languirand, militant de l’environnement

Jacques LanguirandÀ l’aube de ses 82 ans, l’animateur, dramaturge, écrivain, comédien, touche-à tout et encyclopédie vivante, Jacques Languirand, s’engage pour une 11e année consécutive comme porte-parole pour le Jour de la Terre du 22 avril prochain, organisé depuis 1995. Cette année, le porte-parole a fait le choix de reprendre le thème de l’an dernier, soit le lien avec l’environnement et la santé, un thème auquel tout le monde est sensible, puisque la santé est un facteur fondamental à la vie. Selon lui, l’avenir de notre planète ne consiste par seulement en de grands concepts géographiques dont les impacts peuvent paraître abstraits aux yeux de certains, les impacts sont réels pour nous : « […] ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais aussi notre qualité de vie. Prenons seulement la question de l’air et de l’eau, deux éléments essentiels à notre survie. Ne pas se préoccuper de la qualité de l’air et de l’eau équivaut à mettre notre survie en danger.»*

M. Languirand, qui a traversé déjà plusieurs décennies, affirme qu’il y a eu du progrès concernant la sensibilisation à l’environnement, les actions concrètes permettant de diminuer la pollution et la connaissance des problèmes liés à la planète, mais beaucoup de travail reste à faire… D’après lui, le Jour de la Terre, c’est aussi tous les jours de l’année. Il ajoute également que cela dépend de nous si le désastre s’avère plus grand que le progrès. Tout repose principalement sur l’impact des activités humaines.

En plus de représenter une personnalité inspirante pour les participants de cette journée, Jacques Languirand, a également servi de modèle pour la nouvelle webtélé du Jour de la Terre avec sa propre webtélé Les Repères de Languirand qu’il a créée en 2008. À la fois animateur de l’émission Par 4 chemins sur les ondes de Radio-Canada depuis 41 ans, un exploit de longévité radiophonique, M. Languirand s’est lancé dans le web afin de partager quotidiennement ses découvertes littéraires par le biais de capsules vidéo. Nicole Dumais, initiatrice du site Repère.tv, indique qu’on y retrouve déjà près de 1000 vidéos sur le site ! Jacques Languirand est non seulement un communicateur d’expérience très actif mais aussi très productif !

Quelle fierté que d’avoir un porte-parole aussi fidèle à la cause de l’environnement, un enjeu qui touche toutes les générations sans exception. Jacques Languirand à l’insatiable curiosité nous transmet sa vision du monde présent et futur, teintée de son grand vécu, de son intelligence, de l’espoir qu’il possède envers la fraternité humaine et intergénérationnelle, ainsi que la volonté de chacun de pouvoir changer positivement les choses.

Le 22 avril, participerez-vous à ce mouvement ?

Découvrez le témoignage de Jacques Languirand sur la webtélé du Jour de la Terre

Entrevue d’Édith Cochrane en compagnie de Jacques Languirand et Nicole Dumais (cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo!)

Jacques Languirand, Nicole Dumais et Édith Cochrane

* Article de Pierre Vallée, 21 avril 2012, Le Devoir 

Ceux qui vont au bout d’eux-mêmes

Dr. Berthier Bourque et Jacques Leclerc, Lancement du livre Au coeur de l’image des aînés

On ne soulignera jamais assez l’apport majeur de nombreux hommes et femmes aînés dans notre société. L’organisme Vivre dans la dignité a pris cet énoncé au pied de la lettre en lançant, à la mi-février, un recueil de textes et d’images intitulé Au cœur de l’image des aînés exposant 15 personnalités âgées entre 55 et 105 ans, aux récits de vie touchants et inspirants. Quinze portraits démontrant l’expérience, la sagesse acquise au fil du temps et le talent de personnes dédiées à leurs champs d’intérêts respectifs.

Des modèles, il y en a de tous les âges, mais la sélection de ce recueil ne vous laissera pas indifférent. Le but de ce projet, financé par le programme fédéral Nouveaux Horizons pour les aînés, vise à mettre un frein à l’âgisme et à susciter une prise de conscience quant à l’importance que nous devons accorder à nos aînés.

