Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

« Habiter la ville », un premier forum de locataires aînés d’OSBL d’habitation à Montréal

Brochure «La différence communautaire» du Réseau québécois des OSBL d’habitation

Cette année, la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (FOHM) soulignait son 25e anniversaire d’existence. L’organisme, nouvellement membre de la TCAÎM, a tenu dernièrement son 1er forum des locataires aînés, un rendez-vous d’échanges sur les problématiques et enjeux auxquels doivent faire face les personnes aînées et qui ont un impact certain sur leur qualité de vie, leur réseau social, leur santé, leur bien-être économique et plus encore. Un forum pour les aînés… et par les aînés, puisqu’ultimement, le but consiste à ce que les locataires puissent s’approprier le concept afin de le reproduire, le construire et l’organiser eux-mêmes.

Ce premier forum a permis de rassembler une cinquantaine de locataires aux âges variés provenant des quatre coins de l’île de Montréal. Bien qu’ils habitent dans des lieux différents, les situations vécues et les perceptions liées au vieillissement comportent plusieurs similitudes entre les participants présents à l’événement.  Voyons voir…

Qu’est-ce qu’un OSBL d’habitation ?
« Un OSBL d’habitation est un organisme d’action communautaire autonome qui a pour mission d’offrir du logement abordable et sécuritaire à des personnes à faible revenus. Les OSBL d’habitation sont caractérisés par un mode de gestion démocratique, c’est-à-dire qu’ils offrent aux locataires une place dans la gestion de l’organisation : sièges au conseil d’administration, droit de vote des membres de l’organisme aux assemblées générales, etc. Les OSBL d’habitation constituent une forme de logement social et communautaire, lequel se définit par une formule de propriété collective qui a une mission sociale et ne poursuit aucune finalité de profit. » (source : www.rqoh.com)

Les termes pour nommer les aînés ne font pas l’unanimité

L’animateur de ce premier forum, l’intervenant social au FOHM, Stéphane Petit, a lancé ce premier forum avec une introduction énergique et rassembleuse. Il demande d’abord aux aînés dans la salle, par quels qualificatifs ou noms ils souhaitent être interpellés. On note plusieurs expressions positives : « les expérimentés », « les sages », « trésors cachés », « les papis et les mamies », « retraités », « jeunesse recyclée », « jeunesse prolongée »… bref, les mots abondent et les réactions sont parfois en accord ou en désaccord. Difficile de s’entendre sur un mot qui convient à tout le monde. Ce remue-méninge d’expressions alternatives au terme « aînés » permet d’en conclure que les gens dits « d’un certain âge » sont d’abord des personnes comme toutes les autres qui ne devraient pas être qualifiées que par leur âge, mais plutôt par leur histoire et leur expérience respective. Il convient de rappeler encore que la vieillesse n’est pas une maladie ou une étiquette dénigrante, mais elle est davantage «un état» et même devrait-on ajouter, «un privilège» lorsque la santé est favorable.

Durant ce forum, 4 ateliers sur des thématiques distinctes ont été proposés aux participants :

1)      La sécurité, ça vous concerne ?
2)      Comment ça se passe chez vous, la citoyenneté ?
3)      L’habitat et l’habiter : prendre sa place dans la cité
4)      Quel bilan pour les générations suivantes et sur votre expérience ?

Retour sur ma participation à l’atelier sur l’expérience des aînés

Dans l’atelier numéro 4, auquel j’assistais, les membres du groupe sont revenus sur la question des qualificatifs concernant les personnes âgées. Ces hommes et femmes ont souligné à nouveau qu’il n’était pas nécessaire de qualifier une personne par son âge, mais par la somme de sa vie, des difficultés et expériences réalisées. Le vécu d’un individu est certainement une force, mais ce vécu n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. On préfère souvent catégoriser les gens : enfants, jeunes, adultes dans la vie active et retraités. Pourtant, les participants de cet atelier ont évoqué qu’ils souhaitaient sortir de ces cases, qu’il était important de s’ouvrir à la jeunesse et vice-versa.

Nombreux sont les aînés qui ont beaucoup à donner

Dans notre société, nous avons souvent une fâcheuse tendance à infantiliser les aînés, ce qui choque beaucoup de personnes d’un âge plus avancé qui ont pourtant beaucoup à offrir autour d’eux. D’ailleurs, une dame du groupe était fière de partager qu’elle offrait des cours de taï chi aux locataires de sa maison de retraite. Un monsieur a quant à lui décidé de proposer des cours de peinture gratuitement aux personnes habitant dans sa résidence. Pour ces personnes, elles sont satisfaites de pouvoir contribuer au mieux-être de leurs voisins et de partager leur talent à d’autres. Quelle que soit l’étape de notre vie, le contexte social est un élément important au bien-être d’un individu.

