Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

La TCAÎM reçoit l’attaché politique du Ministre Réjean Hébert

Les spécificités régionales et locales au coeur des préoccupations

En 2011, sur l’île de Montréal, on recensait 300 805 aînés sur une population totale de 1 886 481 personnes. Les défis régionaux pour Montréal, en ce qui a trait aux personnes aînées, sont importants et multiples. Face à ces défis et à la volonté d’exprimer les besoins de la population de sa région, la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal a rencontré vendredi dernier M. Samuel Labrecque, attaché politique du ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et responsable des aînés,  M. Réjean Hébert.

Voici un compte-rendu de cette rencontre qui a permis à la TCAÎM de mieux comprendre la réorganisation des dossiers aînés au sein du nouveau gouvernement.

D’abord, il faut savoir que les dossiers aînés sont divisés en deux groupes et sont pris en charge par différentes personnes. On y retrouve le dossier CHSLD et résidences pour personnes âgées, ainsi que le dossier Secrétariat aux aînés auquel le conseiller Samuel Labrecque est rattaché. Dans sa vision, le MSSS souhaite confier un rôle plus important aux Tables régionales de concertation des aînés à travers le Québec. Compte tenu que la région de l’île de Montréal est marquée par une population hétérogène et cosmopolite, le conseiller politique s’est dit également sensible aux aînés issus des communautés ethnoculturelles et au fait qu’il y ait très peu de politiques présentement axées là-dessus.

TCAÎM : Sous l’ancien gouvernement, il y avait une ministre responsable des aînés. Maintenant cette responsabilité relève d’un vaste ministère. Qu’est-ce qui a motivé ce choix et y a-t-il des avantages pour les personnes aînées et le milieu associatif ?

S.L. : Le choix du Dr. Réjean Hébert comme ministre responsable des aînés s’appuie sur son expertise en la matière. Il a été gériatre pendant 30 ans, il a effectué de la recherche pendant longtemps sur les soins accordés aux aînés et sur le vieillissement. La raison du choix est essentiellement de nature individuelle. La reprise des dossiers aînés sous l’égide du Ministère de la Santé et des Services sociaux permet une meilleure cohésion administrative entre le Secrétariat des aînés et le Ministère de la Santé et des Services sociaux. Ces deux instances travaillent beaucoup mieux ensemble dorénavant.

Le Ministère de la Santé et des services sociaux s’engage, à travers la Politique Vieillir et Vivre ensemble : chez soi, dans sa communauté au Québec,  à renforcer la qualité de vie des aînés et à appuyer le milieu communautaire. Un de ses chevaux de bataille est sans contredit l’assurance autonomie et sa caisse autonomie dédiée aux soins à domicile.

TCAÎM : Dans quelles mesures les coupures dans la santé (CSSS) affectera-t-elle les aînés ?

S.L. : Il n’y aura aucun effet à proprement dit. Ces coupures auront des effets notamment sur l’assurance-médicaments qui a démontré son efficacité et une inéquité à plusieurs niveaux. Il n’y aura pas de coupures au Secrétariat des aînés. Un surplus du gouvernement évalué à 110 millions sera consacré aux soins à domicile.

TCAÎM : Dans la même perspective, les coupures de 29% à la CRÉ de Montréal affecteront directement la TCAÎM. Le 10 M$ annoncé par le Ministre Hébert, en soutien aux organismes communautaires pour aînés, pourrait-il être une solution de financement ?

S.L. : Une restructuration est déjà entamée dans les Conférences régionales des élus. Une refonte de la Politique Vieillir et Vivre ensemble : chez soi, dans sa communauté au Québec  est prévue afin de mieux l’orienter vers des besoins régionaux et le développement local.

Il y aura des comités de partenaires régionaux formés des CRÉ et des grands organismes d’aînés. Les Tables de concertation régionale des aînés et les CRÉ auront une meilleure cohésion et travailleront ensemble. Chaque région obtiendra une enveloppe équivalente ou évaluée à la hausse suite à différentes analyses. Le Ministère de la Santé et des services sociaux souhaite mieux impliquer la CRÉ, les Tables de concertation et le milieu local.

