Table de concertation des aînés de l'île de Montréal

Dépôt d’un avis sur la traversée de la rue à la Ville de Montréal

Hier avait lieu l’examen public de la Commission sur le transport et les travaux publics de la Ville de Montréal portant sur la « traversée de la rue à Montréal : comment accroître la sécurité et le confort des piétons ? ». Une majorité des commissaires s’étaient réunis pour ce deuxième exercice d’une série de quatre au Centre communautaire de l’Est à Pierrefonds dans l’ouest de l’île de Montréal. Lors de cette rencontre, la TCAÎM a déposé son avis intitulé  Le « réflexe aîné » pour des aménagements sécuritaires et inclusifs pour tous les Montréalais(es) afin d’émettre des recommandations suite au projet de plan d’action déposé le 10 avril dernier par la Direction des transports de la Ville.

Marie-Josée Dupuis lors de la présentation de l’avis de la TCAÎM le 14 mai dernier

Le but de la TCAÎM dans le cadre de cette consultation publique consistait à relever les besoins des personnes aînées pour qu’ils soient intégrés dans les différents volets de conception et d’aménagement de la métropole et que les actions entreprises soient en cohérence avec la démarche Municipalité amie des aînés, dont le Plan d’action est devenu effectif en octobre 2012.

Dans dix ans, une personne sur cinq sera aînée à Montréal, une situation démographique à laquelle on doit porter une attention particulière en termes de transport et de mobilité puisque cela conditionne, entre autres, l’accès aux soins de santé, la participation sociale dans la communauté et la sécurité alimentaire. Depuis son rapport réalisé en 2008 sur les moyens de transport et la mobilité chez les aînés, la TCAÎM intensifie ses actions pour que le principe d’accessibilité universelle soit intégré dans l’aménagement et les transports. De plus, la TCAÎM  maximise ses efforts pour promouvoir les modes de transports actifs alternatifs à l’automobile comme le transport en commun et la marche, puisqu’ils permettent de conserver un mode de vie actif et diminue le risque d’isolement.

Lors de sa présentation devant la Commission mardi soir, Marie-Josée Dupuis, chargée de projet Transport et mobilité, a souligné que la question de la sécurité était un facteur fondamental dans le choix du mode de déplacements des personnes aînées au sein de la ville.

Voici les diverses recommandations émises par la TCAÎM :

Recommandation 1 : La TCAÎM recommande que le Plan d’action sur la traversée piétonne s’inscrive en cohérence avec la démarche MADA en favorisant le vieillissement actif et des milieux de vie sécuritaires où il fait bon vieillir.  De plus, pour assurer une adaptation réussie de la métropole au changement démographique, il est essentiel que la Ville-centre travaille en concertation avec les arrondissements qui se sont engagés dans la démarche MADA.

Recommandation 2 : Que la Ville de Montréal mette les bouchées doubles dans la sécurisation des intersections afin de rattraper le retard qu’elle a pris par rapport aux objectifs fixés dans le Plan de transport. En ce sens, elle doit sécuriser, la première année, 50 intersections, en privilégiant les intersections à quatre branches qui comptent 3 voire 4 fois plus de piétons blessés […]. Considérant que plus de la moitié (53%) des artères montréalaises comptent quatre branches (DSP, 2013), il y a donc l’urgence de réaménager ce type de routes pour diminuer le nombre de collisions. La Ville de Montréal doit s’engager fermement à lutter contre cette problématique de santé publique qui tue et blesse beaucoup trop de Montréalais chaque année.

Recommandation 3 : Que lors de travaux publics de réfection sur la voie viaire, soient réaménagés les tronçons et les intersections pour intégrer les balises d’apaisement de la circulation nécessaire pour favoriser les déplacements actifs tels que la marche et le vélo.

Recommandation 4 : Que la Ville de Montréal priorise le dégagement systématique à cinq (5) mètres des coins de rue sur les artères majeures et s’engage à faire une gestion serrée de l’application du règlement sur les rues locales dans les arrondissements.

Recommandation 5 : Que la Ville de Montréal déneige systématiquement les traverses piétonnes ainsi que les coins de rue pour diminuer le nombre d’obstacles et améliorer la visibilité et la mobilité de tous les usagers de la route. La Ville s’assure que les arrondissements respectent cette norme de déneigement sur leur territoire.

Recommandation 6 : Que soient aménagées des aires de repos à mi-traverse lorsque le temps accordé à la traversée est court, prioritairement près de lieux fréquentés par des populations vulnérables (résidences pour personnes âgées, hôpitaux, écoles) et au pourtour des stations de métro et des noyaux importants de transport en commun pour sécuriser tous les usagers de la route.

Recommandation 7 : Que des passages à mi-traverse soient implantées à tous les 50-100 mètres lorsque la fréquentation piétonne est élevées et le trafic dense, notamment au pourtour des stations de métro et des noyaux importants de transport en commun pour sécuriser les modes de déplacement actif. .

