Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Jacques Languirand, militant de l’environnement

Jacques LanguirandÀ l’aube de ses 82 ans, l’animateur, dramaturge, écrivain, comédien, touche-à tout et encyclopédie vivante, Jacques Languirand, s’engage pour une 11e année consécutive comme porte-parole pour le Jour de la Terre du 22 avril prochain, organisé depuis 1995. Cette année, le porte-parole a fait le choix de reprendre le thème de l’an dernier, soit le lien avec l’environnement et la santé, un thème auquel tout le monde est sensible, puisque la santé est un facteur fondamental à la vie. Selon lui, l’avenir de notre planète ne consiste par seulement en de grands concepts géographiques dont les impacts peuvent paraître abstraits aux yeux de certains, les impacts sont réels pour nous : « […] ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais aussi notre qualité de vie. Prenons seulement la question de l’air et de l’eau, deux éléments essentiels à notre survie. Ne pas se préoccuper de la qualité de l’air et de l’eau équivaut à mettre notre survie en danger.»*

M. Languirand, qui a traversé déjà plusieurs décennies, affirme qu’il y a eu du progrès concernant la sensibilisation à l’environnement, les actions concrètes permettant de diminuer la pollution et la connaissance des problèmes liés à la planète, mais beaucoup de travail reste à faire… D’après lui, le Jour de la Terre, c’est aussi tous les jours de l’année. Il ajoute également que cela dépend de nous si le désastre s’avère plus grand que le progrès. Tout repose principalement sur l’impact des activités humaines.

En plus de représenter une personnalité inspirante pour les participants de cette journée, Jacques Languirand, a également servi de modèle pour la nouvelle webtélé du Jour de la Terre avec sa propre webtélé Les Repères de Languirand qu’il a créée en 2008. À la fois animateur de l’émission Par 4 chemins sur les ondes de Radio-Canada depuis 41 ans, un exploit de longévité radiophonique, M. Languirand s’est lancé dans le web afin de partager quotidiennement ses découvertes littéraires par le biais de capsules vidéo. Nicole Dumais, initiatrice du site Repère.tv, indique qu’on y retrouve déjà près de 1000 vidéos sur le site ! Jacques Languirand est non seulement un communicateur d’expérience très actif mais aussi très productif !

Quelle fierté que d’avoir un porte-parole aussi fidèle à la cause de l’environnement, un enjeu qui touche toutes les générations sans exception. Jacques Languirand à l’insatiable curiosité nous transmet sa vision du monde présent et futur, teintée de son grand vécu, de son intelligence, de l’espoir qu’il possède envers la fraternité humaine et intergénérationnelle, ainsi que la volonté de chacun de pouvoir changer positivement les choses.

Le 22 avril, participerez-vous à ce mouvement ?

Découvrez le témoignage de Jacques Languirand sur la webtélé du Jour de la Terre

Entrevue d’Édith Cochrane en compagnie de Jacques Languirand et Nicole Dumais (cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo!)

Jacques Languirand, Nicole Dumais et Édith Cochrane

* Article de Pierre Vallée, 21 avril 2012, Le Devoir 

Ceux qui vont au bout d’eux-mêmes

Dr. Berthier Bourque et Jacques Leclerc, Lancement du livre Au coeur de l’image des aînés

On ne soulignera jamais assez l’apport majeur de nombreux hommes et femmes aînés dans notre société. L’organisme Vivre dans la dignité a pris cet énoncé au pied de la lettre en lançant, à la mi-février, un recueil de textes et d’images intitulé Au cœur de l’image des aînés exposant 15 personnalités âgées entre 55 et 105 ans, aux récits de vie touchants et inspirants. Quinze portraits démontrant l’expérience, la sagesse acquise au fil du temps et le talent de personnes dédiées à leurs champs d’intérêts respectifs.

Des modèles, il y en a de tous les âges, mais la sélection de ce recueil ne vous laissera pas indifférent. Le but de ce projet, financé par le programme fédéral Nouveaux Horizons pour les aînés, vise à mettre un frein à l’âgisme et à susciter une prise de conscience quant à l’importance que nous devons accorder à nos aînés.

Comme le dit si bien Jacques Leclerc, l’aventurier globe-trotter âgé de 64 ans dans l’entrevue-vidéo : « …la date d’expiration, on ne la connaît pas. Je mords dans la vie ». Du côté de Lucille Pacaud, qui a célébré son 105e anniversaire en août 2012, elle prend tout simplement la vie comme elle vient. Après 35 ans de service pour la Dominion Textile, elle décide de devenir bénévole à sa retraite. En 2009, elle est désignée bénévole de l’année de l’Hôpital général de Montréal à l’âge de 102 ans.