TCAÎM : Est-ce que le programme de financement provincial pour les aînés (QADA) sera maintenu ou pouvons-nous nous attendre à des changements ?

S.L. : Oui, il sera maintenu. Les orientations du programme ne seront pas seulement associées à la démarche Municipalité amie des aînés, mais suivant les besoins régions et les spécificités du développement régional en matière de population aînée.

TCAÎM : Est-ce que le ministère actuel est conscient de l’inquiétude grandissante du milieu communautaire au mode de financement par projet plutôt qu’à la mission de base et souhaite-t-il proposer des alternatives de financement durables aux organismes ?

S.L. : Au Ministère, nous sommes conscients de cette réalité. Toutefois, concernant le financement par projet, notamment pour les projets QADA, aucun changement n’est à prévoir. QADA relève davantage des dossiers de Mme Véronique Hivon des Services sociaux. Le 10 millions annoncé à la fin de l’automne 2012, permettra, tel qu’annoncé, de consolider les organismes pour aînés bien ancrés.

TCAÎM : Sachant que le Secrétariat aux aînés est maintenu, y aura-t-il des changements qui seront prochainement apportés à cette structure ?

S.L. : Il n’y aura aucun changement apporté au Secrétariat aux aînés et ses responsabilités. Sa structure administrative ne subira aucune transformation et au contraire, l’ajout d’une banque de données, par exemple, permettra d’améliorer son fonctionnement.

TCAÎM : Qu’en est-il de l’assurance autonomie ?

S.L. : La sortie d’un livre blanc sur l’assurance autonomie est prévue très bientôt. Il y aura ensuite une consultation publique et un projet de loi est prévu pour 2014. Une intensification des visites en CHSLD est également au programme. De plus, la Caisse Autonomie permettra d’accumuler 500 millions sur 4 ans et permettra aux personnes aînées d’obtenir des soins dans le milieu de vie choisi par chaque personne. Un gestionnaire de cas sera responsable de définir le montant en soins crédités en fonction des besoins de la personne.

TCAÎM : Sur quel autre projet concernant les aînés le gouvernement travaille-t-il ?

S.L. : Une nouvelle campagne de communication (sensibilisation) sur la prévention de la maltraitance envers les aînés est prévue pour juin 2013. La campagne promet d’être originale, bien orchestrée et très intéressante !

Le suicide chez les aînés, à ne pas délaisser

La Semaine nationale de prévention du suicide a débuté ce dimanche 3 février et se déroulera jusqu’au samedi 9 février prochain. Dans la campagne de sensibilisation de cette année, un volet est dédié aux aînés accompagné du slogan : « Vous êtes important pour nous ». Le suicide chez les aînés n’est pas un sujet couramment abordé, puisqu’il touche davantage des catégories d’âges inférieures. Cependant, bien que les femmes et hommes âgés représentent les groupes d’âge qui possèdent les taux les moins élevés de décès liés au suicide, un biais de sous-représentation du suicide des aînés persiste au Québec. D’ailleurs, les taux officiels de décès par suicide sont inférieurs aux véritables taux chez les aînés contrairement à d’autres groupes d’âge. Ceci s’explique par exemple par le fait que lorsque qu’une personne aînée décède dans son lit, il y a moins d’enquête pour connaître les causes du décès (Mishara, 1997).

Il est d’autant plus important d’être sensible au suicide des aînés, car les tentatives de suicide mineures peuvent aboutir directement à la mort pour une personne âgée, alors que le même genre de tentative ne représente pas un danger de mort pour une personne plus jeune et plus forte physiquement. D’après le Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM, les personnes aînées les plus à risque de suicide sont les personnes aînées seules et veuves.

Plusieurs causes peuvent déclencher des idées suicidaires dont la dépression, mais il faut savoir que la maladie physique constitue rarement un facteur important, tout dépendant de la maladie bien sûr.

La TCAÎM et ses membres souhaitent souligner cette semaine de sensibilisation en invitant tout personne ou intervenant côtoyant une personne aînée d’être à l’affût de signes qui peuvent représenter un risque suicidaire. Si une personne parle ouvertement de sa volonté de s’enlever la vie, il est important de contacter un Centre de prévention du suicide au 1-866-APPELLE.