Recommandation 8 : Que les passages pour piétons soient priorisés sur les tronçons de rues plus complexes, prioritairement près de lieux fréquentés par des populations vulnérables (résidences pour personnes âgées, hôpitaux, écoles).

Recommandation 9 : Que des zones de 30 kilomètres soient délimitées à proximité des résidences pour personnes âgées, en plus de panneaux avertissant qu’un grand bassin de personnes âgées réside aux alentours de l’artère.

Recommandation 10 : Doter chaque intersection majeure de feux pour piétons  (actuellement, seulement 55% des intersections majeures en possèdent), en privilégiant les compteurs numériques.

Recommandation 11 : Réviser à 0,8 mètres /seconde le temps alloué des feux pour piétons sur les artères majeures se trouvant à proximité des lieux fréquentés par les personnes âgées (épiceries, bibliothèques, centre communautaires, club d’âge d’or, églises, hôpitaux, résidences pour aînés, etc.).

Recommandation 12 : Munir l’ensemble des traversées piétonnes d’un éclairage adéquat afin que les piétons soient visibles de loin.

Recommandation 13 : Aménager du mobilier réfléchissant pour renforcer la sécurité de nuit dans les zones de passages à mi-traverse.

Recommandation 14 : Implanter des lampadaires à deux niveaux : l’un pour éclairer  la voie viaire et l’autre pour les trottoirs.

Lors de la période de questions, le conseiller de ville de Pierrefonds-Roxboro, Bertrand A. Ward, a affirmé que les statistiques émises en introduction le surprenaient et démontraient des constats bien réels concernant les défis à relever pour répondre aux besoins des personnes plus âgées et/ou démontrant des incapacités mineures ou majeures. Le conseiller de l’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, François Robert, a pour sa part souligné la qualité de l’avis présenté par la TCAÎM et indique qu’il reste encore beaucoup de travail à réaliser pour assurer une pleine sécurité des aînés. Les commissaires semblaient toutefois d’accord pour appuyer le fait qu’il s’agit d’un volet important à intégrer dans les mesures prévues au projet de plan d’action.

Pour consulter l’avis complet, visitez la section Avis et Mémoires sous l’onglet Publications de notre site. 

Briser la glace sur la sexualité des aînés

Consacrer une journée de débats et de réflexions sur la sexualité des aînés est le pari que s’est donné le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale (CREGÉS) le 26 avril dernier. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité des aînés », animée par la sexologue et auteure Jocelyne Robert, a constitué une première occasion de discuter ouvertement d’un sujet encore aujourd’hui considéré comme tabou, bien que la représentation de la sexualité n’ait jamais été aussi forte dans notre société.

Vieillissement et sexualité : heureux ménage ?

Les idées reçues lorsqu’on pense aux aînés comblant toujours leurs désirs et le besoin d’être désirable entraînent souvent un grand malaise. Nombreux d’entre nous rejettent l’idée que nos parents plus âgés puissent continuer à avoir des rapports sexuels ensemble ou même nos grands-parents, par exemple. Pourtant la sexualité fait partie inhérente des êtres humains et ne disparaît pas arrivé à un certain âge.

Dans sa présentation, Isabelle Wallach, chercheure affiliée au CREGÉS et professeur en sexologie à l’Université du Québec à Montréal met la table en réalisant un portrait sur la sexualité vécue par les aînés et les différents mythes et réalités entourant ce sujet. Il est vrai qu’avec le vieillissement, de nombreux changements physiques et défis surviennent. Toutefois, il serait faux de prétendre que la sexualité des personnes aînées est automatiquement non génitale ou que les aînés seraient nécessairement asexués, c’est-à-dire qu’ils ne ressentent pas d’attirance sexuelle pour les autres.

La conception de la sexualité serait-elle âgiste ?

Les images représentant la sexualité sont très souvent associées à la beauté et à la jeunesse.  De plus, la sexualité se rattache à sa propriété reproductive. Lorsque vient la ménopause chez les femmes, par exemple, les pratiques sexuelles devraient-elles diminuer ? Il s’agit bien sûr d’un choix individuel touchant aussi bien les hommes que les femmes.

Les différents conférenciers et autres participants du colloque ont souligné le fait que nous infantilisons encore trop les personnes aînées vivant encore à domicile, mais davantage encore en contexte institutionnel. Une personne devenue aînée est d’abord une personne adulte majeure et vaccinée et ses choix, besoins et désirs doivent être respectés.

Des stéréotypes persistants

Isabelle Wallach mentionne également que le risque que les personnes aînées puissent internaliser les stéréotypes associés à la sexualité chez les aînés, poussant ceux-ci à se refermer sur eux-mêmes et à ne plus vouloir en parler. Cependant, il faut noter que plus du quart (26%) des personnes âgées entre 75 et 85 ans ont une activité sexuelle.