«Vieillir, c’est apprécier la vie au jour le jour. » – Marie Deslauriers-Simard

À travers le recueil, on y découvre des parcours saisissants qui nous révèlent les aléas de la vie, de la maladie et de la vieillesse, mais qui deviennent, pour certains, un puissant carburant pour vivre pleinement sa vie, malgré ses incapacités. Ce livre met non seulement en lumière des défis passionnants et des parcours inusités, mais il permet aussi de partir à la rencontre d’individus remarquables, tels que le photojournaliste George S. Zimbel, reconnu pour ses photographies de Marilyn Monroe, John F. Kennedy et Jackie Onassis.

De ce livre découleront des outils pour contrer l’âgisme, soient un livret de sensibilisation sur les préjugés et stéréotypes à l’égard des aînés, ainsi qu’une fiche d’animation. Ces outils, qui ne sont pas encore disponibles, s’adresseront principalement aux organismes communautaires et offriront des pistes de réflexion afin de mieux faire face au phénomène de l’âgisme.

«Tout ce que je peux dire, c’est que, si je fais telle ou telle chose, c’est que mon chemin de vie m’y a conduite » – Louise-Édith Hébert

 

Couverture du livre Au coeur de l’image des aînés

Qui sont ces 15 aînés inspirants?

  • Jeannie Arsenault,  musicienne country
  • Marisa Ferretti Barth, fondatrice du Conseil régional des personnes âgées italo-canadiennes
  • France Beaudoin et Michel Desrosiers, co-fondateurs de la Maison Beaudoin-Desrosiers
  • Docteur Berthier Bourque, passionné de médecine humanitaire
  • Alice Cole, athlète de course à pied
  • Marie Deslauriers-Simard, bénévole aux soins palliatifs
  • Jean-Claude Duclos, journaliste, « la voix des aînés »
  • Madeleine Dupras, psychoéducatrice et aidante naturelle
  • Louise-Édith Hébert, membre de Mémés Déchaînées
  • Jacques Leclerc, l’aventurier-globe trotter
  • Robert Michaud, bon vivant et atteint d’une maladie dégénérative
  • Anita Muzard, artiste et atteinte d’une maladie dégénérative
  • Lucille Pacaud, centenaire et bénévole engagée
  • Gladys Pollack, recherchiste et femmes de lettres
  • George S. Zimbel, photographe de renommée internationale

Pour découvrir les témoignages vidéo des quinze personnalités mises en valeur dans le recueil, visitez la page Youtube de Vivre dans la dignité.

Quelques souvenirs du lancement du livre en photos :

Entrevue vidéo de Robert Michaud

Témoignage de George S. Zimbel, photographe, au lancement de Vivre dans la dignité

Le mur troubadour, un corpus d’œuvres entremêlant réel et imaginaire

Crédit photo : Fernande Forest

Une artiste québécoise en art actuel rayonne ce mois-ci à la Maison des Jeunes et de la Culture de Rodez par son travail photographique sur les aînés en France. Du 21 mai au 9 juin 2012, Fernande Forest a été invitée par l’Association Les petits frères des Pauvres de Toulouse afin de créer un corpus d’œuvres inspirées de sa résidence dans le petit village de Saint-Cernin dans la région Midi-Pyrénées en compagnie d’une soixantaine de personnes aînées.  « Chaque personne âgée a occupé une place de choix, inhabituelle et valorisante avec moi », souligne l’artiste.

Chacune des œuvres est présentée sous la forme de diptyque. Du côté gauche, on y retrouve la personne photographiée jusqu’au buste sur fond de pierre grise au naturel, tandis que du côté droit, l’artiste réalise un photomontage en y jumelant le portrait pied de la personne et un fond représentant un monde imaginaire et poétique. L’origine du titre «Le mur troubadour» fait d’ailleurs référence au lien entre ses créations et les poètes lyriques de langue d’oc de la région du Lot, lieu où Fernande Forest entreprit son travail photographique.

Mme Forest a voulu également faire ressortir le lien entre la personnalité de chacun et ce qui le lie au patrimoine. Cette exploration artistique a nécessité de développer des rapports de confiance entre chaque personne aînée rencontrée. La photographe insiste aussi sur le fait que le sujet dominant de ces œuvres n’est pas la personne âgée démunie ou seule, mais bien la personne humaine, son histoire, sa vulnérabilité, sa fierté, son unicité.