Comme le dit si bien Jacques Leclerc, l’aventurier globe-trotter âgé de 64 ans dans l’entrevue-vidéo : « …la date d’expiration, on ne la connaît pas. Je mords dans la vie ». Du côté de Lucille Pacaud, qui a célébré son 105e anniversaire en août 2012, elle prend tout simplement la vie comme elle vient. Après 35 ans de service pour la Dominion Textile, elle décide de devenir bénévole à sa retraite. En 2009, elle est désignée bénévole de l’année de l’Hôpital général de Montréal à l’âge de 102 ans.

«Vieillir, c’est apprécier la vie au jour le jour. » – Marie Deslauriers-Simard

À travers le recueil, on y découvre des parcours saisissants qui nous révèlent les aléas de la vie, de la maladie et de la vieillesse, mais qui deviennent, pour certains, un puissant carburant pour vivre pleinement sa vie, malgré ses incapacités. Ce livre met non seulement en lumière des défis passionnants et des parcours inusités, mais il permet aussi de partir à la rencontre d’individus remarquables, tels que le photojournaliste George S. Zimbel, reconnu pour ses photographies de Marilyn Monroe, John F. Kennedy et Jackie Onassis.

De ce livre découleront des outils pour contrer l’âgisme, soient un livret de sensibilisation sur les préjugés et stéréotypes à l’égard des aînés, ainsi qu’une fiche d’animation. Ces outils, qui ne sont pas encore disponibles, s’adresseront principalement aux organismes communautaires et offriront des pistes de réflexion afin de mieux faire face au phénomène de l’âgisme.

«Tout ce que je peux dire, c’est que, si je fais telle ou telle chose, c’est que mon chemin de vie m’y a conduite » – Louise-Édith Hébert

 

Couverture du livre Au coeur de l’image des aînés

Qui sont ces 15 aînés inspirants?

  • Jeannie Arsenault,  musicienne country
  • Marisa Ferretti Barth, fondatrice du Conseil régional des personnes âgées italo-canadiennes
  • France Beaudoin et Michel Desrosiers, co-fondateurs de la Maison Beaudoin-Desrosiers
  • Docteur Berthier Bourque, passionné de médecine humanitaire
  • Alice Cole, athlète de course à pied
  • Marie Deslauriers-Simard, bénévole aux soins palliatifs
  • Jean-Claude Duclos, journaliste, « la voix des aînés »
  • Madeleine Dupras, psychoéducatrice et aidante naturelle
  • Louise-Édith Hébert, membre de Mémés Déchaînées
  • Jacques Leclerc, l’aventurier-globe trotter
  • Robert Michaud, bon vivant et atteint d’une maladie dégénérative
  • Anita Muzard, artiste et atteinte d’une maladie dégénérative
  • Lucille Pacaud, centenaire et bénévole engagée
  • Gladys Pollack, recherchiste et femmes de lettres
  • George S. Zimbel, photographe de renommée internationale

Pour découvrir les témoignages vidéo des quinze personnalités mises en valeur dans le recueil, visitez la page Youtube de Vivre dans la dignité.

Quelques souvenirs du lancement du livre en photos :

Entrevue vidéo de Robert Michaud

Témoignage de George S. Zimbel, photographe, au lancement de Vivre dans la dignité

Le mur troubadour, un corpus d’œuvres entremêlant réel et imaginaire

Crédit photo : Fernande Forest

Une artiste québécoise en art actuel rayonne ce mois-ci à la Maison des Jeunes et de la Culture de Rodez par son travail photographique sur les aînés en France. Du 21 mai au 9 juin 2012, Fernande Forest a été invitée par l’Association Les petits frères des Pauvres de Toulouse afin de créer un corpus d’œuvres inspirées de sa résidence dans le petit village de Saint-Cernin dans la région Midi-Pyrénées en compagnie d’une soixantaine de personnes aînées.  « Chaque personne âgée a occupé une place de choix, inhabituelle et valorisante avec moi », souligne l’artiste.