Aujourd’hui, il faut également savoir que les personnes sont sexuellement actives plus longtemps, car les mœurs ont changé, on vit sa sexualité pas seulement au moment de fonder une famille. La sexualité et l’érotisme doivent s’inscrire dans la continuité de la vie, même si leur conception évolue dans le temps et selon l’envie de chacun. La liberté associée à la sexualité devrait être considéré comme un droit individuel et ce, durant tout l’âge adulte.

Tous à l’ouvrage !

Le CREGÉS a offert une vitrine à une grande variété d’intervenants reflétant la diversité sexuelle des personnes aînées : gais, lesbiennes, trans, l’intimité des proches aidants, le VIH, etc. Le colloque « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité… des aînés » avait pour objectifs de sensibiliser aux différentes réalités vécues par les aînés en matière de sexualité, d’ouvrir le dialogue entre les acteurs de divers milieux et de proposer des situations d’intervention et des moyens d’améliorer les pratiques.  Un mandat qui s’avère relevé avec succès ! Par contre, les milieux scientifique et de l’intervention-terrain devront continuer à s’allier afin de mieux faire connaître les réalités et multiples façons d’aborder la sexualité chez les aînés auprès des travailleurs et familles entourant les aînés. De nombreuses démarches et actions de sensibilisation restent à faire.

« Habiter la ville », un premier forum de locataires aînés d’OSBL d’habitation à Montréal

Brochure «La différence communautaire» du Réseau québécois des OSBL d’habitation

Cette année, la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (FOHM) soulignait son 25e anniversaire d’existence. L’organisme, nouvellement membre de la TCAÎM, a tenu dernièrement son 1er forum des locataires aînés, un rendez-vous d’échanges sur les problématiques et enjeux auxquels doivent faire face les personnes aînées et qui ont un impact certain sur leur qualité de vie, leur réseau social, leur santé, leur bien-être économique et plus encore. Un forum pour les aînés… et par les aînés, puisqu’ultimement, le but consiste à ce que les locataires puissent s’approprier le concept afin de le reproduire, le construire et l’organiser eux-mêmes.

Ce premier forum a permis de rassembler une cinquantaine de locataires aux âges variés provenant des quatre coins de l’île de Montréal. Bien qu’ils habitent dans des lieux différents, les situations vécues et les perceptions liées au vieillissement comportent plusieurs similitudes entre les participants présents à l’événement.  Voyons voir…

Qu’est-ce qu’un OSBL d’habitation ?
« Un OSBL d’habitation est un organisme d’action communautaire autonome qui a pour mission d’offrir du logement abordable et sécuritaire à des personnes à faible revenus. Les OSBL d’habitation sont caractérisés par un mode de gestion démocratique, c’est-à-dire qu’ils offrent aux locataires une place dans la gestion de l’organisation : sièges au conseil d’administration, droit de vote des membres de l’organisme aux assemblées générales, etc. Les OSBL d’habitation constituent une forme de logement social et communautaire, lequel se définit par une formule de propriété collective qui a une mission sociale et ne poursuit aucune finalité de profit. » (source : www.rqoh.com)

Les termes pour nommer les aînés ne font pas l’unanimité

L’animateur de ce premier forum, l’intervenant social au FOHM, Stéphane Petit, a lancé ce premier forum avec une introduction énergique et rassembleuse. Il demande d’abord aux aînés dans la salle, par quels qualificatifs ou noms ils souhaitent être interpellés. On note plusieurs expressions positives : « les expérimentés », « les sages », « trésors cachés », « les papis et les mamies », « retraités », « jeunesse recyclée », « jeunesse prolongée »… bref, les mots abondent et les réactions sont parfois en accord ou en désaccord. Difficile de s’entendre sur un mot qui convient à tout le monde. Ce remue-méninge d’expressions alternatives au terme « aînés » permet d’en conclure que les gens dits « d’un certain âge » sont d’abord des personnes comme toutes les autres qui ne devraient pas être qualifiées que par leur âge, mais plutôt par leur histoire et leur expérience respective. Il convient de rappeler encore que la vieillesse n’est pas une maladie ou une étiquette dénigrante, mais elle est davantage «un état» et même devrait-on ajouter, «un privilège» lorsque la santé est favorable.

Durant ce forum, 4 ateliers sur des thématiques distinctes ont été proposés aux participants :

1)      La sécurité, ça vous concerne ?
2)      Comment ça se passe chez vous, la citoyenneté ?
3)      L’habitat et l’habiter : prendre sa place dans la cité
4)      Quel bilan pour les générations suivantes et sur votre expérience ?