La relation étroite que l’artiste entretenait avec ses grands-parents maternels a été une source inévitable d’inspiration et de création tout au long de ce projet :

J’ai vécu mon enfance voisine de mes grands-parents maternels, j’avais un lien très fort avec eux. Je les ai accompagnés jusqu’à la mort. Je n’ai jamais cessé de les admirer dans toutes les étapes de leur vie. Ils font partie de mon processus de création et j’ai compris pourquoi les « vieux » me touchaient tant, là, dans le Lot, dans toute la sensibilité de leurs regards. – Fernande Forest

Crédit photo : Fernande Forest

L’exposition Le mur troubadour est en cours au Centre culturel de Rodez jusqu’au 25 février prochain et circulera dans la région Midi-Pyrénées et à Paris durant l’année. Elle fera également le saut au Québec ! De retour dans notre belle province, Fernande Forest souhaite renouveler l’expérience cette fois en compagnie de personnes aînées du Bas St-Laurent et de la Gaspésie. Mme Forest nous offre un regard à la fois introspectif et contemplatif sur l’humain, sa vie et son vieillissement. Nous avons bien hâte de voir la suite !

Noël d’antan vs Noël contemporain: notre culture engendre-t-elle de la solitude chez les aînés ?

Les célébrations des Fêtes sont souvent synonymes d’abondance, de bons repas, de soirées festives en famille et entre amis, bref, de grands moments rassembleurs. Cette vision dorée et lisse de Noël n’est pas nécessairement partagée par tous. Pour plusieurs aînés, les Fêtes deviennent plutôt une période difficile où la solitude prend le dessus en raison de l’éloignement du noyau familial, de la perte d’êtres chers ou d’amis ou l’isolement de certains en maisons de retraite. Au cours de leur vie, de nombreux aînés ont fêté Noël en famille, autour d’un repas, sans oublier la traditionnelle messe de minuit. Il est parfois bien de se rappeler que l’aspect religieux des Fêtes demeure  important pour certaines personnes aînées.

Un reportage de Radio-Canada présentait en 2011 Mme Monique Labbé, une aînée résidante de la ville d’Edmonton, ayant perdu son mari il y a quelques années, qui conseillait aux aînés de faire un effort pour s’ouvrir aux autres et ce, malgré le fait que ce soit une tâche parfois pénible. Établir des relations avec des gens lorsqu’on est aîné est primordial, pas seulement pendant les Fêtes, mais tout au long de l’année. Le manque de connexions personnelles de plusieurs aînés à l’âge avancé et la dépression associée qu’ils peuvent vivre, représente toujours un sujet tabou dans notre société. Chaque année, certaines de ces personnes décident même de se priver volontairement de nourriture ou de sommeil, symptômes d’une détresse psychologique. Tenant en compte cette réalité, nous devrions davantage faire preuve de vigilance et d’empathie envers les aînés en ce temps de réjouissance.

À ce sujet, l’organisme Les petits frères organise, comme à chaque année, le 24 décembre, des visites bénévoles  accompagnées de cadeaux à ses Vieux Amis qui ne peuvent pas sortir de chez eux. Le lendemain, un événement spécial pour les aînés est également prévu à l’hôtel Sheraton. Dans un tout autre concept, le Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux (RPCU) a initié, cette année, une campagne Facebook intitulée Visitons nos aînés, adressée aux Québécois et Québécoises afin  de les encourager à rendre visite à leur proches aînés vivant en hébergement ou à leur domicile.

Les Noël ne sont peut-être plus comme autrefois, mais il importe de se rappeler nos valeurs de solidarité et de respect, et de redonner vie à nos souvenirs de jeunesse ainsi qu’aux personnes qui ont cultivé nos traditions, reflets de ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous vous souhaitons de tout cœur un excellent temps des Fêtes !

Dîner de Noël du conseil d’administration

 

100 bougies et l’âme toujours aussi vive

Le décès d’un monument de l’architecture moderne à 104 ans tel que l’architecte brésilien Oscar Niemeyer ne passe pas inaperçu. D’abord pour son apport considérable à l’art du bâtiment, mais aussi pour l’audace dont il a fait preuve dans son travail tout au long de sa longue carrière et le fait qu’il ait complété un de ses derniers projets pour la ville de Brasilia à l’âge de 99 ans. Le départ de ce grand artiste nous fait réfléchir sur les limites humaines et surtout, sur l’impressionnant allongement de la vie qui n’a pourtant plus rien d’un phénomène d’exception.