Voici une vidéo réalisée par l’Association québécoise de prévention du suicide en 2011. Le but consistait à donner la parole et susciter la mobilisation pour la prévention du suicide des aînés dans chacune des régions administratives du Québec.

Que pensent les Québécois du suicide des aînés?

Habitats intergénérationnels : des solutions économiques et bénéfiques pour tous

Source : LePariSolidaire Ile-de-France

Imaginez-vous un immeuble en plein cœur de Paris accueillant à la fois des jeunes de moins de 30 ans à la recherche d’un logement dans une ville où l’offre est restreinte et des adultes de plus de 60 ans désireux de convivialité, de présence ou d’un revenu complémentaire au leur pour assurer le loyer.

Cette idée s’est bel et bien matérialisée en décembre dernier, puisque la mairie de Paris a procédé à l’inauguration d’une résidence intergénérationnelle dans le 10e arrondissement, une initiative soutenue par l’Association Habitat et Humanisme qui agit en faveur du logement et de l’insertion des plus démunis. Il s’agit d’une résidence de 10 logements comportant une toiture avec des capteurs solaires et trois terrasses vertes (aménagées avec gazon et arbustes), qui a nécessité 14 mois d’ouvrage et causé certaines tensions dans le voisinage.  « Pour cela, il a fallut batailler ferme », affirme Mme Lorenzetti, propriétaire à l’origine du projet. Même si les appartements demeurent privés, une salle commune est laissée à la disposition des locataires, favorisant ainsi la rencontre entre les résidents. Plus d’une quinzaine de personnes habitent déjà la résidence, y réunissant mères avec enfants, jeunes couples, dames et hommes plus âgés, etc. Une autre résidence du même type est en construction à Lyon et une autre devrait aussi voir le jour sur la rue de Clichy à Paris.

Une première maison intergénérationnelle à Montréal

À Montréal, aucun projet de ce genre n’a été élaboré jusqu’à présent, mais il existe à l’Île-des-Sœurs, un bâtiment public intergénérationnel, « La Station » où aînés et adolescents peuvent pratiquer des activités ensemble. La Station est une ancienne station-service Esso, classée bâtiment patrimonial, construite par l’architecte de renommée internationale Mies Van Der Rohe en 1968. Un comité formé de jeunes et d’aînés est à la base de la grille horaire et des activités proposées par La Station. En 2012, une quarantaine de personnes âgées de plus de 50 ans et une quinzaine de jeunes fréquentaient le lieu. Pour certains, l’intérêt de cette maison intergénérationnelle provient de l’environnement architectural unique, pour d’autres, il s’agit d’une occasion de rencontres et de s’amuser avec des plus jeunes que soi. La participation à cet espace intergénérationnel est laissée bien sûr à la volonté de chacun.

Deux générations sous un même toit

La colocation entre seniors et étudiants est déjà connue en France. Au cours de leurs études, certains étudiants font le choix de loger avec une personne âgée, de lui tenir compagnie et de lui rendre service en échange d’un logement gratuit. Dans plusieurs grandes villes où le coût des loyers est élevé, cette alternative de logement devient une option intéressante autant pour les aînés que pour les jeunes qui ont l’opportunité unique d’échanger et de faire découvrir à l’un ou l’autre des endroits, visions des choses, opinions et façons de vivre. Pour la personne plus jeune, il importe toutefois de demeurer attentif et présent envers la personne. À Québec, un projet nommé EntourAge colocation a pour objectif de développer l’habitat intergénérationnel dans la région de Québec permettra d’offrir un service de jumelage entre jeunes et aînés en donnant la chance de louer une chambre en échange d’une présence au domicile.

Les idées foisonnent dans le secteur de l’habitat solidaire !

À chacun son rythme

© Martin Vidberg, 2008
http://vidberg.blog.lemonde.fr/

L’article de Louise Leduc dans La Presse de ce matin, On n’a plus les « vieux » qu’on avaitmet le doigt sur une réalité qu’on a tendance à esquiver : le culte de la performance chez les aînés, une tendance sociale que les médias, institutions, politiciens, entreprises et même les individus eux-mêmes intègrent depuis déjà plusieurs années, dans un monde où le contrôle du temps est devenu une obsession du quotidien et où la productivité est maître, souvent quel que soit l’âge!