Retour sur ma participation à l’atelier sur l’expérience des aînés

Dans l’atelier numéro 4, auquel j’assistais, les membres du groupe sont revenus sur la question des qualificatifs concernant les personnes âgées. Ces hommes et femmes ont souligné à nouveau qu’il n’était pas nécessaire de qualifier une personne par son âge, mais par la somme de sa vie, des difficultés et expériences réalisées. Le vécu d’un individu est certainement une force, mais ce vécu n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. On préfère souvent catégoriser les gens : enfants, jeunes, adultes dans la vie active et retraités. Pourtant, les participants de cet atelier ont évoqué qu’ils souhaitaient sortir de ces cases, qu’il était important de s’ouvrir à la jeunesse et vice-versa.

Nombreux sont les aînés qui ont beaucoup à donner

Dans notre société, nous avons souvent une fâcheuse tendance à infantiliser les aînés, ce qui choque beaucoup de personnes d’un âge plus avancé qui ont pourtant beaucoup à offrir autour d’eux. D’ailleurs, une dame du groupe était fière de partager qu’elle offrait des cours de taï chi aux locataires de sa maison de retraite. Un monsieur a quant à lui décidé de proposer des cours de peinture gratuitement aux personnes habitant dans sa résidence. Pour ces personnes, elles sont satisfaites de pouvoir contribuer au mieux-être de leurs voisins et de partager leur talent à d’autres. Quelle que soit l’étape de notre vie, le contexte social est un élément important au bien-être d’un individu.

Les participants de l’atelier ont aussi identifié le besoin de créer davantage de réseaux intergénérationnels et d’encourager la mixité des âges dans leur milieu de vie. La plupart d’entre eux ont affirmé avoir participé à construire la société d’aujourd’hui et qu’ils considèrent la retraite comme un champ immense de possibilités où ils ont plus de temps pour faire ce qu’ils aiment réellement.

Quelques avantages d’« être aîné » énoncés par les participants :
« On perd peu à peu l’envie des autres et la jalousie… l’orgueil s’atténue avec l’expérience… »
« On bénéficie d’une plus grande liberté mentale, la plupart du temps, moins de soucis nous tracassent… »
« On a accès à des rabais intéressants, notamment dans les institutions culturelles et pour certains services…»

L’image de la vieillesse s’est aussi modifiée avec le temps. Une femme de 79 ans indique qu’elle se sent comme une personne de 42 ans, elle a arrêté de compter à cet âge ! Il y a quelques décennies, avoir 60 ans, était considéré comme «vieux». De nos jours, cette perception est loin d’être la même.

Un forum inspirant et une expérience à renouveler

S’associer entre résidents d’OSBL d’habitation est certainement une idée qui permet aux personnes aînées de s’exprimer, d’organiser un front commun des comités de locataires afin d’éviter que leurs voix soient banalisées et infantilisées. Qu’on ait 20 ans ou 70 ans, les droits individuels et collectifs, la liberté d’expression, le droit de se faire entendre et les processus démocratiques sont des facteurs essentiels à l’épanouissement de chacun. L’objectif derrière ce premier forum est de rassembler les points de vue énoncés par les aînés et de les porter aux instances décisionnelles municipales afin qu’ils puissent cerner et comprendre véritablement les besoins des personnes aînées et leur atout indéniable à notre héritage collectif, ainsi qu’à la cohésion sociale dans la cité.

Sensibilisez votre milieu de travail à l’âgisme !

Depuis 2011, l’Association québécoise de gérontologie (AQG) déploie une importante campagne de sensibilisation à l’âgisme, intitulée : L’âgisme, parlons-en!

D’où provient l’idée de cette Campagne ?

Suite aux recommandations émises par les 150 participants au Colloque de 2010, organisé par l’AQG et portant sur L’adaptation des environnements de travail à la main-d’œuvre vieillissante, l’AQG a placé les milieux de travail comme l’un des trois milieux prioritaires pour déployer sa Campagne.

En effet, l’ensemble des acteurs présents à ce colloque, tous représentants de divers milieux de travail au Québec, ont confirmé l’urgence d’agir pour lutter contre les préjugés tenaces et non fondés sachant que la majorité des milieux de travail sont des lieux propices à la « prolifération » d’attitudes et de comportements âgistes, risquant de nuire de plus en plus aux environnements de travail et à la société en général, surtout dans un contexte de vieillissement de la population.

L’AQG insiste sur l’importance de savoir tirer profit d’une saine collaboration intergénérationnelle et de permettre aux travailleurs expérimentés ou plus âgés qui le souhaitent de demeurer en emploi dans des conditions favorables à leur plein épanouissement.

Le phénomène de l’âgisme n’est pas nouveau…

Depuis de nombreuses années, les préjugés s’accumulent et se ressemblent. Trop souvent, ils s’adressent aux travailleurs plus âgés d’une organisation ou entreprise, par des phrases comme : « Les préretraités ne sont plus motivés et sont technophobes!  Pourquoi devrais-je offrir une formation à un employé de plus de 50 ans? » Mais, ils peuvent aussi viser les plus jeunes travailleurs, par exemple : « Les jeunes de la génération Y refusent l’autorité et les conseils. Ils ne sont pas fidèles à l’entreprise et sont plutôt instables! »

Que ce soit par les paroles, les gestes, les comportements et les attitudes, pour la plupart très insidieux, les exemples ne manquent pas, comme le constate l’équipe du projet de l’AQG.