Chacune des œuvres est présentée sous la forme de diptyque. Du côté gauche, on y retrouve la personne photographiée jusqu’au buste sur fond de pierre grise au naturel, tandis que du côté droit, l’artiste réalise un photomontage en y jumelant le portrait pied de la personne et un fond représentant un monde imaginaire et poétique. L’origine du titre «Le mur troubadour» fait d’ailleurs référence au lien entre ses créations et les poètes lyriques de langue d’oc de la région du Lot, lieu où Fernande Forest entreprit son travail photographique.

Mme Forest a voulu également faire ressortir le lien entre la personnalité de chacun et ce qui le lie au patrimoine. Cette exploration artistique a nécessité de développer des rapports de confiance entre chaque personne aînée rencontrée. La photographe insiste aussi sur le fait que le sujet dominant de ces œuvres n’est pas la personne âgée démunie ou seule, mais bien la personne humaine, son histoire, sa vulnérabilité, sa fierté, son unicité.

La relation étroite que l’artiste entretenait avec ses grands-parents maternels a été une source inévitable d’inspiration et de création tout au long de ce projet :

J’ai vécu mon enfance voisine de mes grands-parents maternels, j’avais un lien très fort avec eux. Je les ai accompagnés jusqu’à la mort. Je n’ai jamais cessé de les admirer dans toutes les étapes de leur vie. Ils font partie de mon processus de création et j’ai compris pourquoi les « vieux » me touchaient tant, là, dans le Lot, dans toute la sensibilité de leurs regards. – Fernande Forest

Crédit photo : Fernande Forest

L’exposition Le mur troubadour est en cours au Centre culturel de Rodez jusqu’au 25 février prochain et circulera dans la région Midi-Pyrénées et à Paris durant l’année. Elle fera également le saut au Québec ! De retour dans notre belle province, Fernande Forest souhaite renouveler l’expérience cette fois en compagnie de personnes aînées du Bas St-Laurent et de la Gaspésie. Mme Forest nous offre un regard à la fois introspectif et contemplatif sur l’humain, sa vie et son vieillissement. Nous avons bien hâte de voir la suite !

Jean-Claude Duclos, un livre ouvert

Dans le milieu événementiel, communautaire ou du journalisme citoyen, le nom de Jean-Claude Duclos n’est plus à faire. Comme le journaliste Philippe Schnobb le qualifiait dans une entrevue qu’il lui avait accordée il y a déjà quelques années, Jean-Claude Duclos est un «pilier de la radio web au Québec». Malgré des habiletés de communicateur déjà acquises au cours de ses 38 ans d’enseignement, il se tourne vers l’animation radio seulement au moment de sa retraite en 1996 à Radio Ville-Marie. Outre son travail de journaliste, il occupe, entre 1999 et 2005, la position d’aviseur en tant que représentant des aînés du Québec pour la ministre de la Santé au Conseil consultatif national du troisième âgé pour Santé Canada.  En 2003, il intègre le Réseau d’information des aînés du Québec (RIAQ) qui comprend aussi la première radio web pour les 50 ans et plus, et prend définitivement la barre d’une émission d’une heure au Carrefour des aînés.

Un homme à l’affût de tout  

M. Duclos détient plusieurs cordes à son arc, qui lui vaut un parcours professionnel hors du commun. Ayant suivi le cours classique au Collège Sainte-Marie, il se consacre par la suite à l’étude de la paléontologie. Il fait des études doctorales à l’Université de la Louisiane. Dès l’âge de 16 ans, il poursuit une carrière d’enseignant. Touche-à-tout, curieux de nature, il a enseigné dans presque toutes les disciplines !

De 1972 à 1984, il joint la Force aérienne du Canada au sein de l’équipe de recherche et sauvetage de la base militaire de Montréal. Il y occupe le poste d’officier d’administration, au grade de capitaine. Passionné d’histoire, il décroche un contrat avec le Château Ramezay en réalisant des fouilles archéologiques. Conjointement avec la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal, il traverse l’Atlantique afin d’effectuer des fouilles gallo-romaines à Montauban, en France. Son intérêt pour la France l’incitera également à s’impliquer auprès de l’Association Québec-France.