Dans notre culture, on a souvent l’habitude de valoriser les personnes retraitées ou d’un âge plus avancé qui continuent de vivre à un rythme soutenu ou qui adoptent un mode de vie soi-disant exemplaire. Nos yeux s’écarquillent fréquemment à la vue de « supers aînés » qui courent les marathons, parcourent le monde et devant certaines personnalités comme Monique Mercure, Gilles Latulippe, Denise Filiatrault, Edgar Fruitier ou Jeanine Sutto qui continuent à fouler les planches et à démontrer leur talent de grands communicateurs.  Mais il faut se rappeler que nous ne sommes pas tous Jeannine Sutto et ces autres dynamos !

Dans son article, la journaliste de La Presse accorde une entrevue à une dame de 69 ans qui se sent de plus en plus marginale, puisqu’elle préfère prendre son temps et ne ressent pas le besoin d’entreprendre de grands projets, ni de travailler à nouveau après sa retraite. Elle dit ne pas se reconnaître dans les personnes aînées qu’elle voit à la télévision ou ailleurs. Il est vrai toutefois que les femmes aînées ne sont plus celles « d’avant ». Elles sont pour plusieurs coquettes et souhaitent « avoir l’air jeune », se tenir en forme et rester séduisantes selon leurs propres standards ou ceux véhiculés par la société. Les hommes plus âgés sont aussi, pour nombreux d’entre eux, en plus grande forme physique et mentale et conscients que de saines habitudes de vie favorisent un meilleur vieillissement.

Toutefois, le déni de la vieillesse persiste encore; on refuse carrément  de vieillir. Il faut reconnaître que se sentir plus vieux, plus fatigué, ne pas désirer démontrer aux autres qu’on est constamment occupé, même à la retraite, sont des réalités et souhaits légitimes qui appartiennent à chacun. D’après le sociologue et professeur associé à l’Université de Sherbrooke Richard Lefrançois il existe « deux cas de figure : ces dynamos qui n’arrêtent pas et ceux qui ont envie de se poser un peu. » D’après lui, chaque personne a bien sûr le droit de faire ce qui lui plaît, soit choisir de ne pas aller au gym ou de ne pas faire du bénévolat, mais de lire le journal à la maison, faire des Sudokus ou mots croisés, cuisiner un gâteau, par exemple. « Tant qu’on ne s’isole pas, qu’on ne devient pas dépressif ou au contraire, qu’on ne s’illusionne pas sur sa mortalité, chacun fait comme il le sent », ajoute le chercheur.

En fin de compte, chaque personne aînée devrait respecter ses envies, sa personnalité et son rythme de vie… Rester actif… oui, le mieux possible, selon ses besoins, mais surtout, il faut savoir que les possibilités sont multiples et diffèrent d’un individu à un autre. Pourrait-on désormais opter pour une « retraite plus passive » sans ressentir une certaine gêne ?

« Tout ce qui est exquis mûrit lentement », comme disait le philosophe allemand Arthur Schopenhauer… à quand l’éloge de la lenteur ?

Source : On n’a plus les « vieux » qu’on avait, à lire p.6 dans le cahier Arts de La Presse du lundi 14 janvier.

Noël d’antan vs Noël contemporain: notre culture engendre-t-elle de la solitude chez les aînés ?

Les célébrations des Fêtes sont souvent synonymes d’abondance, de bons repas, de soirées festives en famille et entre amis, bref, de grands moments rassembleurs. Cette vision dorée et lisse de Noël n’est pas nécessairement partagée par tous. Pour plusieurs aînés, les Fêtes deviennent plutôt une période difficile où la solitude prend le dessus en raison de l’éloignement du noyau familial, de la perte d’êtres chers ou d’amis ou l’isolement de certains en maisons de retraite. Au cours de leur vie, de nombreux aînés ont fêté Noël en famille, autour d’un repas, sans oublier la traditionnelle messe de minuit. Il est parfois bien de se rappeler que l’aspect religieux des Fêtes demeure  important pour certaines personnes aînées.