Un nouveau volet sur la sensibilisation en milieu de travail

Après le lancement d’une exposition itinérante de 7 affiches et capsules audio, produites par des étudiants dans le cadre d’un travail de session réalisé pour l’AQG, cette dernière vient de lancer une nouvelle série de quatre affiches en noir et blanc présentant à la fois des photos de personnes plus jeunes et plus âgées accompagnées de différents slogans qui visent à faire réfléchir sur nos préjugés.

Ce nouveau volet de la Campagne vise à sensibiliser autant les employeurs, les responsables de ressources humaines que les travailleurs de tous les âges, aux différentes formes que peut prendre l’âgisme et à ses multiples effets au sein d’une équipe de travail multigénérationnelle.

Comment peut-on lutter contre l’âgisme ?

L’AQG suggère plusieurs  pistes pour reconnaître et contrer l’âgisme dans les milieux de travail.

Voici celles que nous retenons en priorité :

  • Reconnaître et faire connaître l’âgisme, ses facettes et ses conséquences;
  • Encourager le dialogue et la collaboration intergénérationnelle en formant des équipes de travail diversifiées : la connaissance de l’autre est la façon la plus efficace d’enrayer les préjugés.
  • Éviter le profilage par l’âge en valorisant plutôt la capacité, la compétence et l’expérience.
  • S’assurer qu’une politique non discriminatoire soit en place (soutien aux travailleurs, amélioration des environnements de travail, etc.)
  • Instaurer des pratiques de ressources humaines équitables qui attirent et fidélisent toutes les générations : les horaires flexibles, les programmes de formation et de développement de carrière, les marques de reconnaissance, une organisation du travail qui laissent une certaine place à l’autonomie et à l’initiative….

L’AQG lance une page Internet dédiée à la Campagne !

Pour devenir un acteur clé de la lutte contre l’âgisme, téléchargez les outils de communication disponibles à l’adresse : www.agisme.info

L’âgisme touche tout le monde à tous les âges…

Informez-vous! Outillez-vous! Participez! Soutenez la Campagne!

Mais surtout… PARLEZ-EN!

Jacques Languirand, militant de l’environnement

Jacques LanguirandÀ l’aube de ses 82 ans, l’animateur, dramaturge, écrivain, comédien, touche-à tout et encyclopédie vivante, Jacques Languirand, s’engage pour une 11e année consécutive comme porte-parole pour le Jour de la Terre du 22 avril prochain, organisé depuis 1995. Cette année, le porte-parole a fait le choix de reprendre le thème de l’an dernier, soit le lien avec l’environnement et la santé, un thème auquel tout le monde est sensible, puisque la santé est un facteur fondamental à la vie. Selon lui, l’avenir de notre planète ne consiste par seulement en de grands concepts géographiques dont les impacts peuvent paraître abstraits aux yeux de certains, les impacts sont réels pour nous : « […] ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais aussi notre qualité de vie. Prenons seulement la question de l’air et de l’eau, deux éléments essentiels à notre survie. Ne pas se préoccuper de la qualité de l’air et de l’eau équivaut à mettre notre survie en danger.»*

M. Languirand, qui a traversé déjà plusieurs décennies, affirme qu’il y a eu du progrès concernant la sensibilisation à l’environnement, les actions concrètes permettant de diminuer la pollution et la connaissance des problèmes liés à la planète, mais beaucoup de travail reste à faire… D’après lui, le Jour de la Terre, c’est aussi tous les jours de l’année. Il ajoute également que cela dépend de nous si le désastre s’avère plus grand que le progrès. Tout repose principalement sur l’impact des activités humaines.

En plus de représenter une personnalité inspirante pour les participants de cette journée, Jacques Languirand, a également servi de modèle pour la nouvelle webtélé du Jour de la Terre avec sa propre webtélé Les Repères de Languirand qu’il a créée en 2008. À la fois animateur de l’émission Par 4 chemins sur les ondes de Radio-Canada depuis 41 ans, un exploit de longévité radiophonique, M. Languirand s’est lancé dans le web afin de partager quotidiennement ses découvertes littéraires par le biais de capsules vidéo. Nicole Dumais, initiatrice du site Repère.tv, indique qu’on y retrouve déjà près de 1000 vidéos sur le site ! Jacques Languirand est non seulement un communicateur d’expérience très actif mais aussi très productif !

Quelle fierté que d’avoir un porte-parole aussi fidèle à la cause de l’environnement, un enjeu qui touche toutes les générations sans exception. Jacques Languirand à l’insatiable curiosité nous transmet sa vision du monde présent et futur, teintée de son grand vécu, de son intelligence, de l’espoir qu’il possède envers la fraternité humaine et intergénérationnelle, ainsi que la volonté de chacun de pouvoir changer positivement les choses.

