Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Générations solidaires : une 26e Semaine de l’Amitié n’a pas d’âge

Mme Lisette Lapointe, première marraine de la Semaine L’Amitié n’a pas d’âge
Crédits photo : Voir.ca

En 2012, une motion déposée sous l’impulsion de Lisette Lapointe, députée de Crémazie, a été adoptée à l’Assemblée nationale pour reconnaître le 25 mai de chaque année comme la Journée québécoise de l’Amitié n’a pas d’âge. Le but de cette reconnaissance est de « faire connaître cet événement à travers le Québec afin de souligner l’importance des échanges intergénérationnels, de favoriser un réel rapprochement entre les générations et, ainsi, assurer une société ouverte et solidaire »[1]. Le vieillissement des populations entraîne certaines transformations sociales et démographiques où la répartition équitable des ressources et les rapports humains harmonieux entre les âges et les générations deviennent incontournables pour l’avenir de notre société.

Au cours de la 26e Semaine de l’Amitié n’a pas d’âge, qui a eu lieu du 19 au 25 mai, sous le thème   « Conjuguons passé et présent pour notre futur », plus de 10 000 personnes à travers l’île de Montréal et dans diverses régions du Québec ont réalisé et bénéficié d’activités qui visent à mettre en relation les plus jeunes et les personnes aînées, afin que ceux-ci partagent entre eux divers intérêts communs, expériences, connaissances, permettant ainsi de mieux se comprendre mutuellement.

Le Gala de l’Amitié, qui s’est tenu le 17 mai dernier à la Maison de la culture d’Ahuntsic a permis de rassembler de nombreux membres de l’Association, organismes communautaires, élus municipaux et plusieurs autres personnes préoccupées par les relations intergénérationnelles. Le Gala a été l’occasion de nommer les projets en nomination dans différentes catégories proposées dans le cadre du concours de l’Association et les projets gagnants ont été annoncés.

Les projets retenus par le jury ont été les suivants :
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Lauréat | Catégorie Impact sur la communauté 

  • Titre du projet : L’intergénérationnel de Petit Espoir
  • Organisme porteur du projet : Centre communautaire Petit Espoir et bibliothèque Marius-Barbeau

En quoi le projet consiste-t-il ?

Mentorat en informatique d’étudiants auprès des aînés
Café-rencontre intergénérationnel
Bulletin trimestriel où sont regroupés des sujets touchant différentes générations

Lauréat | Catégorie Continuité

  • Titre du projet : Académie des retraités de l’Outaouais – Programme de motivation Jeunesse
  • Organisme porteur du projet : L’Académie des retraités de l’Outaouais et le programme Motivation Jeunesse

En quoi le projet consiste-t-il ?

Rencontres entre adolescents et retraités dans le cadre de la formation préparatoire au travail où ils échangent entre eux sur des sujets qui les préoccupent : amour, confiance en soi, marché du travail ou autres.

Lauréat | Catégorie Projet à caractère novateur

  • Titre du projet : L’art contemporain au CHSLD
  • Organisme porteur du projet : CHSLD Providence Notre-Dame de Lourdes et les artistes partenaires

En quoi le projet consiste-t-il ?

Situé dans Hochelaga-Maisonneuve, ce CHSLD voulait rendre accessible l’art contemporain à une clientèle qui n’y est pas habituée. Deux artistes en résdience ont donc  réalisé du tricot-graffiti sur le mobilier urbain (lampadaires) avec les résidents. Lors de la Journée des grands-parents, une artiste a réalisé un atelier d’écriture avec les résidents. Des messages furent glissés dans des biscuits chinois et distribués à des passants.

tricot-graffiti
source : Radio-Canada

Ce projet a constitué un coup de cœur pour la TCAÎM ! 

Lauréat | Catégorie Projet porté par les jeunes

  • Titre du projet Destination Sénégal 2012
  • Organisme porteur du projet : Carrefour Jeunesse Emploi LaSalle

En quoi le projet consiste-t-il ?

Accompagnement de deux personnes aînées agissant à titre de mentors lors d’un projet de coopération internationale dans un orphelinat au Sénégal.

Lauréat | Catégorie Projet porté par les aînés

  • Titre du projet : Maison des grands-parents de Laval
  • Organisme porteur du projet : Maison des grands-parents de Laval et partenaires

En quoi le projet consiste-t-il ?