Un reportage de Radio-Canada présentait en 2011 Mme Monique Labbé, une aînée résidante de la ville d’Edmonton, ayant perdu son mari il y a quelques années, qui conseillait aux aînés de faire un effort pour s’ouvrir aux autres et ce, malgré le fait que ce soit une tâche parfois pénible. Établir des relations avec des gens lorsqu’on est aîné est primordial, pas seulement pendant les Fêtes, mais tout au long de l’année. Le manque de connexions personnelles de plusieurs aînés à l’âge avancé et la dépression associée qu’ils peuvent vivre, représente toujours un sujet tabou dans notre société. Chaque année, certaines de ces personnes décident même de se priver volontairement de nourriture ou de sommeil, symptômes d’une détresse psychologique. Tenant en compte cette réalité, nous devrions davantage faire preuve de vigilance et d’empathie envers les aînés en ce temps de réjouissance.

À ce sujet, l’organisme Les petits frères organise, comme à chaque année, le 24 décembre, des visites bénévoles  accompagnées de cadeaux à ses Vieux Amis qui ne peuvent pas sortir de chez eux. Le lendemain, un événement spécial pour les aînés est également prévu à l’hôtel Sheraton. Dans un tout autre concept, le Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux (RPCU) a initié, cette année, une campagne Facebook intitulée Visitons nos aînés, adressée aux Québécois et Québécoises afin  de les encourager à rendre visite à leur proches aînés vivant en hébergement ou à leur domicile.

Les Noël ne sont peut-être plus comme autrefois, mais il importe de se rappeler nos valeurs de solidarité et de respect, et de redonner vie à nos souvenirs de jeunesse ainsi qu’aux personnes qui ont cultivé nos traditions, reflets de ce que nous sommes aujourd’hui.

Nous vous souhaitons de tout cœur un excellent temps des Fêtes !

Dîner de Noël du conseil d’administration

 

Demain Montréal : des échanges animés sur le devenir de la métropole

Source : Ville de Montréal

Quel développement souhaitez-vous à Montréal pour les cinq, dix ou vingt prochaines années ? C’est la question que le Bureau du Plan de la Ville de Montréal, responsable du Plan de développement de Montréal a posé aux citoyens tout au long des mois de novembre et décembre lors des soirées Demain Montréal. La TCAÎM a eu l’occasion de participer à plusieurs de ces rencontres et souhaitent vous faire un compte-rendu de la démarche.

D’abord, le Plan de développement de Montréal (PDM) est un document sans portée règlementaire, il s’agit plutôt d’une vision stratégique sur un horizon de 20 ans duquel découlera un plan d’action quinquennal avec des objectifs à atteindre. Le PDM influencera l’élaboration du schéma d’aménagement de l’agglomération et du plan d’urbanisme de la Ville, deux outils de planification légaux dont la révision est prévue pour 2014. En ce sens, il est important de participer aux différents exercices de participation citoyenne proposés par la Ville afin de s’informer, d’échanger, de proposer des actions et de prioriser les enjeux qui nous semblent les plus importants dans notre communauté. La démarche de contribution citoyenne dans le cadre de l’élaboration du PDM prend trois formes : les forums des partenaires (la TCAÎM a participé à une rencontre en juin dernier), le forum de discussion en ligne sur le site de la Ville de Montréal et finalement, les soirées Demain Montréal.

Soirées Demain Montréal

Source : Ville de Montréal

Cet automne, ce sont 17 arrondissements qui ont répondu à l’appel de la ville-centre pour organiser les soirées Demain Montréal sous différentes formes : tables rondes, questions dirigées par une animatrice, présentations et discussions autour des projets structurants de l’arrondissement, etc. Si les formules variaient d’un territoire à l’autre, nous notions la présence à chaque assemblée de représentants du Bureau du Plan pour présenter en introduction le projet de Plan et pour recueillir les propos émis par les citoyens. D’ailleurs, de nombreux sujets ont été abordés et voici quelques-uns des commentaires qui ont été maintes fois exprimés dans les arrondissements :

- la construction, en trop grande nombre, de condos de petites tailles ne pouvant pas accueillir les familles;

- le manque de logements locatifs et abordables;

- encourager l’entrepreunariat social;

- inclure systématiquement l’accessibilité universelle dans l’aménagement, dans les transports et dans les communications;

- récupérer les objectifs présents dans les différents plans de la Ville afin de les mettre en œuvre (plan de transport, plan de développement durable, plan de gestion des matières résiduelles, etc.)