Durant de nombreuses années et ce même encore aujourd’hui, il est professeur de musique. Fin connaisseur de nombreux instruments, il enseigne la plupart des instruments à cordes, de l’orgue à l’accordéon. Il a même participé à la direction d’un ensemble de 1000 flûtistes pour un concert à la Basilique Notre-Dame dans le cadre du 140e de la Commission scolaire de Montréal. Il a aussi enseigné l’harmonie.


«Je fais ce que j’aime» Jean-Claude Duclos


La piqûre pour l’information aux aînés

Sa passion d’informer les aînés sur toutes sortes de sujets n’est pas arrivée subitement.  Dans sa jeunesse, il s’est impliqué dans un Club de l’âge d’or, co-fondé par sa mère. Il a également été Président de l’Association des Retraités de l’Éducation du Québec (AREQ) pendant 6 ans pour le secteur Angrignon, membre du conseil d’administration de la FADOQ – Région Île de Montréal pendant plus de 10 ans et fut aussi leur webmestre. M. Duclos est aussi membre fondateur du Regroupement des aînés et aînées du Sud-Ouest de Montréal (ROPASOM). Il affirme aussi vouloir rejoindre les jeunes par l’entremise de ses nombreux engagements et reportages.  Lors de ses diverses rencontres, il a notamment côtoyé Jean Vanier, personnalité religieuse et fondateur de la Communauté de l’Arche, un groupe de communautés situées à travers le monde qui accueillent les personnes ayant un handicap intellectuel.

M. Duclos se considère d’abord comme un journaliste citoyen : il voit les choses et rapporte ce qu’il voit. Il traite l’information le plus honnêtement et sobrement possible, tout en y apportant son petit grain de sel. Mise à part son émission de radio, il anime 11 blogues WordPress différents sur le web, de quoi impressionner plusieurs blogueurs sur la Toile !

Avec une carrière bien accomplie et encore florissante, il reçoit en 2008 le Prix Hommage de la FADOQ Région de Montréal et la même année, il se voit décerner aussi le Prix Hommage Aînés provincial. Deux distinctions amplement méritées ! Le 13 janvier dernier, il a reçu la médaille du Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II, décernée par le Bureau de la Gouverneure générale du Canada pour sa grande contribution à la société. En plus cette année, M. Duclos fait partie des 15 personnalités inspirantes du Québec qui sont mises en vedette dans le livre Au coeur de l’image des aînés de l’organisme Vivre dans la dignité qui sera lancé le 12 février prochain.

Jean-Claude Duclos recevant sa médaille (janvier 2013)
Source : http://journalinternetdesaines.wordpress

Le journaliste, toujours actif, affectionne la photographie et le cinéma. D’ailleurs, il a déjà suivi un cours de réalisation vidéo par correspondance.

Selon lui, il est important de s’intéresser aux retraités et aux aînés et de les informer adéquatement. «Un aîné est un livre qui peut se fermer, il faut le garder ouvert», souligne M. Duclos.

Des leaders chevronnés à la défense des droits humains et de la paix dans le monde

Source : The Elders

En 2007, à Johannesburg, l’ex-premier ministre de l’Afrique du Sud et lauréat du Prix Nobel de la Paix, Nelson Mandela, décide de recruter des personnalités politiques renommées afin de fonder un groupe indépendant hors du commun, intéressé par les questions de la paix et des droits humains à travers le monde.Étonnant de savoir que cette idée est issue d’une discussion entre nul autre que l’homme d’affaires Richard Branson et le musicien Peter Gabriel ! En effet, ils  s’étaient questionnés sur la possibilité que dans un village global tel que le nôtre, un petit groupe d’individus puisse user de leur expérience individuelle et collective, ainsi que de leur influence, pour s’attarder aux enjeux touchant notre planète…  En fait, ils avaient tout deux observés que dans plusieurs communautés à travers le monde, on se tourne encore souvent vers les aînés afin de demander conseil et même résoudre certains problèmes.