1er volet : Visites d’élèves du primaire dans les résidences de personnes âgées afin de favoriser les échanges entre les jeunes et moins jeunes et initier les jeunes au bénévolat.
2e volet : Journée intergénérationnelle qui se tient tous les ans : ateliers et pièce de théâtre

Notons que dans cette catégorie, nous souhaitons également faire la mention d’un projet que nous avons apprécié, soit le projet du Conseil des aîné(e)s de N.D.G. et le CSSS Cavendish-CAU intitulé Partager le transport en commun (Seniors on the move). L’objectif de ce projet était la promotion d’une éducation sur les enjeux du transport en commun, particulièrement sur les difficultés vécues par les personnes âgées. Ateliers de sensibilisation et d’échanges dans les écoles secondaires où sont réunis adolescents et personnes âgées.

Lauréat | Catégorie Activité occasionnelle

  • Titre du projet : De l’enfance à la retraite
  • Organisme porteur du projet : AREQ secteur Hull-Aylmer

En quoi le projet consiste-t-il ?

Exposition d’arts et d’artisanat sous le thème « De l’enfance à la retraite ».

Lauréat | Catégorie Activités réalisées durant la Semaine

  • Titre du projet : Le demi-marathon des générations
  • Organisme porteur du projet : Demi-marathon des générations/Partenaires 12-18 de Laurierville

En quoi le projet consiste-t-il ?

L’événement qui se tient depuis 7 ans dans la MRC de l’Érable, se veut une rencontre familiale et intergénérationnelle qui offre ses profits réalisés à divers organismes de la région.

Lauréat | Catégorie Coup de cœur

  • Titre du projet : L’impro n’a pas d’âge par Béatrice Phaneuf

En quoi le projet consiste-t-il ?

Dans le cadre de son projet personnel à l’École d’éducation internationale de Laval, Béatrice Phaneuf a choisi de créer un guide d’animation en improvisation intergénérationnelle afin de faire participer des personnes de tous les âges !

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L’Association a également rendu un hommage à la Semaine l’amitié n’a pas d’âge de la Jamésie région du Nord-du-Québec,  lors de laquelle 12 projets ont permis de réunir 350 jeunes et aînés sur le territoire.

Félicitations à tous les récipiendaires de l’Association l’Amitié n’a pas d’âge qui nous inspirent par leurs idées et projets qui, par souci d’inclusion et de solidarité, unissent les jeunes et les aînés afin que tous, par le biais du sport, de l’art, de la cuisine ou du jardinage, puissent s’épanouir individuellement et collectivement par de nouvelles façons.

Le saviez-vous ? Un espace web pour favoriser les échanges intergénérationnels…

La TCAÎM a développé au cours des derniers mois une plateforme web disponible à même la page d’accueil de son site afin de stimuler les échanges intergénérationnels sur divers sujets d’intérêts ? Cette plateforme se nomme Les @tomes crochus et nous vous invitons à vous y inscrire et à participer à cette communauté grandissante qui permet de rassembler des internautes de différentes générations ! Accédez-y par la page d’accueil ou visitez le www.tcaim.org/questions.

Des leaders chevronnés à la défense des droits humains et de la paix dans le monde

Source : The Elders

En 2007, à Johannesburg, l’ex-premier ministre de l’Afrique du Sud et lauréat du Prix Nobel de la Paix, Nelson Mandela, décide de recruter des personnalités politiques renommées afin de fonder un groupe indépendant hors du commun, intéressé par les questions de la paix et des droits humains à travers le monde.Étonnant de savoir que cette idée est issue d’une discussion entre nul autre que l’homme d’affaires Richard Branson et le musicien Peter Gabriel ! En effet, ils  s’étaient questionnés sur la possibilité que dans un village global tel que le nôtre, un petit groupe d’individus puisse user de leur expérience individuelle et collective, ainsi que de leur influence, pour s’attarder aux enjeux touchant notre planète…  En fait, ils avaient tout deux observés que dans plusieurs communautés à travers le monde, on se tourne encore souvent vers les aînés afin de demander conseil et même résoudre certains problèmes.