Les participants de l’atelier ont aussi identifié le besoin de créer davantage de réseaux intergénérationnels et d’encourager la mixité des âges dans leur milieu de vie. La plupart d’entre eux ont affirmé avoir participé à construire la société d’aujourd’hui et qu’ils considèrent la retraite comme un champ immense de possibilités où ils ont plus de temps pour faire ce qu’ils aiment réellement.

Quelques avantages d’« être aîné » énoncés par les participants :
« On perd peu à peu l’envie des autres et la jalousie… l’orgueil s’atténue avec l’expérience… »
« On bénéficie d’une plus grande liberté mentale, la plupart du temps, moins de soucis nous tracassent… »
« On a accès à des rabais intéressants, notamment dans les institutions culturelles et pour certains services…»

L’image de la vieillesse s’est aussi modifiée avec le temps. Une femme de 79 ans indique qu’elle se sent comme une personne de 42 ans, elle a arrêté de compter à cet âge ! Il y a quelques décennies, avoir 60 ans, était considéré comme «vieux». De nos jours, cette perception est loin d’être la même.

Un forum inspirant et une expérience à renouveler

S’associer entre résidents d’OSBL d’habitation est certainement une idée qui permet aux personnes aînées de s’exprimer, d’organiser un front commun des comités de locataires afin d’éviter que leurs voix soient banalisées et infantilisées. Qu’on ait 20 ans ou 70 ans, les droits individuels et collectifs, la liberté d’expression, le droit de se faire entendre et les processus démocratiques sont des facteurs essentiels à l’épanouissement de chacun. L’objectif derrière ce premier forum est de rassembler les points de vue énoncés par les aînés et de les porter aux instances décisionnelles municipales afin qu’ils puissent cerner et comprendre véritablement les besoins des personnes aînées et leur atout indéniable à notre héritage collectif, ainsi qu’à la cohésion sociale dans la cité.

Habitats intergénérationnels : des solutions économiques et bénéfiques pour tous

Source : LePariSolidaire Ile-de-France

Imaginez-vous un immeuble en plein cœur de Paris accueillant à la fois des jeunes de moins de 30 ans à la recherche d’un logement dans une ville où l’offre est restreinte et des adultes de plus de 60 ans désireux de convivialité, de présence ou d’un revenu complémentaire au leur pour assurer le loyer.

Cette idée s’est bel et bien matérialisée en décembre dernier, puisque la mairie de Paris a procédé à l’inauguration d’une résidence intergénérationnelle dans le 10e arrondissement, une initiative soutenue par l’Association Habitat et Humanisme qui agit en faveur du logement et de l’insertion des plus démunis. Il s’agit d’une résidence de 10 logements comportant une toiture avec des capteurs solaires et trois terrasses vertes (aménagées avec gazon et arbustes), qui a nécessité 14 mois d’ouvrage et causé certaines tensions dans le voisinage.  « Pour cela, il a fallut batailler ferme », affirme Mme Lorenzetti, propriétaire à l’origine du projet. Même si les appartements demeurent privés, une salle commune est laissée à la disposition des locataires, favorisant ainsi la rencontre entre les résidents. Plus d’une quinzaine de personnes habitent déjà la résidence, y réunissant mères avec enfants, jeunes couples, dames et hommes plus âgés, etc. Une autre résidence du même type est en construction à Lyon et une autre devrait aussi voir le jour sur la rue de Clichy à Paris.

Une première maison intergénérationnelle à Montréal

À Montréal, aucun projet de ce genre n’a été élaboré jusqu’à présent, mais il existe à l’Île-des-Sœurs, un bâtiment public intergénérationnel, « La Station » où aînés et adolescents peuvent pratiquer des activités ensemble. La Station est une ancienne station-service Esso, classée bâtiment patrimonial, construite par l’architecte de renommée internationale Mies Van Der Rohe en 1968. Un comité formé de jeunes et d’aînés est à la base de la grille horaire et des activités proposées par La Station. En 2012, une quarantaine de personnes âgées de plus de 50 ans et une quinzaine de jeunes fréquentaient le lieu. Pour certains, l’intérêt de cette maison intergénérationnelle provient de l’environnement architectural unique, pour d’autres, il s’agit d’une occasion de rencontres et de s’amuser avec des plus jeunes que soi. La participation à cet espace intergénérationnel est laissée bien sûr à la volonté de chacun.