Préoccupés par des conflits et des problématiques d’envergure

Avec l’archevêque Desmond Tutu comme président de l’organisation, The Elders détient un prestige indéniable grâce à ses 9 autres recrues d’expérience telles que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies et lauréat du prix Nobel de la Paix et Jimmy Carter, ex-président des États-Unis et négociateur vétéran pour la Paix. Leurs interventions cherchent à soutenir diverses communautés dans le cadre de conflits mondiaux, notamment en Côte-d’Ivoire, au Moyen-Orient, au Soudan, au Zimbabwe et au Sri Lanka, en plus d’accomplir des actions diplomatiques en Corée du Nord, de discuter des changements climatiques au Sommet de Rio et de combattre le mariage forcé des enfants dans les pays en développement.

Aînés+Jeunes : une force de réflexion liant idées et nouveaux médias

Au printemps 2012, les Aînés et quatre jeunes activistes ont entamé un débat intergénérationnel sur les changements nécessaires afin d’assurer un futur durable pour notre planète au cours de la Conférence des Nations Unies pour un Développement Durable, Rio 20+.

Le projet intitulé Elders+Youngers réunissait chez les Aînés : Gro Harlem Brundtlan, ex-première ministre de la Norvège et première femme occupant cette fonction de pouvoir, Fernando Henrique Cardos, ex-président du Brésil et Mary Robinson, première femme présidente d’Irlande et haute commissionnaire aux Nations Unies pour les droits humains. Du côté des plus jeunes, on retrouvait Marvin Nala de la Chine, Sara Svensso de la Suède, Pedro Telles et Esther Agbarakwe du Nigéria. Le travail des Aînés avec les jeunes a permis de comprendre les besoins de la société d’aujourd’hui sans compromettre les besoins des futures générations. À travers leurs conversations, les Aînés et les Jeunes ont relevé l’urgence et le besoin d’entamer un dialogue intergénérationnel, fondé sur l’égalité et non sur le principe du mentorat, à propos des plus grands problèmes de la société. Ce dialogue s’est fait en partenariat avec la Global Campaign for Climate Action.

Les leçons tirées par cette collaboration fructueuse entre jeunes leaders et anciens leaders seront appliquées à travers le travail futur de The Elders afin d’impliquer davantage les jeunes dans leurs actions, comme le souligne le rapport du projet. Il faut d’ailleurs préciser que cette initiative a permis de réaliser plusieurs vidéos diffusés sur YouTube, ainsi que de développer les communautés virtuelles présentes sur Facebook et Twitter afin de rejoindre de nouvelles audiences… à quand une prochaine expérience ?

Vidéo (en anglais seulement) ELDERS+YOUNGERS : C’est notre futur, c’est notre tour


Vidéo (en anglais seulement) – Introduction à l’organisme The Elders

S’engager pour sa santé

Source : agence de la santé publique du Canada

Cette année, le centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), axé sur le partage du savoir lié au vieillissement et à la santé des personnes âgées, célèbre son 30e anniversaire.  En 1982, trois docteurs soient, Dr. Pierre Bois, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, Dr. Yves Jetté, directeur  général de l’IUGM et Dr. André-Roch, chercheur spécialisé dans l’étude du cerveau, unissent leur volonté de créer un centre de recherche voué au domaine du vieillissement.

Pour ses 30 ans de recherche sur la mobilité et la participation sociale des aînés, une conférence de la chercheuse et ergothérapeute, Mme Johanne Filiatrault, a été présentée devant plusieurs dizaines d’aînés pour mieux comprendre comment nous pouvons rester actif au 3e âge. Plusieurs études démontrent en effet qu’il existe une corrélation positive entre le fait de participer socialement et notre santé en vieillissant.

Mais que signifie donc « participer socialement » ?