Préoccupés par des conflits et des problématiques d’envergure

Avec l’archevêque Desmond Tutu comme président de l’organisation, The Elders détient un prestige indéniable grâce à ses 9 autres recrues d’expérience telles que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies et lauréat du prix Nobel de la Paix et Jimmy Carter, ex-président des États-Unis et négociateur vétéran pour la Paix. Leurs interventions cherchent à soutenir diverses communautés dans le cadre de conflits mondiaux, notamment en Côte-d’Ivoire, au Moyen-Orient, au Soudan, au Zimbabwe et au Sri Lanka, en plus d’accomplir des actions diplomatiques en Corée du Nord, de discuter des changements climatiques au Sommet de Rio et de combattre le mariage forcé des enfants dans les pays en développement.

Aînés+Jeunes : une force de réflexion liant idées et nouveaux médias

Au printemps 2012, les Aînés et quatre jeunes activistes ont entamé un débat intergénérationnel sur les changements nécessaires afin d’assurer un futur durable pour notre planète au cours de la Conférence des Nations Unies pour un Développement Durable, Rio 20+.

Le projet intitulé Elders+Youngers réunissait chez les Aînés : Gro Harlem Brundtlan, ex-première ministre de la Norvège et première femme occupant cette fonction de pouvoir, Fernando Henrique Cardos, ex-président du Brésil et Mary Robinson, première femme présidente d’Irlande et haute commissionnaire aux Nations Unies pour les droits humains. Du côté des plus jeunes, on retrouvait Marvin Nala de la Chine, Sara Svensso de la Suède, Pedro Telles et Esther Agbarakwe du Nigéria. Le travail des Aînés avec les jeunes a permis de comprendre les besoins de la société d’aujourd’hui sans compromettre les besoins des futures générations. À travers leurs conversations, les Aînés et les Jeunes ont relevé l’urgence et le besoin d’entamer un dialogue intergénérationnel, fondé sur l’égalité et non sur le principe du mentorat, à propos des plus grands problèmes de la société. Ce dialogue s’est fait en partenariat avec la Global Campaign for Climate Action.

Les leçons tirées par cette collaboration fructueuse entre jeunes leaders et anciens leaders seront appliquées à travers le travail futur de The Elders afin d’impliquer davantage les jeunes dans leurs actions, comme le souligne le rapport du projet. Il faut d’ailleurs préciser que cette initiative a permis de réaliser plusieurs vidéos diffusés sur YouTube, ainsi que de développer les communautés virtuelles présentes sur Facebook et Twitter afin de rejoindre de nouvelles audiences… à quand une prochaine expérience ?

Vidéo (en anglais seulement) ELDERS+YOUNGERS : C’est notre futur, c’est notre tour


Vidéo (en anglais seulement) – Introduction à l’organisme The Elders

Conversations spontanées, phénomènes rares

Ce matin, j’attends le bus tranquillement lorsque j’aperçois un homme à l’âge avancé avec une canne marcher vers mon arrêt. Des autobus en transit sans passager s’approchent du point d’arrêt. L’homme à la démarche titubante tente de lire le numéro de l’autobus afin de savoir s’il s’agit du bon véhicule, celui qui devait le transporter à son rendez-vous médical.

En attendant le bus dans le froid automnal, nous discutons de sa vie, des bonnes années de Montréal qui, selon lui, se situaient entre 1950 et 1980, des rapports entre les gens, beaucoup plus simples que maintenant, comme il disait, du système de transport, de la courtoisie, de son immigration de l’Europe de l’Est à 20 ans, bref de la vie, de la mienne et de la sienne. Il me donne même son âge : 81 ans. Il me demande aussi si j’ai connu la tempête de 1972… je lui réponds que je n’étais même pas née ! Pour lui, la rencontre avec un inconnu n’est pas un obstacle, mais une occasion saine de communiquer.

Je comprends tout d’un coup pourquoi il regarde impatiemment sa montre… Il est attendu pour une chirurgie locale afin de remplacer son pacemaker qu’il a depuis une dizaine d’années déjà.  Ce monsieur me confie qu’il se rend seul à tous ses rendez-vous médicaux, sans un ami ou membre de sa famille. Aujourd’hui, par contre, la chirurgie est une première à l’hôpital où il doit se rendre pour 10h. En voyant finalement le bus arriver, je lui promets de renseigner le chauffeur de sa destination. Durant le trajet, nous continuons de placoter, lui me disant qu’il n’était pas facile de s’adresser aux gens de nos jours. C’est vrai qu’on a souvent les yeux rivés sur le cellulaire, les écouteurs de iPod bien enfoncés dans les oreilles ou l’esprit plongé dans un livre. Peut-être que la vraie richesse humaine se trouve tout juste à côté de nous ? Je dois quitter cet homme pour me rendre au boulot. Je prends la peine de rappeler au chauffeur que le monsieur à la canne doit se rendre à l’hôpital qu’il m’avait bien indiqué.