La Ville informe que les résultats de l’exercice seront pris en compte dans l’élaboration du Plan de développement, mais il sera intéressant de voir comment ils seront intégrés, puisque le projet de Plan est déjà bien étoffé avec ses 92 pages actuelles ! Néanmoins, le haut taux de participation aux soirées Demain Montréal démontre l’intérêt de la population à contribuer au processus et prouve que la discussion est bien amorcée.  Une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur la version finale du document aura lieu en 2013 et pourra donc être achevée, en bonne et due forme, par la contribution des citoyens et des organisations montréalaises. La TCAÎM qui suit le déroulement de la démarche depuis le début vous assure qu’elle répondra à l’appel  afin que les intérêts des aînés y soient représentés.

Des quartiers en changement : quel impact pour les aînés ?

L’Église Saint-Jean-de-la-Croix transformée en condos luxueux dans le quartier St-Édouard. Source : Paula Negron-Poblete

Au cours des dernières années, de nombreux quartiers populaires montréalais se sont embourgeoisés, tels que le Plateau-Mont-Royal, Hochelaga-Maisonneuve (maintenant rebaptisé HOMA) et le Mile-End pour ne donner que quelques exemples. Ce processus, par lequel le profil économique et social des habitants d’un quartier se transforme par l’arrivée d’une nouvelle population, généralement plus aisée et plus éduquée, se nomme gentrification ou embourgeoisement.

Ce changement de population s’accompagne normalement par l’arrivée d’une nouvelle offre commerciale (ex. : épiceries fines, centres de conditionnement physique) et résidentielle (ex. : condominiums) qui peut avoir comme incidence de faire augmenter le prix des produits de consommation et des loyers. En ce sens, les personnes âgées peuvent ne plus se sentir « à leur place » dans un quartier où ils ont passé une grande partie de leur vie et où certains lieux fréquentés par ceux-ci disparaissent.

Face à ces préoccupations, le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS), en partenariat avec l’Institut national de recherche scientifique (INRS), ont entrepris, en 2009, une étude dans deux quartiers montréalais ayant subi des transformations majeures dans la dernière décennie, soit dans St-Raymond (sud de Notre-Dame-de-Grâce) et dans St-Édouard (ouest de la Petite-Patrie). Pour les fins de la recherche, des entrevues ont été réalisées avec des aînés, mais également avec des travailleurs communautaires de CLSC, des représentants du milieu associatif et communautaire, des prêtres, des conseillers municipaux et des directeurs d’institution financière.

Dans le rapport de l’étude « Quand le quartier s’embourgeoise : quelle place pour les aînés ? » rendu public récemment, on y apprend que les personnes âgées ne perçoivent pas tous de la même manière les changements survenus dans leur quartier. En effet, si les propriétaires aînés voient ces transformations de manière plutôt positive, il en est tout autrement pour les locataires aînés qui déplorent la hausse des loyers, les risques d’éviction et la perte des commerces qu’ils fréquentaient. Les chercheurs et les partenaires de la recherche, dont la TCAÎM faisait partie, se sont penchés sur les résultats pour proposer quelques recommandations en termes de logement, de lieux de sociabilité, de politique, de santé et services sociaux ainsi qu’en aménagement urbain. En voici deux exemples :

- Certains secteurs sont sous-équipés en logements adaptés à faible coût, forçant les aînés à changer de milieu. On doit favoriser le développement de ces ressources.

-Devant la vulnérabilité des aînés du grand âge, il faudrait (à l’instar des mesures prises dans certains pays étrangers) interdire les possibilités d’éviction ou en resserrer les critères lorsque les locataires sont âgés de 75 ans et plus.