Quel que soit l’âge, le concept de participation sociale est relativement flou. Pour les aînés, Johanne Filitrault identifie 4 dimensions :

  • la participation associée aux activités de la vie quotidienne ou les rôles que la personne doit assumer (ex. : se déplacer, se nourrir, jardiner, s’occuper de ses petits-enfants, etc.);
  • la participation qui renvoie au maintien des interactions sociales;
  • la participation qui a trait à l’intégration de la personne à des réseaux sociaux;
  • la participation liée à une cause ou une organisation. En somme, Johanne Filiatrault résume en indiquant que la majorité des visions de la participation sociale des aînés concernent l’implication sociale et les interactions.

Un apport considérable pour le bien-être des aînés

Que ce soit par la pratique d’une activité récréative au sein d’un groupe, l’implication dans une communauté, l’aide informelle apportée à un proche ou ami ou le bénévolat, les formes de participation sociale des aînés sont très variées. Les bienfaits de cette participation sont d’abord individuels : la participation permet de contrer l’isolement de personnes âgées, d’accroître le sentiment d’être utile et d’accomplissement personnel et elle permet aussi de mieux traverser les transitions de la vie (deuil, passage du domicile à une résidence pour aînés, etc.).

Les résultats de recherches de Johanne Filiatrault démontrent que les aînés impliqués bénévolement ou socialement avaient une perception davantage positive de leur état de santé et souffraient moins de dépression. Le taux de déclin cognitif est significativement réduit pour les personnes qui maintiennent une activité intellectuelle régulière.

Les craintes liées aux déplacements quotidiens affectent la participation des aînés

Toutefois, la participation sociale de plusieurs personnes aînées peut être entravée par des obstacles personnels tels que la maladie, des problèmes de santé ou de mobilité (marcher, se mouvoir) ou par le déclin vécu par la personne lié au vieillissement. C’est pourquoi des programmes tels que PIED et Vivre en équilibre permettent aux aînés de prévenir les risques de chutes et leur redonner confiance en leurs capacités afin de participer pleinement à une activité de leur choix.

Les opportunités de participation sociale sont multiples, mais il est important de choisir bien sûr en fonction de nos intérêts personnels… le bénévolat peut être une façon classique de participer socialement, mais l’activité physique en est une autre, le mentorat, l’initiation à la lecture chez les plus jeunes, les loisirs offerts par la municipalité, contribuer à un projet de recherche, partager une passion, sont autant d’occasions pour rester actif dans la mesure de nos capacités et ainsi, maintenir une bonne santé le plus longtemps possible !

Et vous, que faites-vous pour garder la forme (qu’elle soit physique, psychologique ou cognitive) ?

Devenir coopérant bénévole à sa retraite

Source : DESI, Keurt Thiem Souwaré (Thiès, Sénégal)

Chaque année, des centaines de Québécois font le choix de s’engager dans une ONG afin de réaliser une mission de coopération à l’étranger. Cette réalité peut nous porter à croire que les enjeux touchant aux pays en développement et la solidarité internationale préoccupent davantage les plus jeunes. L’organisation Développement, Expertise et Solidarité internationale (DESI) chambarde quelque peu cette perception, puisqu’elle mise sur le partage des connaissances et de l’expérience des personnes retraitées ou en fin de carrière avec les populations et groupes locaux des pays en voie de développement afin de mettre sur pied, améliorer et développer des projets dans les secteurs de la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, le développement social et communautaire. La force des ressources humaines dotées d’un grand bagage d’expériences est mise à contribution dans les différentes missions proposées par DESI.

Renée Liboiron, retraitée du secteur de la santé et sécurité du travail, en était à sa première expérience de coopération lorsqu’elle s’est envolée pour le Congo-Kinshasa (République démocratique du Congo) en février 2012. On lui avait attribué un poste de conseillère en VIH/Sida dans la ville de Bunia, une initiative en collaboration avec Oxfam-Québec. Sa mission qui consistait à rencontrer des partenaires, bénéficiaires et intervenants dans les centres de santé et dans l’hôpital de la zone ciblée afin de diffuser les meilleurs pratiques dans le domaine du VIH, lui a appris grandement sur les réalités sociales et politiques du pays. Selon elle, l’éducation tient un rôle primordial pour sensibiliser les populations aux dangers du sida et elle développe le réflexe aux gens à se regrouper et ainsi, à revendiquer des actions communautaires en matière de santé.