Je réalise à quel point l’histoire de cet homme octogénaire et l’insécurité qu’il vivait en se dirigeant seul pour un rendez-vous médical est une situation vécue par un grand nombre de personnes aînées à Montréal comme dans les régions du Québec. Ça me pousse à réfléchir sur l’ouverture que nous devons davantage développer envers les personnes qui nous entourent, particulièrement les aînés, qui ont des souvenirs et autres sujets à partager, mais qui n’ont parfois que très peu de personnes à qui les raconter.

Tendre l’oreille, souvent, peut apporter le plus grand bien. Je me rappelle qu’en sortant, le monsieur m’a gentiment remercié de lui avoir prêté compagnie. Une reconnaissance qui vaut son pesant d’or.

Clichés d’aînés loin du préjugé

Francine Jacquier photographiée par Julie Bretaud

Il ne faudrait pas sous-estimer la puissance de l’image… et de l’effet positif qu’elle peut produire sur la perception de soi notamment quand nous n’avons plus 20 ans. La photographe française Julie Bretaud a compris rapidement ce que la photo pouvait apporter aux personnes aînées. Dans son projet « Ma bulle d’oxygène »  (2009), elle a choisi de valoriser l’image des retraités et de sensibiliser les jeunes générations aux conditions de vie des plus âgés. Cette démarche artistique lui a permis de produire une élégante série empreinte de vérité et de sensibilité comprenant 30 portraits d’aînés de la maison de retraite St-Joseph (Nantes, France) soufflant des bulles de savon.  La photographe tient son inspiration de son implication à titre de bénévole pour l’organisme les Petits frères des pauvres en France (existant également au Québec). Lors de son passage à l’organisme, elle notait souvent que les aînés les plus isolés avaient très peu de photos d’elles-mêmes et même de leur propre famille. L’idée lui ai donc venue de revaloriser ces personnes par l’entremise de son objectif et de démontrer l’intérêt que les aînés peuvent susciter comme sujet photographique.


« Ne craignant pas de bousculer certaines conventions, elle fait poser ses modèles du quatrième âge avec des guitares électriques. Pas pour choquer, mais juste pour montrer ce que d’autres préfèrent cacher : la vieillesse, tout simplement. » (Tiré du site de Julie Bretaud


L’expérience de ce premier projet photo a fait naître une suite de nouveaux projets mettant toujours en scène des aînés. En 2011, elle réalise « Quand l’appétit va… Tout va ! », une série humoristique de 50 portraits d’aînés sur le thème de la gourmandise. S’ensuit un autre projet intitulé « Vivre et Vieillir en foyer logement : un autre regard » qui présente 20 portraits de résidents aînés dans leur logement accompagnés de leur objet fétiche et d’une phrase les caractérisant. Les objectifs de son œuvre rassemblant ses différents projets restent sensiblement les mêmes : offrir une meilleure visibilité aux aînés dans une société qui, encore aujourd’hui, ne donne pas la place à laquelle les aînés devraient avoir droit et briser l’isolement chez ceux-ci.

Pour en savoir plus sur les projets de Julie Bretaud, visitez son blogue !


Vernissage de l’exposition « Ma bulle d’oxygène » par mabulledoxygene

Capter l’instant d’une vie

Affiche officielle de l’exposition Toute ma vie de Marie-Pier Giasson

Comme quoi un rêve peut souvent mener loin… Pour Marie-Pier Giasson, photographe originaire de Rouyn-Noranda, son rêve s’est littéralement matérialisé en un projet artistique. Après que sa tante lui ai suggéré de faire des personnes âgées son prochain sujet photographique, elle s’est mise à voir plein de photos défiler dans sa tête pendant son sommeil, « des sujets aux regards remplis de vécu et aux mains remplies de sagesse ». Sortie de ses songes, Marie-Pier entreprend son projet et contacte la Résidence Saint-Pierre, ainsi que la Maison Pie-XII, deux résidences pour aînés. À la suite de multiples visites et de riches rencontres, elle réalisera une série de 13 portraits intitulée « Toute ma vie ».