Deux générations sous un même toit

La colocation entre seniors et étudiants est déjà connue en France. Au cours de leurs études, certains étudiants font le choix de loger avec une personne âgée, de lui tenir compagnie et de lui rendre service en échange d’un logement gratuit. Dans plusieurs grandes villes où le coût des loyers est élevé, cette alternative de logement devient une option intéressante autant pour les aînés que pour les jeunes qui ont l’opportunité unique d’échanger et de faire découvrir à l’un ou l’autre des endroits, visions des choses, opinions et façons de vivre. Pour la personne plus jeune, il importe toutefois de demeurer attentif et présent envers la personne. À Québec, un projet nommé EntourAge colocation a pour objectif de développer l’habitat intergénérationnel dans la région de Québec permettra d’offrir un service de jumelage entre jeunes et aînés en donnant la chance de louer une chambre en échange d’une présence au domicile.

Les idées foisonnent dans le secteur de l’habitat solidaire !

Demain Montréal : des échanges animés sur le devenir de la métropole

Source : Ville de Montréal

Quel développement souhaitez-vous à Montréal pour les cinq, dix ou vingt prochaines années ? C’est la question que le Bureau du Plan de la Ville de Montréal, responsable du Plan de développement de Montréal a posé aux citoyens tout au long des mois de novembre et décembre lors des soirées Demain Montréal. La TCAÎM a eu l’occasion de participer à plusieurs de ces rencontres et souhaitent vous faire un compte-rendu de la démarche.

D’abord, le Plan de développement de Montréal (PDM) est un document sans portée règlementaire, il s’agit plutôt d’une vision stratégique sur un horizon de 20 ans duquel découlera un plan d’action quinquennal avec des objectifs à atteindre. Le PDM influencera l’élaboration du schéma d’aménagement de l’agglomération et du plan d’urbanisme de la Ville, deux outils de planification légaux dont la révision est prévue pour 2014. En ce sens, il est important de participer aux différents exercices de participation citoyenne proposés par la Ville afin de s’informer, d’échanger, de proposer des actions et de prioriser les enjeux qui nous semblent les plus importants dans notre communauté. La démarche de contribution citoyenne dans le cadre de l’élaboration du PDM prend trois formes : les forums des partenaires (la TCAÎM a participé à une rencontre en juin dernier), le forum de discussion en ligne sur le site de la Ville de Montréal et finalement, les soirées Demain Montréal.

Soirées Demain Montréal

Source : Ville de Montréal

Cet automne, ce sont 17 arrondissements qui ont répondu à l’appel de la ville-centre pour organiser les soirées Demain Montréal sous différentes formes : tables rondes, questions dirigées par une animatrice, présentations et discussions autour des projets structurants de l’arrondissement, etc. Si les formules variaient d’un territoire à l’autre, nous notions la présence à chaque assemblée de représentants du Bureau du Plan pour présenter en introduction le projet de Plan et pour recueillir les propos émis par les citoyens. D’ailleurs, de nombreux sujets ont été abordés et voici quelques-uns des commentaires qui ont été maintes fois exprimés dans les arrondissements :

- la construction, en trop grande nombre, de condos de petites tailles ne pouvant pas accueillir les familles;

- le manque de logements locatifs et abordables;

- encourager l’entrepreunariat social;

- inclure systématiquement l’accessibilité universelle dans l’aménagement, dans les transports et dans les communications;

- récupérer les objectifs présents dans les différents plans de la Ville afin de les mettre en œuvre (plan de transport, plan de développement durable, plan de gestion des matières résiduelles, etc.)

La Ville informe que les résultats de l’exercice seront pris en compte dans l’élaboration du Plan de développement, mais il sera intéressant de voir comment ils seront intégrés, puisque le projet de Plan est déjà bien étoffé avec ses 92 pages actuelles ! Néanmoins, le haut taux de participation aux soirées Demain Montréal démontre l’intérêt de la population à contribuer au processus et prouve que la discussion est bien amorcée.  Une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur la version finale du document aura lieu en 2013 et pourra donc être achevée, en bonne et due forme, par la contribution des citoyens et des organisations montréalaises. La TCAÎM qui suit le déroulement de la démarche depuis le début vous assure qu’elle répondra à l’appel  afin que les intérêts des aînés y soient représentés.