«Ce séjour, qui n’a rien de touristique, a été pour moi une ouverture au contexte sociopolitique de l’Afrique subsaharienne.  Constater soi-même une réalité permet de renforcer son engagement… » (Renée Liboiron)

Gilles Paquin, ex-journaliste de La Presse, s’est rendu aussi en République démocratique du Congo, plus précisément dans la ville de Goma, pendant un mois, dans le cadre d’un projet visant la lutte contre les violences faites aux femmes. Il en était à sa 2e expérience de coopérant bénévole avec DESI. Lors de son séjour, il a travaillé avec la Ligue pour la solidarité congolaise, un groupe de femmes dont le travail collectif dans une meunerie leur permet de développer une autonomie financière. M. Paquin a aussi voyagé dans d’autres pays africains tels que le Niger, le Bénin et le Mali pour former de jeunes journalistes.

Louise Brassard, également retraitée, a pour sa part participé au projet Stop malnutrition en avril 2012 en Haïti.  L’objectif de cette mission était de réduire le taux de prévalence aux maladies infectieuses liées à la malnutrition et au manque d’hygiène. Le taux de prévalence correspond au nombre de cas existants d’une maladie à un moment donné, divisé par la population « vulnérable » à cette maladie (source : Agence de la santé publique du Canada).

D’autres missions ont eu lieu au cours des années précédentes, notamment en Amérique Latine. L’ONG promet cette année de nouvelles collaborations à l’international. Avec un peu de chance et de la détermination, d’autres retraités comme Renée, Gilles et Louise pourront se rendre dans un pays en développement et s’imprégner de la culture locale, de ses difficultés et richesses et d’en tirer une expérience individuelle et sociale inoubliable. La coopération internationale et prêter main forte à des communautés plus vulnérables de notre planète ne sont pas qu’une affaire de jeunes rêveurs, mais elles sont plutôt des préoccupations qui rejoignent tout le monde.

« J’ai l’ultime conviction que les projets d’aide au développement visant l’entreprenariat, la bonne gouvernance, et surtout l’éducation, sont efficaces. » (Jean-Guy Plasse, gestionnaire de projets)

DESI organise prochainement un atelier sur l’implication des personnes retraitées en coopération internationale durant lequel des coopérants bénévoles retraités de retour de mission en coopération internationale en Afrique ou en Haïti partageront leur expérience. Cette rencontre se déroulera  au siège social de DESI, au 2330 rue Notre-Dame Ouest, à Montréal, durant le mois de novembre. Pour informer DESI de votre intérêt à assister à cette rencontre, vous pouvez communiquer avec Madame Marie-Pierre Nogarède au (514) 904-3093 ou à nogaredemp@ong-desi.qc.ca

De l’art aux accents POP dévoile des visages d’aînés du Grand Âge

Crédit photo : Geneviève Lalonde

Ils ont 80 ans, 86 ans, 87 ans, 95 ans, 99 ans… Ils ont franchi ce qu’on nomme la période du « Grand Âge ». Outre leur âge qui démontre une longévité et une santé de fer,  la question de l’âge joue un second rôle dans l’exposition dont il est question aujourd’hui. L’âge n’est pas ce que l’on retient, mais plutôt l’appétit pour la vie malgré ses joies et ses drames et la volonté de participer à notre monde qui habitent chaque aîné mis en valeur dans ce projet…

À mon entrée dans le Hall d’honneur de l’Hôtel de Ville de Montréal, j’ignorais la surprise que j’allais avoir à la vue du travail réalisé par l’association Les petits frères des Pauvres dans le cadre du vernissage de leur exposition intitulée Visâges et Témoignâges qui a eu lieu le 18 septembre dernier. Ce que je savais d’avance par contre, c’est que notre regard ne se porte pas suffisamment sur la beauté de l’avancée en âge et que ce projet allait sûrement changer, pour nombreux d’entre nous, certains de nos paradigmes liés à l’esthétisme, à la vie et au vieillissement. En y faisant un tour d’horizon, la série de photographies nous rappelle le style pop art en regroupant une quarantaine de portraits d’aînés en noir et blanc sur fond aux couleurs vives. L’effet du contraste créé entre l’intemporalité du noir et blanc et la couleur fluo symbolisant l’ancrage dans le monde d’aujourd’hui, comme le décrit l’artiste, est réussi !