« Un jour, ma tante m’appelle : « Marie-Pier, j’ai eu un flash ; tu dois photographier des personnes âgées. Ça va t’apporter quelque chose de gros qui va changer ta vie ». Je me suis demandé ce qu’elle voulait dire par là. » (source : Page Facebook Marie-Pier Giasson Photographie

Tout au long de sa démarche, la photographe souhaitait résumer la vie de chacun par le biais d’une seule photo, capter leur vécu à travers leur visage, leur expression et leurs mains… L’exposition en sépia se termine par une photo couleur d’un nouveau-né afin  d’illustrer le cycle de la vie. À chaque mort survient une naissance, une vision poétique, mais aussi réaliste du processus de la vie. « C’est ma manière de montrer que le cycle se termine par le début d’un autre », précise la photographe. L’artiste trouve que l’intensité du regard des aînés qu’elle a rencontrés et leurs rides sont d’une grande beauté sur pellicule, puisque le visage ayant du vécu, parle, témoigne d’une histoire à partager. En plus, les aînés apprécient souvent beaucoup parler de leur vie, de leur passé.


« Toute ma vie, je la dédie à toutes les personnes âgées de cette Terre, car ils ont tellement de choses à nous apporter par leur gentillesse, par leur expérience, ils constituent notre histoire. L’exposition est là jusqu’au 2 septembre au Cabaret de Rouyn-Noranda. » (source : Page Facebook de l’événement du vernissage)


Pour mieux connaître l’œuvre de la jeune artiste, visitez sa page Facebook !

 Lisez l’article de l’Abitibi-Express au sujet de l’exposition. 

Visionnez la vidéo du vernissage de « Toute ma vie »

Le partage de savoirs entre générations, un ingrédient stimulant pour l’emploi et le bénévolat ?

Des citoyens de tous âges, Nantes, France. Crédit photo : J. L.

L’« intergénérationnel » est devenu un mot bien à la mode. Pourquoi donc ?

Collaboration spéciale
Auteure : Amanda Cousy, étudiante au Master Communication et Générations, parcours Seniors – Université de Bordeaux III

Parce qu’on reconnaît le besoin de s’ouvrir davantage aux générations qui nous ont précédés ou qui nous suivent. L’héritage de notre culture passe par les générations plus anciennes et l’avenir de celle-ci se tient entre les mains des générations nouvelles et à venir. Chaque génération apporte un point de vue différent à l’égard de la société. En plus, on découvre de plus en plus la richesse qu’apporte le « mélange » des générations, par exemple entre enfants et grands-parents, mais aussi entre adolescents et nouveaux retraités, ou bien entre jeunes adultes et aînés du troisième âge. L’intergénérationnel, c’est aussi apprendre à mieux se comprendre, à unir nos forces face aux enjeux qui nous touchent tous de près ou de loin et de mieux intégrer tous les âges à la communauté.

Le milieu de l’emploi n’échappe pas à l’intérêt porté à l’intergénérationnel. Les employés plus âgés et expérimentés sont appelés à transmettre leurs savoirs aux plus jeunes. Le transfert des compétences devient ainsi une force pour une organisation qui souhaite motiver ses employés et conserver l’expertise développée au fil du temps. Il importe donc de le valoriser !

Le « contrat de générations » des entreprises françaises

En France, plusieurs initiatives favorisant les liens intergénérationnels entre travailleurs apparaissent de plus en plus. Le nouveau Président de la République française, François Hollande, incite les entreprises à entreprendre cette voie en créant « le contrat de générations ». Le but est de favoriser l’emploi des jeunes et maintenir en poste les travailleurs seniors, une mesure qui aiderait à lutter contre le chômage de ces groupes de travailleurs. Ce « contrat de générations » consisterait à embaucher de manière permanente (CDI – contrat à durée indéterminée) un jeune de moins de 25 ans placé sous le tutorat d’un travailleur senior de plus de 55 ans. Cette mesure permettrait une plus grande stabilité afin que les plus anciens puissent rester en emploi et partir à la retraite dans de bonnes conditions. Pour les jeunes, cela leur donnerait la possibilité d’entrer sur le marché du travail avec un contrat à durée indéterminée, un statut d’emploi plutôt difficile à dénicher pour les jeunes Français. Dans le milieu de l’emploi, l’heure est donc à l’intergénérationnel. Mais on peut se demander comment les jeunes, premiers concernés, vivent cette tendance.