Le rapport sera diffusé à tous les élus responsables des dossiers aînés de chaque arrondissement montréalais afin de les sensibiliser aux risques associés pour les aînés d’une gentrification des quartiers.

Pour en savoir davantage sur le phénomène de la gentrification, nous vous invitons à lire l’article « La gentrification démystifiée » paru dans le journal Forum en 2004.

 

Les aînés « los ancianos » de Cuba

« Qui a le temps a la vie »
Photo: Alejandro Ernesto

Cuba est une île dont je rêvais de visiter depuis plusieurs années, j’y ai donc mis le cap durant les vacances estivales. Après seulement quelques heures passées à sillonner les rues de La Havane, j’effectuai le constat que les aînés sont bel et bien omniprésents dans la Capitale ; discutant dans les marches d’un commerce, jouant aux dominos dans un parc, pêchant sur le Malecon ! J’ai donc entrepris quelques recherches pour en connaître davantage sur les doyens Cubains.

L’espérance de vie moyenne à la naissance des Cubains est de 78 ans comparativement à 81,7 ans au Canada (1).  Il s’agit d’une donnée qui est similaire à celle des pays de l’OCDE et cela s’expliquerait entre autres par l’excellence du système de santé et le taux d’alphabétisation de la population qui frôle le 100%. Le vieillissement de la population est un phénomène qui est également vécu sur cette île de 11,2 millions d’habitants en raison, entre autres, de la baisse du taux de natalité (les femmes effectuent de plus longues études,  la légalisation de l’avortement), l’allongement de l’espérance de vie et l’émigration de nombreux jeunes Cubains (2).  Selon une étude menée par l’Institut national de statistiques, en 2030, c’est 30% des insulaires qui auront 60 ans et plus et parmi eux, 75% auront plus de 65 ans (3). Un autre fait intéressant, plus de 1 500 personnes étaient centenaires en 2010 et la plus vieille femme du monde, qui a célébré son 127e anniversaire en 2012, est Cubaine (1) !

Comme au Québec, le gouvernement cubain est préoccupé par le vieillissement de la population qui  comporte son lot de défis pour la société d’un point de vue économique, politique et social. Il a donc mis de l’avant certaines actions pour améliorer la qualité de vie de ses aînés comme la création des Cercles des grands-parents (Circulo de abuelos), des lieux de socialisation où l’on offre des activités sportives (2).

Plusieurs aînés font quelques exercices dans un parc d’Holguin (source: Radioangulo.cu)

La majorité des personnes âgées demeurent dans le même domicile que leurs enfants. Lorsque les aînés ne sont pas autonomes, la famille peut reconduire leur proche durant la journée dans une Maison pour grands-parents (Casa de abuelos), lorsque tous les membres doivent s’absenter de la maison pour travailler par exemple. Le concept de résidences pour personnes âgées comme nous le connaissons au Québec existe également à Cuba, mais dans une plus petite proportion (2).

Le célèbre et controversé ancien Président Fidel Castro, qui fêtera ses 85 ans dans quelques jours, continue d’être présent sur la scène politique nationale. Je vous partage donc une citation qui témoigne de la grande ferveur de ce personnage et de sa vision de la vie : «Je crois qu’un homme devrait vivre tant et aussi longtemps que la flamme qui brûle à l’intérieur de lui a la même intensité que lors des grands moments de son existence» (Traduction libre). C’est à prendre ou à laisser !

(1) Kiko Cuba (2011) http://kikocuba.blogia.com/2011/051901-cuba-tiene-mas-de-mil-550-ancianos-centenarios.php

(2) Mayores Saludables (2011) «La Tercera edad en Cuba». [En ligne] http://www.mayoressaludables.org/noticias/la-tercera-edad-en-cuba

(3) Oficina nacional de estadisticas (2011) «Caracteristicas sociodemograficas de la poblacion adulta mayor en la ENEP-2010», Encuesta nacional de envejecimiento poblacional 2010, http://www.one.cu/publicaciones/cepde/enep%202010/3%20Cap%20II.pdf