Un projet visuel qui nous pousse à réfléchir sur la place des aînés dans la société

Ce projet vise non seulement à lutter contre les préjugés sur la vieillesse, mais aussi à placer les aînés au cœur de la ville, susciter une réaction collective, ainsi que l’action citoyenne en donnant la parole aux aînés. « Avec cette exposition qui fera le tour du Québec, je souhaite faire tomber les stéréotypes, faire prendre conscience que ce n’est pas parce qu’on atteint certain âge que l’on n’a plus rien à dire, plus rien à faire », indique Christine Bourgier, photographe et artiste du projet.  Notons que quelques personnalités connues ont participé au projet dont Jeannine Sutto, Béatrice Picard et Jean Coutu. Chaque photo est complétée d’un témoignage de vie personnalisé, soit une citation de la personne aînée photographiée.

Crédit photo : Geneviève Lalonde

Lors du vernissage, j’ai fait la rencontre de Mme Marielle Langlois, une magnifique et coquette dame de 87 ans, participante au projet photographique. Naturopathe de formation, elle m’a partagé sa fierté de retrouver sa photo exposée aux côtés des dizaines d’aînés s’étant prêté au jeu de modèles.  Sa citation nous fait réagir : « Se mettre en beauté est un acte d’amour envers le monde ». Pour elle, une vision positive à l’égard de l’environnement qui l’entoure et des évènements marquant nos vies est un gage de bonne santé. La beauté n’est pas qu’une conception extérieure du corps, mais de l’intérieur, les deux étant bien sûr liés. Selon elle, la plus grande pauvreté des aînés n’est pas celle associée à l’argent, mais celle de l’âme lorsque l’esprit et le moral se dégradent. De plus, les regrets ne devraient pas continuellement ponctuer notre existence. Par son témoignage, Mme Langlois m’a prouvé que la vieillesse ne doit pas être un temps d’inquiétude, mais plutôt de sérénité.

Par ailleurs, les petits frères des Pauvres célèbreront ses 50 ans d’existence cette année. Depuis 1962, les petits frères des Pauvres réalisent une belle aventure humaine de solidarité en faveur des personnes âgées fragilisées. Une œuvre qui rayonne de par le monde : le Québec, la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne, les États-Unis, l’Irlande, la Pologne, le Maroc, et fut fondée en 1946 en France (source : Les petits frères des Pauvres).

Dans le cadre de l’exposition Visâges et Témoignâges, les petits frères des Pauvres souhaite rendre hommage à la beauté des « Vieux Amis », une expression affectueuse propre à l’organisme pour surnommer les aînés et nous espérons que le projet puisse obtenir un beau succès à travers la province. Une deuxième phase du projet engageant des jeunes dans une démarche intergénérationnelle est envisagée. Ça promet !

D’ici là, je vous invite à visiter l’exposition offerte gratuitement au public à l’Hôtel de Ville jusqu’au 3 octobre et présentée le 1er octobre 2012 afin de souligner la Journée internationale des personnes âgées et le dévoilement du Plan d’action « Municipalité amie des aînés » de la Ville de Montréal.

Exposition Visâges et Témoignâges
Un regard sur la beauté de la vieillesse, des réflexions remplies de sagesse !
Du 14 au 3 octobre 2012
Lundi au vendredi de 8h30 à 17h
Samedi de 10h à 16h
Entrée libre
Hall d’honneur
Hôtel de Ville de Montréal
275, rue Notre-Dame Est

Le Groupe Maurice et le Fonds Présâges sont les fiers partenaires de ce projet.