L’expérience intergénérationnelle dans le milieu du bénévolat

Pour cela, j’ai sondé Stéphanie, une Française qui travaille au Centre d’action bénévole de Montréal, en tant qu’agente de liaison aux Services alimentaires bénévoles, depuis un peu plus d’un an.

Son double regard comparatif sur la société française et la société canadienne nous permet de comprendre la place qu’occupe l’intergénérationnel dans le travail dans les deux pays. L’intergénérationnel est pour elle « une communion entre deux générations ». Elle a appris beaucoup sur les relations humaines. « Ce sont des personnes qui ont beaucoup à donner », ajoute-t-elle. Une des choses qu’elle préfère est le partage des connaissances. Selon elle, « c’est au niveau du bénévolat que l’intergénérationnel est le plus présent ». Les bénévoles  lui apprennent beaucoup de part leurs connaissances, leurs savoir-faire et leur savoir-être également, quelque soit leur âge. Dans les relations de travail, que ce soit en France ou ici à Montréal, Stéphanie « n’a jamais ressenti de difficulté d’intégration dû à l’âge ». Pour elle, la différence se retrouve davantage sur le fait que les employeurs rencontrent ici des difficultés à recruter des personnes plus âgées.

À son arrivée au Centre d’action bénévole, une popote roulante l’a interpellé : le Santropol Roulant. Ce sont en majorité des jeunes qui servent les repas aux aînés. Parfois même, trois ou quatre générations se côtoient et travaillent ensemble… un exemple qui, on l’espère, inspirera d’autres organisations à emboîter le pas de l’intergénérationnel !

Indignés de tous âges, unis pour la Terre

© Claudia Grégoire

Encore demain, plusieurs d’entre nous se recroiserons et continuerons à se dire fièrement : «J’y étais». Pour les centaines de milliers de citoyens présents le 22 avril dernier pour souligner le Jour de la Terre, cet évènement a certainement été mémorable. Du centre-ville jusqu’au Mont Royal, poumon vert de Montréal, les Québécois et Québécoises ont fait preuve dimanche après-midi de leurs convictions profondes envers le bien commun et la protection des ressources naturelles de notre belle province.

Durant cette marche, nous avons pu constater que cet enjeu que représente l’environnement, aussi vaste puisse-t-il être, intéresse des individus de toutes les générations… Dimanche dernier, enfants, adolescents, jeunes adultes, parents, grands-parents et même arrière-grands-parents se sont côtoyés et ont marché pour la cause qui leur est chère. Des indignés de tous âges… qui manifestent pour préserver ce que nous avons de plus précieux, la terre sur laquelle nous vivons. Plusieurs personnalités aînées ont été aperçues dans la foule dont le chansonnier Gilles Vigneault, le sculpteur Armand Vaillancourt, l’artiste-peintre Frédéric Back et la comédienne Jeanine Sutto. Le 22 avril 2012, nous avons assisté à un véritable exemple de solidarité intergénérationnelle!

Selon Frédéric Back, «l’homme qui plantait des arbres», âgé de 88 ans, «nous ne sommes pas la dernière génération, mais en voyant la manière d’agir des gens, c’est comme si on était les derniers et qu’on tentait de se dépêcher.» Mais de cette façon, on se dirige tout droit vers un déluge… (Pour voir son entrevue intégrale, cliquez ici.) Charles Boulos, ex-enseignant et homme d’affaires, exprimait sa pensée à l’égard de notre héritage collectif : «Nous ne pouvons pas léguer à nos générations futures nos problèmes, ce serait lâche.» (Pour voir son entrevue intégrale, cliquez ici). Ces témoignages nous démontrent qu’il n’y a pas d’âge pour avoir une conscience environnementale et encourager des changements politiques en sortant dans les rues.

En sachant que les diverses générations du Québec se mobilisent ensemble pour un avenir meilleur pour tous et surtout, dans le but d’éveiller les décideurs à faire des choix justes et sains pour la société, nous pouvons croire que l’action collective est un puissant catalyseur des forces et des esprits de la population.

Nous vous invitons à voir ou revoir cette touchante vidéo présentant Frédéric Back et Émilien Néron, jeune comédien du film Monsieur Lazhar, plantant un chêne à l’occasion du rassemblement du 22 avril.