Des quartiers en changement : quel impact pour les aînés ?

L’Église Saint-Jean-de-la-Croix transformée en condos luxueux dans le quartier St-Édouard. Source : Paula Negron-Poblete

Au cours des dernières années, de nombreux quartiers populaires montréalais se sont embourgeoisés, tels que le Plateau-Mont-Royal, Hochelaga-Maisonneuve (maintenant rebaptisé HOMA) et le Mile-End pour ne donner que quelques exemples. Ce processus, par lequel le profil économique et social des habitants d’un quartier se transforme par l’arrivée d’une nouvelle population, généralement plus aisée et plus éduquée, se nomme gentrification ou embourgeoisement.

Ce changement de population s’accompagne normalement par l’arrivée d’une nouvelle offre commerciale (ex. : épiceries fines, centres de conditionnement physique) et résidentielle (ex. : condominiums) qui peut avoir comme incidence de faire augmenter le prix des produits de consommation et des loyers. En ce sens, les personnes âgées peuvent ne plus se sentir « à leur place » dans un quartier où ils ont passé une grande partie de leur vie et où certains lieux fréquentés par ceux-ci disparaissent.

Face à ces préoccupations, le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS), en partenariat avec l’Institut national de recherche scientifique (INRS), ont entrepris, en 2009, une étude dans deux quartiers montréalais ayant subi des transformations majeures dans la dernière décennie, soit dans St-Raymond (sud de Notre-Dame-de-Grâce) et dans St-Édouard (ouest de la Petite-Patrie). Pour les fins de la recherche, des entrevues ont été réalisées avec des aînés, mais également avec des travailleurs communautaires de CLSC, des représentants du milieu associatif et communautaire, des prêtres, des conseillers municipaux et des directeurs d’institution financière.

Dans le rapport de l’étude « Quand le quartier s’embourgeoise : quelle place pour les aînés ? » rendu public récemment, on y apprend que les personnes âgées ne perçoivent pas tous de la même manière les changements survenus dans leur quartier. En effet, si les propriétaires aînés voient ces transformations de manière plutôt positive, il en est tout autrement pour les locataires aînés qui déplorent la hausse des loyers, les risques d’éviction et la perte des commerces qu’ils fréquentaient. Les chercheurs et les partenaires de la recherche, dont la TCAÎM faisait partie, se sont penchés sur les résultats pour proposer quelques recommandations en termes de logement, de lieux de sociabilité, de politique, de santé et services sociaux ainsi qu’en aménagement urbain. En voici deux exemples :

- Certains secteurs sont sous-équipés en logements adaptés à faible coût, forçant les aînés à changer de milieu. On doit favoriser le développement de ces ressources.

-Devant la vulnérabilité des aînés du grand âge, il faudrait (à l’instar des mesures prises dans certains pays étrangers) interdire les possibilités d’éviction ou en resserrer les critères lorsque les locataires sont âgés de 75 ans et plus.

Le rapport sera diffusé à tous les élus responsables des dossiers aînés de chaque arrondissement montréalais afin de les sensibiliser aux risques associés pour les aînés d’une gentrification des quartiers.

Pour en savoir davantage sur le phénomène de la gentrification, nous vous invitons à lire l’article « La gentrification démystifiée » paru dans le journal Forum en 2004.

 

Choisir sa résidence pour aînés tout en étant accompagné

Lorsque l’on songe à quitter le domicile de façon définitive pour emménager dans une résidence pour aînés, l’expérience peut devenir un vrai casse-tête. Il existe un peu partout au Québec des agences dont le rôle est de conseiller, de faciliter et d’aider à trouver un hébergement dans le secteur privé.  Récemment, je me suis entretenue avec une conseillère d’une de ces agences, soit l’OPAHQ (Orientation des personnes âgées en hébergement au Québec).

Une expérience humaine avant tout

Les conseillers et conseillères de l’OPAHQ sont des professionnels aux spécialités diverses : soins infirmiers, travail social ou communication.  Par exemple, Nicole, infirmière à la retraite, œuvre au sein de l’agence depuis 11 ans.  Elle croit que l’essentiel de son travail est basé sur la relation de confiance qui s’établit entre elle et les clients.  « Ici, on opte pour une approche centrée sur la personne et sa famille ». Comme conseillère, Nicole s’assure d’évaluer les besoins, qu’ils soient en matière de santé, de services, de soins, de sécurité et de milieu de vie stimulant. La satisfaction réaliste de ces besoins repose en partie sur la capacité de faire face financièrement aux nouveaux coûts. Il faut donc évaluer de façon réaliste la capacité de payer, même si un crédit d’impôt apporte une aide financière pour les personnes âgées de plus de 70 ans.