«J’essaie de m’adapter et de penser comme si j’étais plus jeune, cela fait une différence. Les intérêts pour la vie que j’avais quand j’étais jeune sont les même que j’ai aujourd’hui.» – Oscar Niemeyer

Toujours dans le secteur des arts, vous avez peut-être déjà entendu parler de Manoel de Oliveira, auteur du film Amour de perdition (1978). Né en 1908 au Portugal, il est le seul réalisateur dont la carrière s‘étend du cinéma muet à l’ère du numérique. Pour lui, sa passion du cinéma demeure la clé de sa longévité. Son plus récent film, Gebo et l’ombre met en vedette des actrices aux parcours cinématographiques incomparables, Claudia Cardinale (74 ans) et Jeanne Moreau (84 ans).

Il y a une dizaine d’années, on commençait à parler du «boom des centenaires». Phénomène nouveau, on se plaisait à vénérer des personnalités ayant atteint un âge très avancé, tenant de l’exploit. Aujourd’hui, bien que ce phénomène soit mieux connu, il n’en demeure par moins fascinant et surtout, révélateur de l’évolution humaine et de son «existence élastique».

Au Canada, on a observé qu’entre 2006 et 2011, le deuxième groupe d’âge ayant le taux de croissance le plus élevé, après les personnes âgées entre 60 et 64 ans (29,1%), était le groupe des centenaires (25,7%).  L’an dernier, au centre d’hébergement Hôtel-Dieu à Saint-Hyacinthe, on avait également souligné l’anniversaire de douze centenaires âgés entre 100 et 107 ans. Ce genre d’événement est de plus en plus courant. Il faut savoir par contre, que bien que cet allongement exceptionnel de la  vie nous démontre la possibilité réelle de vivre jusqu’à 100 ans, la plupart des personnes ayant atteint cet âge nécessitent une attention particulière à l’égard des soins requis au quotidien. Il faut préciser que nous vivons de plus en plus vieux, mais pas tous dans les mêmes conditions physiques et mentales.

Parmi les centenaires dénombrés lors du dernier recensement, on compte beaucoup plus de femmes que d’hommes (4 870 contre 955), puisqu’elles jouissent entre autres d’un taux de mortalité plus faible que les hommes. La majorité des personnes centenaires habitent dans les provinces de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec, mais le taux de centenaires par 100 000 habitants serait le plus élevé en Saskatchewan où l’espérance de vie est nettement supérieure aux autres provinces depuis le 20e siècle. Savoir que nous vivons de plus en plus âgé et ce, en plus grand nombre qu’avant, nous incite à chercher des façons de bénéficier du bagage d’expériences des personnes âgées de plus de 80 ans et de tisser des liens entre les générations plus jeunes. De réels trésors se cachent derrière ces nombreuses personnes ayant vécu autant de transformations sociales et culturelles au cours d’une vie.

Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira en tournage le 6 décembre 2008 à Lisbonne. Source : AFP

Question posée à Manoel de Oliveira :
Le passé et le présent se confondent-t-ils ?

L’homme du passé n’est pas différent de l’homme d’aujourd’hui. Il a les mêmes caractéristiques. Un grand philosophe espagnol, Ortega y Gasset, disait « l’Homme et sa circonstance ». La circonstance détermine les situations. La technique a beaucoup évolué, aujourd’hui les téléphones portables peuvent tout faire sauf nous nourrir. L’homme doit tuer la petite bête ou manger des petites herbes. En quelque sorte on est condamné à vivre et on vit heureux, heureux de vivre et heureux du fait d’être vivant.

Quelques sources :
Le nombre de centenaires explose au Canada, La Presse
À 103 ans, la jeunesse de Manoel de Oliveira, Euronews
Gebo et l’ombre comme dans une toile de Rembrandt, Le Monde
Les centenaires au Canada, Statistiques Canada

De l’art aux accents POP dévoile des visages d’aînés du Grand Âge

Crédit photo : Geneviève Lalonde

Ils ont 80 ans, 86 ans, 87 ans, 95 ans, 99 ans… Ils ont franchi ce qu’on nomme la période du « Grand Âge ». Outre leur âge qui démontre une longévité et une santé de fer,  la question de l’âge joue un second rôle dans l’exposition dont il est question aujourd’hui. L’âge n’est pas ce que l’on retient, mais plutôt l’appétit pour la vie malgré ses joies et ses drames et la volonté de participer à notre monde qui habitent chaque aîné mis en valeur dans ce projet…