L’intergénérationnel ou savoir tisser des liens entre les âges

À quoi pensez-vous lorsqu’on évoque le mot « intergénérationnel »? À la transmission des savoirs des plus anciens aux plus jeunes? Mais pourquoi ne pas penser l’inverse aussi? L’intergénérationnel est avant tout un échange à deux sens.

Génération Y, X, baby-boomers, 3e âge, 4e âge… la cohabitation des multiples générations est une nouvelle donne. Dans ce contexte, sensibiliser chacun à ces différences, c’est s’assurer de réduire le fossé intergénérationnel et que toutes les générations trouvent leur place et leur utilité dans la société. C’est aussi s’assurer que certaines générations ne s’isolent pas, mais bien qu’elles puissent aller à la rencontre des autres.

Un colloque novateur sur ce thème a eu lieu récemment. Dans son tout premier colloque « Rapprocher les générations, une urgence! », l’Association L’amitié n’a pas d’âge nous a rappelé que les liens entre les différentes générations formant notre société sont essentiels et rapportent à tous. À Montréal et ailleurs au Québec, le nombre de projets intergénérationnels abonde! Le colloque nous en a fait découvrir quelques-uns…

Créer son propre blogue à 70 ans? Pourquoi pas! Avec le projet Inter@ge du Centre des aînés du réseau d’entraide de Saint-Léonard, des jeunes d’écoles primaires jumelés à des aînés ont permis à ces derniers de se familiariser avec les outils du web.

La correspondance intergénérationnelle a aussi beaucoup de succès. Au Centre d’action bénévole de Valleyfield, on troque régulièrement le clavier d’ordinateur pour la  « bonne vieille plume »… pas mal! Une classe du primaire a ainsi décidé de se jumeler avec des bénévoles aînés afin de correspondre par écrit et partager leur quotidien.

Au Santropol Roulant, des étudiants préparent et livrent des repas aux aînés. Par exemple, l’organisme propose un programme intergénérationnel qui favorise les rencontres et les discussions entre les personnes âgées et les jeunes, aidant à briser leur isolement. De plus, dans la cuisine du Santropol, les recettes de bénévoles aînés se mêlent à celles du chef cuisinier et des bénévoles apprentis cuisiniers.

Pendant le colloque, divers ateliers en tables rondes ont été organisés afin de débattre sur les activités intergénérationnelles et sur les pistes nouvelles que nous pourrions envisager. Du travail reste à faire pour devenir une société intergénérationnelle, mais à l’aide des nombreuses initiatives créatives qui se développent en ce moment, nous sommes en bonne voie!

L’interaction entre les générations permet à coup sûr pour chacun d’en retirer de précieux bénéfices. Le programme GenerAction de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada en expose plusieurs. Dans le cas des aînés, il s’agit d’une occasion de partager leur expérience de vie et de mieux connaître les jeunes d’aujourd’hui. Quant aux jeunes, l’intergénérationnel permet de réduire les stéréotypes associés aux aînés et de les sensibiliser à l’âgisme. À cela s’ajoute une augmentation de l’estime de soi pour tous. Cliquez ici pour en connaître davantage.

Dans le même thème, le Rendez-vous national des générations de l’Institut du Nouveau Monde, qui a eu lieu le 15 et 16 octobre dernier à Montréal, a abouti à l’adoption de la Déclaration des générations, un nouveau contrat social issu des consultations intergénérationnelles qui ont rassemblé, pendant deux ans, 4000 citoyens de tous âges et de toutes les régions du Québec. Lors de cette fin de semaine, le Rendez-vous national des générations a réuni près de 200 personnes pour échanger sur les enjeux du vieillissement pour la société. L’Institut du Nouveau Monde a pour projet de présenter cette Déclaration à l’Assemblée nationale afin que le gouvernement s’en serve comme guide pour mettre en place des politiques intergénérationnelles. Pour consulter la Déclaration, cliquez ici.

Depuis près de 25 ans, l’Association L’Amitié n’a pas d’âge a pour mission de favoriser le rapprochement entre les aînés et les jeunes pour le développement d’une société plus inclusive et solidaire. Elle cherche à réduire les préjugés des jeunes à l’égard des aînées et des aînés envers les jeunes, de même qu’à offrir aux aînés des occasions de transmettre leurs savoirs.

Lisez le bulletin de l’automne 2011 de l’Association n’a pas d’âge

Partagez-nous votre vision de l’intergénérationnel ou tout simplement une activité intergénérationnelle qui vous tient à cœur!