Le 22 avril, participerez-vous à ce mouvement ?

Découvrez le témoignage de Jacques Languirand sur la webtélé du Jour de la Terre

Entrevue d’Édith Cochrane en compagnie de Jacques Languirand et Nicole Dumais (cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo!)

Jacques Languirand, Nicole Dumais et Édith Cochrane

* Article de Pierre Vallée, 21 avril 2012, Le Devoir 

Le transfert des connaissances : rapprocher ce que nous savons et ce que nous faisons

Vous êtes peut-être déjà amateurs d’actualités à caractère scientifique, curieux de certaines découvertes de la science, ou du moins exposés à des formes de communication scientifique. On n’a qu’à penser à Yanick Villedieu, animateur de l’émission Les Années lumière sur les ondes de Radio-Canada, l’émission Découverte, le magazine Québec Science ou des personnalités scientifiques comme Fernand Séguin et Hubert Reeves. Ces médias ou personnalités ont tous pour intérêt de rendre la science accessible au plus grand nombre. À une époque où tout va très vite et où les progrès technologiques et scientifiques se multiplient, le besoin de rapprocher les scientifiques des différents acteurs de la société, y compris chaque individu, devient incontournable.

Qu’est-ce que le transfert des connaissances ?

 « Le transfert de connaissances, aussi appelé partage, échange, mobilisation ou valorisation des connaissances, est le processus par lequel un chercheur adapte et transmet le savoir découlant de ses recherches afin d’en faire bénéficier un ou des public(s) particulier(s) »*.
(*source : Université de Montréal)

Pour clore les activités marquant son 30e anniversaire d’existence, le Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie (CRIUGM) a tenu, le 22 mars dernier, un colloque consacré au thème du transfert des connaissances. Intitulé « Le transfert des connaissances : les réponses de la recherche aux défis d’une société vieillissante », le colloque a réuni une palette d’invités variée et de grande qualité, composée de chercheurs, de professeurs et d’experts, afin de démontrer l’importance de la mobilisation et du partage des savoirs scientifiques, non seulement auprès des spécialistes et des professionnels de la santé, mais surtout auprès des médias, des politiciens et de la population, soit Monsieur ou Madame Tout-le-monde qui a besoin d’être informé sur les avancées de la science et de ses impacts sur leur santé.

Comme l’a souligné Katherine McGilton, chercheuse et scientifique senior au Toronto Rehabilitation Institute, au tout début de sa présentation portant sur un modèle d’intervention basé sur de meilleures interactions entre le soignant et le patient, le transfert des connaissances est un   « sport de contact ». Il s’agit avant tout d’un travail d’équipe.

Un transfert à deux voies : la solution gagnante vers l’appropriation des connaissances

Comme beaucoup de conférenciers  l’ont affirmé tout au long du colloque, on ne peut plus, en tant que chercheur, travailler seul dans le milieu scientifique. Aujourd’hui, il faut savoir s’entourer, créer un réseau solide et surtout, sortir des murs des institutions afin de mieux faire connaître son travail. De plus, la transmission de connaissances ne se fait plus dans un seul sens comme avant… La diffusion et la transmission des connaissances se font vers le public ou le destinataire, mais celui-ci doit aussi répondre à cette transmission et valider ou non sa compréhension des nouvelles connaissances reçues.

Intéresser la politique

Dans sa présentation, Francine Ducharme, titulaire de la Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgées et à la famille, a mis l’accent sur le défi des scientifiques de s’intéresser davantage à la sphère politique et de réussir à susciter, à leur tour, l’intérêt des acteurs de la politique. Les liens que les chercheurs développent avec les décideurs peuvent s’avérer cruciaux pour informer ou influencer certaines politiques ou changer certaines pratiques ou décisions au sein des institutions et des organisations.  Elle conseille aux chercheurs de rédiger des résumés brefs, vulgarisés, accompagnés de recommandations et d’analyses coûts-bénéfices.

Humaniser la science et le/la chercheur/se

Que ce soit pour attirer l’attention des médias, des décideurs ou du grand public, il est presqu’essentiel de créer des rapprochements entre les résultats d’une recherche et ses impacts concrets sur la vie courante ou sur l’humain en général. Déjà, plusieurs chercheurs ont compris que raconter des histoires, l’expérience humaine de la recherche et de participants à celle-ci, intéresse davantage les médias et la population que les concepts abstraits qu’elle sous-tend. L’ensemble des conférenciers du colloque, chercheurs ou experts passionnés par leur domaine et motivés par le désir de transmettre leurs recherches, ont tous rappeler l’importance de casser ce mythe entourant la « froideur » et l’« inaccessibilité » des chercheurs, deux mots encore souvent associés au domaine de la science.