Les conseillers et conseillères soutiennent les personnes et leur famille dans leur démarche, leur proposent des options de résidences, leur donnent l’information pour bien vivre le processus et les accompagnent dans les visites s’ils le désirent. Mais le choix ultime relève toujours de la personne âgée elle-même et de sa famille. « Je suis toujours intriguée et motivée à chercher la résidence qui fera briller les yeux de la personne. À ce moment-là, je me dis que l’on a trouvé », me confie Nicole.

Lorsque « rester chez-soi » n’est plus une option

Nous le savons tous, le souhait de la plupart des gens consiste à rester chez-soi le plus longtemps possible. Toutefois, pour certaines personnes, le fait de vivre seules toute la journée, d’être moins mobiles ou de ne plus pouvoir cuisiner par exemple, sont des facteurs qui peuvent faire accroître la solitude et de l’isolement vécus chez plusieurs aînés. D’autres personnes peuvent avoir la peur récurrente de faire une chute et de n’avoir personne qui pourrait les aider en cas d’accident. Ces craintes légitimes peuvent souvent être soulagées par le fait que les résidences offrent une présence de personnel infirmier et un service de réponse à l’urgence 24/24hres. Dans de tels cas, vivre en résidence devient une option pouvant améliorer la qualité de vie.

Une démarche minutieuse pour tous

Habituellement, un élément déclencheur amène la personne âgée ou sa famille à penser qu’il est temps de changer de style de vie et de s’informer sur la vie en résidence. Il peut s’agir d’un décès, d’une maladie ou d’un nouveau handicap qui fait naître un sentiment d’insécurité ou de vulnérabilité chez la personne.  Il est bon d’entreprendre cette réflexion avec sa famille accompagné d’un conseiller ou d’une conseillère en hébergement avant d’être malade ou obligé de le faire dans la hâte.

La clientèle est très variée, mais en général, elle se situe au-dessus de 70 ans.  « Nous avons même des personnes âgées de plus de 90 ans dont l’état de santé permet de bien vivre en résidence privée. Il faut savoir aussi qu’il y a des résidences de qualité pour toutes les catégories de budget. Le réseau des résidences privées est vaste et celles qui sont proposées par les conseillers et conseillères ont été évaluées pour la qualité de leurs services.

Une transition de vie sereine, est-ce possible?

Oui, lorsqu’elle se conforme à la volonté de la personne. Nicole apprécie beaucoup le travail qu’elle accomplit souvent en compagnie de la  famille qui apporte soutien et réconfort. « Cela facilite l’intégration…  Mais c’est aussi en quelque sorte faire un deuil,  autant pour les membres de la famille que pour la personne elle-même. Il faut reconnaître ce changement et doucement accepter cette transition de la vie », ajoute-t-elle.

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience de recherche d’hébergement pour aînés?  Partagez-nous la vôtre dans la boîte commentaires ci-dessous.

On va s’aimer encore?

En cette Saint-Valentin, j’ai entendu la chanson On va s’aimer encore de Vincent Vallières à la radio, parlant de l’amour à tout âge. J’ai pensé tout de suite aux nombreuses « moitiés de couples » rencontrées en Centre d’Hébergement et de Soins de Longue Durée. Saviez-vous que si vous avez besoin d’aller vivre en établissement public, et que vous n’avez pas les mêmes problèmes de santé que votre conjoint(e), vous n’aurez pas le choix que de vivre dans deux lieux d’hébergement différents? Peut être que « vous vous aimerez encore », mais en tout cas, passé un certain âge, vous ne pourrez peut-être plus vivre ensemble…

Par exemple, si un couple souhaite aller vivre en établissement, mais qu’un des conjoints a un besoin continu d’assistance, tandis que l’autre nécessite de l’aide pour quelques tâches de la vie quotidienne seulement, alors ils seront sans doute orientés vers des établissements distincts. En effet, les centres d’hébergement accueillant des aînés dits  « semi-autonomes », n’hébergent généralement pas les aînés « en grande perte d’autonomie », et vice-versa.