À mon entrée dans le Hall d’honneur de l’Hôtel de Ville de Montréal, j’ignorais la surprise que j’allais avoir à la vue du travail réalisé par l’association Les petits frères des Pauvres dans le cadre du vernissage de leur exposition intitulée Visâges et Témoignâges qui a eu lieu le 18 septembre dernier. Ce que je savais d’avance par contre, c’est que notre regard ne se porte pas suffisamment sur la beauté de l’avancée en âge et que ce projet allait sûrement changer, pour nombreux d’entre nous, certains de nos paradigmes liés à l’esthétisme, à la vie et au vieillissement. En y faisant un tour d’horizon, la série de photographies nous rappelle le style pop art en regroupant une quarantaine de portraits d’aînés en noir et blanc sur fond aux couleurs vives. L’effet du contraste créé entre l’intemporalité du noir et blanc et la couleur fluo symbolisant l’ancrage dans le monde d’aujourd’hui, comme le décrit l’artiste, est réussi !

Un projet visuel qui nous pousse à réfléchir sur la place des aînés dans la société

Ce projet vise non seulement à lutter contre les préjugés sur la vieillesse, mais aussi à placer les aînés au cœur de la ville, susciter une réaction collective, ainsi que l’action citoyenne en donnant la parole aux aînés. « Avec cette exposition qui fera le tour du Québec, je souhaite faire tomber les stéréotypes, faire prendre conscience que ce n’est pas parce qu’on atteint certain âge que l’on n’a plus rien à dire, plus rien à faire », indique Christine Bourgier, photographe et artiste du projet.  Notons que quelques personnalités connues ont participé au projet dont Jeannine Sutto, Béatrice Picard et Jean Coutu. Chaque photo est complétée d’un témoignage de vie personnalisé, soit une citation de la personne aînée photographiée.

Crédit photo : Geneviève Lalonde

Lors du vernissage, j’ai fait la rencontre de Mme Marielle Langlois, une magnifique et coquette dame de 87 ans, participante au projet photographique. Naturopathe de formation, elle m’a partagé sa fierté de retrouver sa photo exposée aux côtés des dizaines d’aînés s’étant prêté au jeu de modèles.  Sa citation nous fait réagir : « Se mettre en beauté est un acte d’amour envers le monde ». Pour elle, une vision positive à l’égard de l’environnement qui l’entoure et des évènements marquant nos vies est un gage de bonne santé. La beauté n’est pas qu’une conception extérieure du corps, mais de l’intérieur, les deux étant bien sûr liés. Selon elle, la plus grande pauvreté des aînés n’est pas celle associée à l’argent, mais celle de l’âme lorsque l’esprit et le moral se dégradent. De plus, les regrets ne devraient pas continuellement ponctuer notre existence. Par son témoignage, Mme Langlois m’a prouvé que la vieillesse ne doit pas être un temps d’inquiétude, mais plutôt de sérénité.

Par ailleurs, les petits frères des Pauvres célèbreront ses 50 ans d’existence cette année. Depuis 1962, les petits frères des Pauvres réalisent une belle aventure humaine de solidarité en faveur des personnes âgées fragilisées. Une œuvre qui rayonne de par le monde : le Québec, la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne, les États-Unis, l’Irlande, la Pologne, le Maroc, et fut fondée en 1946 en France (source : Les petits frères des Pauvres).

Dans le cadre de l’exposition Visâges et Témoignâges, les petits frères des Pauvres souhaite rendre hommage à la beauté des « Vieux Amis », une expression affectueuse propre à l’organisme pour surnommer les aînés et nous espérons que le projet puisse obtenir un beau succès à travers la province. Une deuxième phase du projet engageant des jeunes dans une démarche intergénérationnelle est envisagée. Ça promet !

D’ici là, je vous invite à visiter l’exposition offerte gratuitement au public à l’Hôtel de Ville jusqu’au 3 octobre et présentée le 1er octobre 2012 afin de souligner la Journée internationale des personnes âgées et le dévoilement du Plan d’action « Municipalité amie des aînés » de la Ville de Montréal.