Pourquoi devrait-on communiquer ses travaux de recherche ?

Dans leur présentation, Frédérique Laurier, adjointe à la direction générale, communications et affaires publiques à l’IUGM et William Raillant-Clark, attaché de presse international à l’Université de Montréal, ont nommé plusieurs raisons qui peuvent motiver les scientifiques à partager leurs savoirs, notons entre autres :

- Rendre compte aux citoyens des travaux qu’eux-mêmes financent (avec leurs impôts);
- Démystifier des problématiques liées à la santé;
- Améliorer l’enseignement de certaines disciplines;
- Rechercher de nouveaux partenaires;
- Attirer de nouvelles sources de financement ou de la philanthropie;
- Accroître leur crédibilité de chercheur, etc.

Lors d’une table ronde animée par Manon Lacourse, la députée fédérale du Nouveau Parti Démocratique, Lauren Liu, a indiqué que la capacité d’innovation du Canada repose sur le partage d’expériences et qu’il est important pour le pays de valoriser la contribution des chercheurs à l’avancement de la société. Le journaliste Harold Gagné a quant à lui suggéré aux scientifiques et aux experts de s’inspirer des reportages dans les médias afin de construire leurs nouvelles et travaux d’une manière à intéresser les médias et de tenter leur coup, malgré les craintes de ne pas capter l’attention instantanément ou de répondre aux questions spontanées des journalistes. Il est tout de même important de se sentir à l’aise avec cette démarche médiatique et d’identifier le moment opportun. Les relations avec la presse représentent aussi un travail délicat avec lequel de nombreux chercheurs ne sont pas nécessairement familiarisés.

D’abord, s’adapter à son interlocuteur

Le transfert des connaissances est une action complexe, qui comprend parfois différents publics qui ne perçoivent pas la recherche ou la science de la même manière. Ce qu’il faut se rappeler, c’est qu’il est essentiel d’adapter notre façon de communiquer  à la personne ou au groupe d’individus à laquelle ou auquel on s’adresse afin qu’elle ou qu’il comprenne l’utilité et l’impact d’une recherche ou d’une discipline scientifique sur la santé globale des populations, le fonctionnement-même de la société et sur ses propres activités quotidiennes.

Une publicité qui ridiculise les aînés

Au début du mois de mars, une publicité de la compagnie Bell a semé l’émoi auprès de plusieurs organismes d’aînés et de retraités. Et pour juste cause. La publicité annonce la nouvelle technologie Fibe associée au service de télévision  permettant, entre autres, de gérer plusieurs enregistrements simultanément et d’obtenir un grand choix de films et d’émissions sur demande en haute définition. Rien de trop sorcier, enfin… La compagnie, quant à elle, a décidé que c’était trop compliqué pour les personnes aînées.

Le concept de la publicité est le suivant : Jeu télévisé opposant deux couples, un duo de jeunes adultes associé à la toute nouvelle marque Fibe et un autre, de retraités, associé à la technologie par câble. Déjà, le cliché est évident. L’animateur pose alors des questions sur le produit Fibe afin de tester les connaissances des participants. Le couple d’aînés ne semble rien savoir, se trouve complètement perdu, même face à la question la plus simple, tandis que le couple de jeunes répond à tout.

Cette publicité certainement dénigrante pour les aînés a été pointée du doigt par l’Association des retraité(e)s de l’éducation du Québec (AREQ). Son président, M. Pierre-Paul Côté s’est prononcé à ce sujet : « Une publicité comme celle de Bell nous montre des personnes malhabiles, qui n’ont pas l’air de comprendre ce qui se passe autour d’eux ». Le site canoe.ca faisait également mention, il y a quelques semaines, de la réaction de la Table de concertation des aînés de la Capitale-Nationale et sa décision d’envoyer une lettre à Christian Paradis, ministre fédéral de l’Industrie, afin de dénoncer cette publicité caricaturale et teintée d’âgisme. La Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec a également appuyé cette action et a émis une plainte au Conseil des normes canadiennes de publicité.

Il est décevant de savoir que plusieurs aînés ont visionné cette publicité, diffusée en février, sur les chaînes de Radio-Canada, TVA, ainsi que sur Youtube.

Au fond, quel message transmet la compagnie de télécommunications ? Que les aînés sont dépassés par les avancements technologiques, qu’ils ne sont pas les publics-cibles appropriés, même si on sait qu’une grande proportion d’entre eux ont au moins un téléviseur chez eux ? Si on va plus loin, le message publicitaire peut aussi influencer les plus jeunes générations. Que peuvent-ils penser ? Persister sur l’idée que leurs grands-parents ou des personnes plus âgées qu’elles ne puissent pas s’entendre avec les plus jeunes, se comprendre et vivre les changements ensemble ? Ce type de publicité ne fait-il pas simplement creuser davantage le fossé entre les générations ?