S’il y a un jour où il faut réagir, c’est bien le jour de la Saint-Valentin! C’est effroyable de savoir que des couples sont séparés dans deux établissements différents, faute de place, faute de chambre double disponible, de maladies « compatibles », de degrés d’autonomie différents… Faute de chance? Aucune de ces raisons ne justifient à mes yeux tant de cruauté! De quel manque d’humanité ou de quelle absurdité faisons-nous preuve ? Bientôt, il faudra penser à réserver sa place en résidence au moment où l’on s’inscrit en garderie ou en CPE!

Parfois les vieux amoureux, aussitôt séparés dans leur logement respectif, vivent dans la solitude et l’isolement, privés d’Amour. Interruption d’amour après quoi, plus d’une cinquantaine d’années de vie commune? Cette réalité est dure à comprendre… on vient même nous piquer l’amour quand on est vieux? En attendant, pour se consoler, on peut toujours écouter la chanson de Vincent Vallières. Bonne Saint-Valentin à toutes et à tous!

 Quand on verra dans l’miroir, nos faces ridées pleines d’histoires […]
Quand la maison sera payée, qu’il restera plus qu’à s’aimer, […]
Quand nos têtes seront blanches qu’on aura de l’expérience,

Quand plus personne va nous attendre, qui restera plus rien qu’à s’éprendre […]
Quand les temps auront changé qu’on sera complètement démodés […]
Quand sans boussole sans plan, on partira au gré du vent! […]

…on va s’aimer encore.

Maison de retraite, pas question!

… C’est ce qu’ont décidé des aînés de Washington, qui ont choisi de vivre en « village d’entraide » et ainsi rester dans leur domicile et leur communauté. Vieillir chez soi, c’est possible pour les aînés du quartier Capitol Hill de Washington!

Comment?

Pour eux, il n’était pas question de quitter leur domicile. De cette volonté de rester chez soi et de conserver leur indépendance est née l’association à but non lucratif Capitol Hill Village, existant depuis 2007 et qui forme l’un des 66 « villages » aux États-Unis inspirés d’un modèle développé dans le quartier Beacon Hill à Boston en 2001. Le concept du « village » a été mis sur pied par des aînés qui voulaient rester à leur domicile et qui nécessitaient toutefois des services de transport, de soins et de travaux ménagers. Ce concept a pris la forme d’une association à but non lucratif qui fonctionne sur la base d’une cotisation annuelle.

Le Capitol Hill Village comprend 360 membres (dont 260 foyers) et compte sur la collaboration de 215 bénévoles qui assurent le contact téléphonique avec les habitants et les accompagnent pour un rendez-vous chez le médecin, pour remplir des papiers administratifs ou faire l’entretien ménager. Le « village » offre également diverses activités culturelles et sportives.

Aux États-Unis, l’aide sociale est peu présente auprès des aînés, le désir de s’organiser en communauté est donc une caractéristique qui n’est pas rare. D’après Candace Baldwin, codirectrice de Village to Village Network, l’organisation qui coordonne ces « villages », il s’agit d’une façon de vieillir dans son quartier qui intéresse de plus en plus de gens.

En France, certaines initiatives « alternatives » ont aussi été développées. Certaines municipalités proposent des appartements communaux afin de permettre aux personnes âgées de rester dans leur village. Comme alternative originale à la maison de retraite, un groupe de femmes âgées entre 55 et 80 ans ont initié depuis 2001, le projet de la maison des « babayagas », un concept d’une maison de retraite autogérée, écologique, solidaire et citoyenne. Il s’agit d’un projet de coopérative d’habitants regroupant des appartements de 50m2 avec des espaces collectifs tels qu’un jardin potager. Cette idée est venue de ces femmes qui ne souhaitaient pas vivre dans un milieu dans lequel elles se sentiraient refermées sur elles-mêmes, ou exclues de leur commune. De cette façon, elles demeurent actives dans leur ville et partagent leur expérience de vie en proposant notamment des cours de langue, de tricot ou d’aide scolaire.

Pour en savoir davantage sur le Beacon Hill Village, visionnez le reportage de CBS News en cliquant ici.

Même au cinéma, on présente l’idée d’une communauté d’habitation entre personnes aînés. Il s’agit du film « Et si on vivait tous ensemble? » réalisé en 2010 par Stéphane Robelin traitant de l’histoire de cinq amis de longue date qui décident de vivre en communauté pour échapper à la maison de retraite. Comme quoi, il s’agit d’une vraie tendance! Voici la bande-annonce.

Nombreuses sont les alternatives à la vie en maison de retraite, nous pouvons penser entre autres aux maisons intergénérationnelles, aux coopératives d’habitation, aux domiciles adaptés, etc. Et vous, quel concept vous plaît le plus?