Exposition Visâges et Témoignâges
Un regard sur la beauté de la vieillesse, des réflexions remplies de sagesse !
Du 14 au 3 octobre 2012
Lundi au vendredi de 8h30 à 17h
Samedi de 10h à 16h
Entrée libre
Hall d’honneur
Hôtel de Ville de Montréal
275, rue Notre-Dame Est

Le Groupe Maurice et le Fonds Présâges sont les fiers partenaires de ce projet.

60 ans, Français et Aventurier !

Des aînés à Nantes, France / Crédit photo : J. Loock

// Un regard sur le vieillissement de la population en France //

Collaboration spéciale
Auteure : Amanda Cousy, étudiante au Master Communication et Générations, parcours Seniors – Université de Bordeaux III

Comme le Québec, la France n’échappe pas au phénomène du « papy boom ». Selon une étude TNS Sofres, un institut de sondage français, en 2050, la France métropolitaine comptera 70 millions d’habitants dont 22 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit plus de 3 fois la population du Québec ! Devant ce nouveau profil démographique, on assiste à une modification des attentes et des besoins de la population en général.

De plus, les temps changent… En France, nous nous éloignons peu à peu de cette image du « papy » Français, assis devant sa maison, une pipe à la bouche, en train de regarder les voitures passer avant de rentrer manger sa soupe. Casser ce genre de stéréotype, se sentir encore jeune de cœur et d’esprit même si certaines fragilités apparaissent avec la vieillesse, telle est la philosophie de ces « nouveaux vieux », comme certains sociologues français osent les appeler. Et pour rompre avec ces préjugés, les aînés montrent qu’ils sont de plus en plus actifs. Si certains continuent leurs activités au passage à la retraite, pour beaucoup, ce cap signifie « renouveau » et « don de soi ». Par exemple, nous n’avons qu’à penser aux aînés qui font le choix de s’engager pour une association ou de s’investir dans une activité pour laquelle ils n’avaient pas le temps de pratiquer par le passé.

Offrir une place légitime aux aînés dans les sphères sociale et culturelle

Ces aînés, décrits plus haut, sont différents de la génération qui les ont précédés. Ils n’ont pas les mêmes attentes que leurs parents : il faut que ça bouge! « La Folie Théâtre », un théâtre parisien l’a bien compris en créant un atelier qui leur est complètement dédié. Pour ceux qui ont une âme d’artiste, des concours de chant réservés aux seniors fleurissent un peu partout en France comme à Nice, qui en est à sa troisième édition de « StarSeniors ». La retraite, c’est donc l’occasion de tester tout ce que l’on n’a pas pu faire jusqu’alors ou bien découvrir de nouveaux sports, de nouvelles activités. Certaines villes comme Tours proposent même des programmes tels qu’une « initiation sportive senior ». L’objectif est de s’ouvrir à des activités sportives afin de se dépenser, d’occuper une part de ses temps libres selon ses envies et surtout, continuer à se divertir selon ses capacités.

Depuis mon arrivée sur le sol québécois, il m’apparaît que la France et le Québec ont plusieurs similitudes quant aux perceptions du vieillissement et l’image plus positive qu’on lui accorde dorénavant. La retraite n’est pas une fin, mais une opportunité qu’il faut savoir saisir !

Amanda est présentement stagiaire au Centre d’action bénévole de Montréal, organisme membre de la TCAÎM

À ne pas manquer : Les aînés inspirés, une série de vidéos signée TCAÎM

Vous pensez que la vie d’aîné est ennuyeuse ?

Soyez prêts à changer vos perceptions grâce à la série Les aînés inspirés ! Faites la rencontre d’idoles ayant marqué les générations 60-70 et de bénévoles d’associations montréalaises aux parcours étonnants.


12
personnalités participant à la vitalité du monde artistique et communautaire.

12 aînés qui nous partagent leur passion pour la vie, les obstacles auxquels ils sont confrontés et leur engagement à toute épreuve.

Ils se livrent à vous afin de raconter leur passé et leur présent… mais surtout leur présent ! Qu’ils soient professionnels, bénévoles, dévoués à leur famille ou à une cause (et parfois tout cela en même temps !)… Ils nous ont étonnés et ont suscité notre admiration. Nous espérons que comme nous, vous serez subjugués par tant de vitalité !


NE MANQUEZ PAS LE LANCEMENT DE LA PREMIÈRE CAPSULE VIDÉO À COMPTER DU 10 FÉVRIER 2012 SUR NOTRE BLOGUE ET NOS RÉSEAUX SOCIAUX !


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« La peur de vieillir abîme plus que l’âge »
Jeanne Moreau, en 2008, à l’âge de 80 ans.