Et si le couple d’aînés avait été placé derrière le podium de Fibe et qu’il répondait parfaitement aux questions, quelle idée aurions-nous eu d’eux finalement ?

La fine pointe de la technologie ne serait réservée qu’aux jeunes ?

Bien que Bell puisse se défendre en affirmant qu’il s’agissait d’un exercice d’humour, ce genre de publicité est du moins déplacée et elle est malheureusement le reflet de trop d’images stéréotypées et de préjugés associés aux aînés circulant toujours dans certains médias et dans notre société en général. Pourquoi doit-on encore opposer le nouveau à l’ancien ? Les jeunes technophiles versus les vieux dinosaures de la technologie ? En 2013, on devrait savoir que c’est tout le contraire qui se produit ! L’adoption de nouvelles technologies n’est pas une question d’âge, la preuve : plusieurs de mes amis de moins de 30 ans n’ont toujours pas de cellulaire !

Sources :

Communiqué de l’AREQ
Article de TVA Nouvelles/Canoe.ca
Publicité Fibe de Bell sur YouTube

«Je me souviens» de Brenda Milner, portrait d’une pionnière de la neuropsychologie qui a toujours soif d’apprendre

Afin de marquer la Journée internationale des femmes, quoi de mieux que de souligner l’apport exceptionnel d’une scientifique spécialisée en neuropsychologie, discipline carrefour entre la neurologie et la psychologie, maintenant âgée de 94 ans. Certaines ou certains d’entre vous l’aurez sans doute reconnue sur la photo tout juste à gauche. Comme l’écrivait la journaliste Lisa-Marie Gervais dans Le Devoir, «Brenda Milner est à la neuropsychologie ce qu’était Pasteur à la bactériologie».

Née le 15 juillet 1918 dans la ville de Manchester en Angleterre, Brenda Milner grandit dans une famille passionnée par les arts et les langues. Quoi que naturellement intéressée par ces domaines, elle découvre les mathématiques, à peine âgée de dix ans. Inscrite à l’Université de Cambridge, elle étudie d’abord les mathématiques et se tourne ensuite vers la philosophie. Pensant que l’étude de la philosophie ne pouvait pas suffisamment lui ouvrir les portes d’une profession qu’elle souhaitait, elle choisit finalement la psychologie. Dans un article du magazine Premières Affaires dans lequel elle accorde une entrevue complète, elle réalise que cette discipline lui convenait complètement : «J’ai toujours eu ce talent d’observer les curiosités dans le comportement des autres, même jeune…».

C’est en 1939, à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale qu’elle quitte l’Angleterre avec son mai afin de venir s’installer à Montréal, sa maîtrise en psychologie en main. Au début, elle avait l’intention d’y rester qu’une année. Elle avoue n’avoir pas voulu se marier, mais qu’il fallait qu’elle le fasse afin de voyager avec son compagnon. Bien sûr, on connaît un peu la suite… elle n’est jamais retournée en Angleterre…

Débutant sa carrière canadienne à l’Université de Montréal en tant que professeure –chercheure en psychologie, elle entame un doctorat en psychophysiologie. Au sein des étudiants de sa cohorte, elle est choisit pour collaborer avec le Dr. Wilder Penfield, fondateur de l’Institut neurologique de Montréal, pour étudier l’épilepsie focale, un travail de recherche très novateur pour l’époque, où les images du cerveau n’existaient pas encore, qui a suscité l’attention de chercheurs à travers le monde. Au fil de ses travaux, elle approfondit ses connaissances sur la mémoire avec différents patients souffrant d’amnésie. La contribution de Mme Milner est considérable pour les neurochirurgiens. Elle a permis non seulement de comprendre qu’il existe différents types de mémoires (mémoire motrice, mémoire immédiate, etc.) et qu’elles agissent de façon indépendante l’une de l’autre, mais de créer également une meilleure carte du cerveau très utile chez les scientifiques. Passionnée de son métier et toujours active, Brenda Milner indique qu’il ne faut pas délaisser la recherche fondamentale. «…de plus en plus, les politiciens veulent qu’il y ait ce qu’on appelle la recherche qui se transforme en applications tout de suite. Si on cherche l’application trop vite, on ne fait pas nécessairement de la bonne recherche.»

Détentrice d’une vingtaine de doctorats honorifiques, lauréate d’une dizaine de reconnaissances nationales et internationales et membre de la Société royale du Canada et de celle de Londres, ainsi que de l’Academy of Arts and Sciences, Brenda Milner est une dame honorable, curieuse, et brillante. Elle a également été nommée grande officière de l’Ordre du Québec en 2009. Brenda Milner est à la fois une femme admirable qui en inspire certainement d’autres, mais aussi une femme parmi toutes ces femmes qui, à chaque jour, essaient de changer le monde à leur façon.

Écoutez la chanson-thème créée spécialement pour la Journée internationale des femmes et visionnez le vidéoclip One Woman : A Song for UN Women